Gilets jaunes Brest

Message d’un membre :
Rappelons-nous de ce samedi 17 novembre 2018 comme si c’était hier… Nous avions tous revêtu notre gilet jaune afin de manifester notre mécontentement contre le gouvernement.
On se souvient tous de cette solidarité qui s’est mise en place au fil des jours. Nous nous sommes installés sur les ronds-points, nous avons construit des abris afin de montrer notre présence, de créer un lieu d’échanges, de sensibilisations. Nous avons retrouvé cette solidarité et la fraternité que nous avions perdues.

Brest le pont de Recouvrance


Au fur et à mesure du temps, de multiples revendications sont ressorties grâce à un superbe travail. Ces revendications sont des choses simples pour améliorer notre quotidien.
Le gouvernement a nécessairement cédé sur quelques points en fin d’année 2018 :
– heures supplémentaires défiscalisées et désocialisées jusqu’à 5 000 euros net par an et exclues du prélèvement à la source
– hausse automatique du SMIC de 1,5 %
– gel des taxes sur les carburants en principe gelées jusqu’en 2022, la taxe intérieur de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et la taxe intérieur sur la consommation de charbon (TICC)
– Gel des tarifs de l’électricité et du gaz jusqu’à juin 2019
– Augmentation des bénéficiaires du chèque énergie, qui passe de 3,6 millions de personnes à 5,6 millions et une augmentation également du montant versés pour ceux qui en bénéficie déjà
– Une taxe Gafa, taxe sur le chiffre d’affaires publicitaire des géants du numériques. Revalorisation de la prime d’activité pour les salariés proche du SMIC
– Prime exceptionnelle versée par certains employeurs selon leur bon vouloir
– Annulation de la hausse CSG pour 30 % des retraités à partir de juillet 2019
Et j’oublie sûrement certains points…
Nous avons également appris le 10 décembre 2018 la mise en place du Grand débat national sur la base de 4 thèmes :
– La transition écologique
– La fiscalité
– La démocratie et la citoyenneté
– L’organisation de l’Etat et des services publics
Cette concertation d’ampleur nationale a pour objectif de redonner la parole aux Français.
Ce grand débat permet à chaque Français de faire part de son témoignage, d’exprimer ses attentes et ses propositions de solutions…
Nous avons tous remarqué que les questionnaires étaient très orientés et ne répondaient pas forcément à nos attentes.
Des citoyens ont décidé de mettre en place des débats citoyens à la place de ce grand débat afin d’être objectif sur la réalité du pays.
Des milliers de réunions ont eu lieu en France afin de faire remonter le maximum d’informations et de revendications jusqu’au 15 mars 2019.
Beaucoup d’entre nous ont participé à ces échanges extrêmement intéressants.
Ces différentes annonces, faites par le gouvernement ont convaincu une partie de la population, mais pas tous les Français. Nous avons continué à nous mobiliser et à nous structurer afin de ne pas voir le mouvement faiblir.
Nous avons tous constaté que la répression et les violences policières sont devenues monnaie courante lors de chaque acte. Voici le bilan arrêté au 24 mars :
11 MORTS, PLUS DE 4000, BLESSÉES, 8 700 GARDES À VUE, 2000 CONDAMNATIONS ET PRÈS DE 400 INCARCÉRATIONS.
Toutes ces vies brisées ! C’est tout simplement lamentable, car nous nous battons pour améliorer nos conditions de vie.
Nous avons appris que Monsieur Le Président pendant ce temps-là était en train de vendre nos richesses à des fonds privés comme l’aéroport de Paris. ENGIE. La Française des jeux.
La possible privatisation des routes nationales françaises. Nous voyons le prix du carburant en hausse de semaines en semaines. L’augmentation de 5,9 % de l’électricité. Augmentation des prix des produits de 1re nécessité dans les magasins.
QUAND CELA VA T IL S’ARRÊTER???
À QUOI JOUE LE GOUVERNEMENT???
NOUS DEVONS NOUS RE-MOBILISER AFIN DE CONTINUER À MANIFESTER NOTRE MÉCONTENTEMENT!!
NOUS DEVONS NOUS FAIRE ENTENDRE!!
NOUS N’AVONS PAS LE DROIT DE LÂCHER!!
MONTRONS QUE NOUS NE NOUS SATISFERONS PAS DE MIETTES ET QU’IL EST TEMPS QUE LE GOUVERNEMENT NOUS ÉCOUTE!!!
Quand vous dépensez la quasi-totalité voir la totalité de vos revenus dans le logement, la nourriture et le carburant…
Votre travail, votre pension de retraite, vos indemnités de chômage et toutes autres rémunérations ne peuvent plus être considérés comme une opportunité économique, mais comme un ACTE DE SURVIE!!
BATTONS-NOUS POUR RETROUVER UNE VIE DÉCENTE!!
NOUS SOMME LE PEUPLE ET SANS NOUS ILS NE SONT RIEN!!!

Brest, la marche des femmes
Brest


Nous avons passé des dizaines, des centaines d’heures à discuter de nos vies, de nos problèmes du quotidien, de nos difficultés à vivre correctement, de nos envies de voir nos conditions de vie s’améliorer. Nous avons été des milliers, des millions à battre le pavé lors des différents rassemblements organisés chaque samedi.

J.L. Miksa : Visite aux ‘Gilets Jaunes’ dans une autre ville et oui.

J.L. Miksa : visite aux ‘Gilets Jaunes’
C’est le jeudi 6 décembre 2018 que j’ai prévu de me rendre en soutien à une manifestation des gilets jaunes.
Je redoute un peu cette visite pour avoir par le passé assisté à de nombreuses manifestations de mineurs dont je faisais partie et qui finissaient assez souvent de manière fort violente. Mais je n’hésite pas et saute dans ma voiture pour me rendre au rond-point du Cora à Saint-Avold où je suis sûr de retrouver des hombourgeois, peut-être même des anciens mineurs.
Arrivé à proximité sous la grisaille et un crachin d’une tristesse envahissante, je gare ma voiture, je recherche mon gilet jaune, mais ne le trouve pas, ça commence mal !
Tant pis, je vais vers eux sans ce signe de reconnaissance.
Une fois à proximité de la tente qui abrite l’intendance et offre quelques sièges pour le repos des troupes, les salutations sont spontanées avec les participants que je croise.
Je vois immédiatement mon ami Emile sous la tente et m’approche de lui pour prendre place sur un siège.

Au-dehors il doit y avoir une bonne trentaine de gilets jaunes qui saluent les véhicules qui passent sans problème, ces derniers répondent par des coups de klaxon ahurissants, certains brandissent un gilet jaune hors de la voiture, l’ambiance est bonne.
Nous entamons une discussion au sujet des événements en cours et notre analyse converge sur plusieurs points : en premier, il est regrettable qu’aucun groupe de personnes ne soit représentatif au niveau local et national, que les revendications commencent un peu à ressembler à un long cahier de doléances mêlées à de doux rêves et enfin que tous ou presque tous demandent la démission du président de la République.
Pendant que nous discutons, une brave dame nous propose un café et je constate que la table de service est bien remplie de gâteaux et boissons diverses sans alcool.
Régulièrement, des personnes apportent des denrées.
Deux jeunes journalistes d’Europe1 assis à côté de moi prennent des notes, l’un sur son Smartphone, l’autre sur son portable. Puis arrive Sandra qui est l’habituée des lieux depuis le premier jour, elle fait la bise à tous les présents qui semblent heureux de la revoir.
Mon ami Emile se lève pour faire tourner sa caméra (il est le reporter du canal Média Hombourg) et tend le micro à Sandra qui commente l’événement en remerciant les présents et rappelle qu’elle n’est la représentante d’aucune organisation, mais qu’elle est sensible à l’engagement de chacun des présents dont elle égrène un à un presque tous les prénoms.
Sous la tente certains chantent doucement de vieux refrains des années 70 et à aucun moment, je ne vois ni n’entends une quelconque agressivité, mais la détermination se lit sur chaque visage.
Une détermination à aller jusqu’au bout de l’action entreprise il y a déjà plus de trois semaines.
Le temps passe, je dois rentrer préparer mon repas de midi, tandis qu’Emile et Sandra se donnent rendez-vous à 13 H 30 pour aller soutenir les « Neuhausers » en grève à Folschviller, par solidarité avec ces travailleurs laissés au bord de la route par leur entreprise.

C’est sur cette note un peu triste que je les quitte, non sans m’être volontiers prêté au traditionnel « selfi » avec Sandra, histoire de garder une trace de mon passage à ce rond-point qui ne sera malheureusement pas le dernier si j’en juge la détermination des gilets jaunes opposés à la présidence de la République qui ne lâche que quelques miettes sur les revendications pourtant nombreuses, mais surtout, qui affiche un mépris désopilant envers leur personne, les Français modestes et les retraités volontairement oubliés et sortis du paysage.

Depuis ma visite aux gilets jaunes du rond-point du Cora de Saint-Avold le 6 décembre dernier, l’actualité a été marquée par des interventions et faits hors du commun.
Il y a eu la prise de parole tant attendue du président de la République qui n’a pas empêché la poursuite du mouvement des gilets jaunes.
Il y a eu la dramatique tuerie au marché de Noël de Strasbourg et le décès d’un gilet jaune, percuté en pleine nuit par un camion polonais, ceci a encouragé le gouvernement à demander l’annulation des manifestations des gilets jaunes.
Quelques mesures en faveur des moins fortunées ont été votées au Sénat et d’une façon générale il y a un débat politique qui ne pousse pas aux accolades les Français.
Comme l’arrestation du terroriste de Strasbourg est intervenue dans la soirée de jeudi, les appels à la poursuite du mouvement des gilets jaunes s’est fait entendre à nouveau.
Fort de cette nouvelle, je me suis permis d’aller une nouvelle fois à la rencontre des gilets jaunes du Cora de Saint-Avold pour mesurer in situ la température ambiante.
Avant de prendre mon véhicule, je monte en vitesse chercher un foulard jaune (je n’ai toujours pas de gilet !) pour afficher mon soutien aux personnes que je vais rencontrer.
J’arrive sur le parc en voiture à proximité du rond-point et de loin, j’aperçois un grand feu autour duquel quelques gars se réchauffent.

En m’approchant, je compte une bonne vingtaine de personnes autour du rond-point et sur les routes. La circulation est fluide, quelques voitures et camions klaxonnent au passage des gilets jaunes. J’avance et salue ceux que je croise et une fois sur place, j’entre dans un abri clos qui sert d’intendance aux manifestants. Bernard s’y affaire à mettre en route un chauffage tandis que Sylvie prépare le café.
Entre à ce moment-là Frank qui me tend des bons prépayés pour un café à déguster dans la boutique d’un boulanger à proximité en me précisant que c’est pour ceux qui veulent se ragaillardir dans un endroit plus au chaud et au calme. Bravo Monsieur, c’est sympa lui dis-je et entame une discussion autour de sa présence dans les lieux malgré les derniers événements cités plus haut.
Il me précise d’emblée qu’il est un gilet jaune, sincère et terre-à-terre ! Il me montre le grand panneau dans le rond-point qui rend hommage aux victimes de l’attentat de Strasbourg en adressant ses condoléances aux familles concernées.
Il dit être contre l’individualisme qui règne et contre « la dynamique difficilement gérable » des hommes politiques. Il éprouve le besoin d’exprimer son rejet de l’arrogance de nos gouvernants, de nos « monarques ». Il désavoue le Président qui a « baissé son froc » et autorisé l’augmentation de plus de 25 % aux élus et tout autant à certains fonctionnaires.
C’est alors qu’entre Lionel  dénonce à son tour ce monde qui s’en fout plein les fouilles pendant que d’autres vivent dans la misère.
Je sors avec lui de l’abri pour laisser Bernard terminer son installation et permettre à Lionel de s’exprimer en tête-à-tête. Il m’avoue livrer un combat contre la pauvreté qui l’entoure et qu’il vit au quotidien avec ses 503 euros de revenus mensuel.

Un silence très court, mais oh combien profond s’installe avant qu’il me dise à quel point il lui est difficile de vivre l’approche des fêtes en n’ayant pas les moyens d’offrir un cadeau à ses proches. C’est pour cela qu’il continue le combat engagé en précisant que le Président a tenu des mensonges sur l’augmentation du SMIC et qu’il ne peut se contenter des « miettes distribuées par Le Président et son entourage ».
Je rentre dans la tente après ce cri du cœur de Lionel pour entendre ce que Sylvie veut bien me livrer sur la situation.
Elle énumère alors les revendications à l’origine du mouvement et dit ne pas être d’accord avec « Monsieur Le Président » qui ne touche pas à l’ISF, ne parle pas de la triste situation des veuves et qu’elle ne peut se contenter des « miettes » mais veut du « concret ».
Elle ajoute aussi poursuivre le mouvement en mémoire des trop nombreux gilets jaunes morts depuis le début des manifestations.
Elle dit être là depuis le premier jour, venir tous les jours à 7 h 30 et remercie ceux qui viennent et restent chaque jour jusqu’à 20 h.
Bernard, qui a écouté la conversation, s’approche et j’en profite pour lui demander de me livrer à son tour ses motivations et revendications.
Je vois devant moi un gaillard costaud et sûr de lui et de ses opinions. Il est lui aussi sur place depuis le premier jour et ne décolère pas malgré la bonne ambiance qui le réunit avec les nombreux autres gilets jaunes. Il dit qu’il « faut casser la maison » pour reconstruire une vrai République et rétablir la Démocratie.
Il trouve en comparaison d’autres pays européens et transatlantiques que nous avons trop de gouvernants. Que la mille-feuille française ne cesse de s’épaissir et que ce sont les impôts des Français qui le financent, d’ailleurs, me précise-t-il, j’en paye aussi et ne me plains pas pour cela, mais il faut que cet argent serve à autre chose, qu’il profite aux démunis et non aux nantis qui ont fait de la politique un métier bien rentable.
Il veut que l’on arrête de payer les anciens Présidents et anciens ministres toute leur vie et à un tarif hors commun et n’en peut plus de voir des gens comme Carlos G. gagner plus de 2,6 millions d’Euros par an (source JDN), un cadre du S.Y.D.E.M.E. sur le départ toucher une prime de 332 000 euros (Source R.L.) alors qu’on augmente au passage le tarif du ramassage des ordures, il peste, car pour « eux » , il y a de l’argent.
Il n’a rien contre les riches et la fortune, mais voudrait que l’on revienne à des revenus plus terre-à-terre, par exemple un tiers pour les patrons, un tiers pour les actionnaires et le dernier tiers pour les salariés. « Il faut revenir à la base ».
Il est contre la taxe carbone qui culpabilise l’automobiliste français alors que les gros pollueurs en sont exclus. « Il faut qu’on arrête de nous prendre pour des cons » lance-t-il en disant que la Grandeur qui faisait la France n’est plus, il veut des dirigeants avec une vision en perspective et non des gouvernants avançant au gré des opportunités.
Jean, un tout jeune retraité qui nous écoute avec attention nous coupe la parole pour dire qu’il recherche un job pour arrondir ses fins de mois devenues difficiles.
Tous deux se rejoignent pour dénoncer la politique actuelle qui demande toujours des efforts aux mêmes, à ceux qui sont au plus bas de l’échelle des revenus alors que rien ne bouge en ce qui concerne la classe politique, leurs revenus et avantages qui ne vont qu’en augmentant.
Je clos la discussion par de chaleureuses salutations, sors de l’abri pour apercevoir un chauffeur de camion qui demande si les gilets jaunes veulent des palettes en bois…
Ah quelle question ! Bien sûr que oui, le feu doit être alimenté et voilà qu’il ouvre la porte latérale pour jeter quelques palettes.
Je lance un dernier regard alentour, salue de la main les gilets jaunes et quitte les lieux.
En roulant vers la maison, je revis mes discussions et constate que la détermination des gilets jaunes de la première heure est intacte, que leurs revendications ne sont pas extraordinaires, ils veulent simplement vivre décemment, que stoppe le matraquage fiscal, que stoppe la prolifération de fonctionnaires, que les salaires énormes de certains soient mis plus en relation avec le leur, que les avantages « indécents » de certains soient supprimés et que ceux d’en haut atterrissent…
Bref comme disait Bernard : « qu’on revienne à la base » ! Je trouve qu’ils ont du mérite ces valeureux gilets jaunes de St-Avold… Merci de votre accueil.

Lettre aux gilets jaunes et autres :
Si je soutenais le mouvement des gilets jaunes, c’était parce que j’ai ressenti dès les premiers jours un enthousiasme qui a mené les premiers manifestants à se réunir dans la volonté de changer le monde, le tout dans la joie et la bonne humeur.
Les premiers blocages étaient filtrants et tous les usagers de la route, ou presque, acceptaient cette façon nouvelle de s’exprimer. Beaucoup d’ailleurs partageaient les mêmes revendications.
Ces revendications étaient simples, il y en avait marre des taxes gouvernementales qui rabotaient le pouvoir d’achat du commun des Français, marre de devoir se serrer la ceinture depuis des années tandis que pour certains, toujours les mêmes, leur fortune continuait de gonfler.
Et puis le gouvernement au lieu de prendre conscience de la gravité de la situation, voilà qu’il donne des leçons et toise les gilets jaunes.
Ce comportement ne fera que souder encore plus ceux qui sont dans les ronds-points.
Il faudra attendre les manifestations qui dégénéreront pour qu’enfin un geste soit fait en faveur des manifestants. Hélas, comme la bataille fut forte, les guerriers se sont ragaillardis et les revendications se sont élargies, quoi de plus normal.
Une réponse rapide eut évité cela et au lieu de jouer l’apaisement, le président, cette fois-ci sort le martinet et menace à demi-mots les méchants manifestants.
Là encore, il loupe le coche ! La foule se radicalise et demande sa démission, un référendum national, la suppression de l’ISF et bien d’autres choses encore à un tel point que plus personne ne sait comment arrêter l’allongement de la liste des revendications.
Et pendant ce temps des personnalités émergent un peu partout en France, certaines se laissent convaincre de former une liste aux prochaines élections européennes !
Mais qu’à donc à voir le mouvement avec les Européennes ? Je me le demande.
Et les manifestations continuent et deviennent encore plus dévastatrices, les forces de l’ordre ont du mal à les contenir et la violence fuse de part et d’autre.
Là aussi, hélas ! Ceux qui devraient se maîtriser sont au contraire encouragés par la rigidité de notre ministre de l’Intérieur. Voyant la situation trop belle, ces forces demandent elles aussi une augmentation du pouvoir d’achat et là, hop, sans hésitations, ils l’obtiennent sans même avoir besoin de manifester. C’est qu’il est malin le ministre de l’Intérieur, il ne veut pas ouvrir un deuxième front de bataille, qui plus est avec les troupes censées le protéger, alors il achète leur asservissement à sa cause.
Les conséquences sont désastreuses pour l’image de la République, les luttes deviennent d’une brutalité incomparable et la France saigne !

Alors le président voyant la confusion se dit qu’il y a quelque chose à faire pour ne pas se désavouer et retourner la situation : demander au peuple ce qu’il veut.
Mais attendez, il doit être sourd et aveugle pour ne pas entendre ce qui se dit et s’écrit sur les banderoles et les murs.
Il organise alors un grand débat national, dont quelques personnes dénoncent immédiatement les règles orientées pour servir la cause du président.
Qu’à cela ne tienne, il persiste et signe puis va à la rencontre de maires soigneusement sélectionnés, puis encore, il s’invite à l’opportuniste dans un débat populaire et à chaque fois, il sort Son Grand Jeu, mettant de côté le grand débat, car ce qu’il veut, c’est convaincre.
Là, enfin, il est dans ce qu’il aime, le rôle du donneur de leçons, il sait tout sur tout, un vrai puits du savoir. Et les foules présentent se laissent séduire, il excelle, jubile, devant ces troupes conquises, il est sûr d’avoir comme toujours raison.
Hélas, encore, hélas, dans un débat, il faut savoir écouter, répondre aux questions et non donner des cours de stratégie ou de morale.
Pendant ce temps, les malheureux gilets jaunes de la première heure continuent le mouvement et ne voient pas que déjà certains changent de camp attiré par le doux chant des sirènes qui leur promettent de les inviter à leur table. D’autres en ont ras le bol de la pagaille qui règne dans le pays et montent des contre-manifestations en imageant leur action par un foulard rouge en guise de collier autour du cou, mais si on ne voit la laisse qui guide ces derniers, on devine bien quelle main est à l’autre bout.
Et voilà où nous en sommes, un pays tiraillé de part et d’autre que certains voisins commencent à imiter, enfin le fond de l’action entreprise par les gilets jaunes émerge, c’est la lutte contre la pauvreté et contre les capitalistes qui n’arrêtent pas de s’engraisser sur le dos des pauvres.
Bientôt la grogne se répandra comme une traînée de poudre et mettra le feu aux caisses de ceux qui capitalisent sans redistribuer, même pas un tout petit peu !
Bientôt, le président comprendra que ceux qu’il porte aux nues quand il défend leur statut avec leurs hauts revenus et avantages divers, bientôt, il comprendra que leur savoir s’il avait réellement été au service de la France, ils ne l’auraient pas mise dans cet état de délabrement.
Il compare ces salaires à ceux du public où certains grands dirigeants redressent des entreprises et font fortune. Là aussi, il se trompe, personne n’admet que l’écart qui s’est créé entre le travailleur et ses dirigeants soient devenus si important, parfois jusqu’à mille fois le SMIC. Là aussi tôt ou tard il y aura du ménage à faire et il se fera !
Maintenant, je me dis que peut-être certains réussiront à prendre en main notre société pour lui donner ce que notre devise nationale n’exprime plus depuis très longtemps : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, c’est en tout cas mon vœu le plus cher.
Sans avoir peur de parodier Martin Luther-King, je dirai :
– J’ai fait un rêve. J’ai vu des hommes et des femmes vivre dans un pays sans connaître la haine envers leurs semblables et les institutions. J ai vu des hommes et des femmes honnêtes au service du peuple. J’ai vu le faible et le vieux soutenu, j’ai vu le partage du travail et des richesses. Mais aussi, j’ai vu la jeune génération se poser de vraies questions, vouloir changer le monde et n’avoir pas peur d’entreprendre.
Enfin, je précise, et ce n’est pas un abandon, que je ne manifesterai plus dans les rues.
J’irai voter si l’occasion se présente, mais seulement si tous les Français en font de même.
J’ose encore espérer que la sagesse dont les Grands Hommes savent témoigner dans les grands moments de l’Histoire, que cette sagesse saura apaiser un peuple en colère et lui offrir un avenir meilleur.
Si tel n’était pas le cas, si de tels Hommes n’émergent pas, je suis près à redescendre dans la rue entamer la Marseillaise, aux armes citoyenne, et là, le poing levé, tel Boris Vian dans la chanson du Déserteur, je chanterai :

Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes.
Que je n’aurai pas d’armes
Et qu’ils pourront tirer…
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Gilets Jaunes de Brest Gilets Jaunes de Brest

Le Gilet Jaune c’est ce jeune, qui taf, qui gagne à peine 1100€/mois et qui veut louer un studio à 500 € SAUF qu’on lui demande d’en gagner 3 fois le montant, soit 1500 €. Donc il ne peut pas et il n’a pas de garant.
C’est ce parent qui aimerait aller travailler après son congé maternité ou parental, mais qui n’a pas de crèche à proximité… Et qui n’a pas les moyens de payer une nounou, car ça serait travailler « à perte », alors il reste à la maison alors qu’il n’a pas non plus les moyens de rester à la maison.
C’est cette Assistante Maternelle qui travaille pour que les gens puissent aller travailler, et qui à la retraite va toucher 800 € mois, car selon les années, selon son index (qu’elle n’a pas choisi !), elle n’a pas assez gagné car pas assez cotisé.
C’est cette personne qui se lève tous les jours, qui part à 8 h voire moins et rentre à 18 h, voire plus, mais qui, le 10 du mois, compte ce qu’il a le droit de dépenser pour ne pas être encore à découvert.
C’est ce petit auto-entrepreneur qui doit d’abord payer ses charges pour se dégager un salaire. C’est ce petit patron qui travaille trop, mais qui n’a pas les moyens d’embaucher un salarié, à cause des charges trop lourdes à payer.
C’est cet agriculteur ou éleveur qui n’a aucun jour de congé, mais qui pour autant peine à survivre.
C’est la personne allocataire de l’Allocation Adulte Handicapé, qui ne peut pas aller travailler du fait de son handicap, qui dépasse de peu le plafond du RSA, sauf que comme l’AAH est un minima social, alors il n’est pas cumulable avec le RSA…
C’est la personne au RSA qui aimerait bien trouver un travail, mais à qui on ne propose rien, car pas assez qualifié ou… que sais-je encore.
C’est ce chômeur de 50 ans, qui s’est fait dégager, car « coûte trop cher » et qui ne peut pas retrouver un emploi, car justement, il coûterait trop cher ».
C’est ce « chômeur de longue durée » qui ne fait même plus partie des chiffres, car en fin de droit et qui se retrouve au RSA.
C’est le retraité qui a travaillé, cotisé toute la  vie en se disant qu’après il pourrait se reposer, faire plaisir à ses enfants et petits-enfants, mais qui devra demander à ses enfants un petit coup de main car la retraite est trop maigre.
Ce sont tous ces gens qui, pour les PLUS CHANCEUX, réussissent à se payer « toit » « nourriture » « eau » « chauffage » mais passé cela n’ont PLUS RIEN.
Tous ces gens, je les vois, je m’en occupe, en tant qu’Intervenante SOCIALE.
Et cette misère est effrayante… Sachant que les gens que je reçois, pour la plupart, TRAVAILS.
Ce sont TOUS CES GENS qui payent, entre autres, LES SALAIRES des Politiques, qui eux, nous regardent d’en haut et de haut, et qui ne comprennent pas pourquoi on se plaint.
By : Ju – Lie (intervenante sociale).


COUDOL Alice, Henriette Née le 10 février 1923 à Brest (Finistère).

Exécutée sommairement le 30 novembre 1944 à Pforzheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; commerçante ; membre de divers réseaux de Résistance dont le SR Alliance.


Alice Coudol

Crédit photo : Gildas Priol

Commerçante et marchande foraine, elle fonda en juin 1940 à Lesneven son propre réseau de résistance, le « Mouvement Violette ». Avec son groupe elle aida des soldats français à échapper à la captivité, diffusa des journaux clandestins, distribua des tracts gaullistes, fournit à Londres des renseignements sur les bases sous-marines de Brest, l’arsenal, la base aéronavale du Poulmic, le terrain d’aviation de Guipavas. Elle entra au réseau « Jade-Fitzroy » créé en 1942 sur le secteur de Brest et Landerneau pour héberger des aviateurs alliés et les faire évader ensuite vers l’Angleterre. Elle était également membre du « Mouvement Défense de la France » et des réseaux « Alliance » et « Centurie ». Dans le réseau Alliance, elle devint estafette du sous-réseau Sea star, secteur de Brest, sur la région Bretagne « Chapelle « , avec le matricule « S.529 ».
Elle fut arrêtée à Lesneven le 4 octobre 1943 et déportée vers l’Allemagne au départ de Paris puis internée à la prison de Pforzheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne) où elle fut enregistrée sous le matricule n° 582 le 25 janvier 1944. Le 2 mars 1944, la Gestapo de Strasbourg transmit le dossier d’accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie concernant douze prévenus dont Alice Coudol, au Tribunal de guerre du Reich qui y apposa les tampons « secret » et « affaire concernant des détenus » ainsi que la mention « NN » (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Il n’y eut pas de jugement, les accusés étant remis sans procès à la disposition du SD de Strasbourg le 10 septembre 1944, ce qui équivalait à une sentence de mort.
Devant l’avance des Alliés sur le Rhin le 30 novembre 1944, Alice Coudol elle fut extraite de sa cellule ainsi que 18 hommes et 7 autres femmes appartenant comme elle au réseau Alliance. Après un simulacre de libération, ils furent tous conduits en camion à la forêt de Hagenschiess, à quelques kilomètres de Pforzheim et abattus d’une balle dans la nuque par les agents de la Gestapo de Strasbourg, Julius Gehrum, Chef de l’AST III, Reinhard Brunner, Howold, Buchner et Irion, puis jetés dans une fosse recouverte ensuite de terre et de branchages.
Leurs corps furent exhumés par les autorités françaises le 19 mai 1945 et mis par des civils allemands dans des cercueils devant lesquels la population de Pforzheim dut défiler au cours d’une émouvante cérémonie.
Ils furent ensuite rapatriés en France et à l’arrivée à Brest de la dépouille d’Alice Coudol, une chapelle ardente fut dressée à l’église Saint Martin. Une foule nombreuse assista aux obsèques, en présence des autorités françaises et de représentants de toutes les associations de Résistance. Elle fut inhumée au cimetière Saint-Martin, à Brest.
Alice Coudol fut décorée de la croix de chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume le 6 juillet 1955 ainsi que de la Croix de Guerre 39-45 avec palmes et de la Médaille de la Résistance.
Elle obtint la mention « Mort en déportation » par arrêté du 26 février 2013.
Son nom figure sur la stèle commémorative du réseau Alliance à Pforzheim. Des rues de Brest, Plouzané, Lesneven portent son nom.

Alice Coudol – Les martyrs de Pforzheim.

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Fin juin 1945, le maire de Brest reçoit une lettre écrite par le Père Laurent, aumônier du 86ème RI. Cette missive l’informe de la découverte d’un charnier à Pforzheim (région de Bade) : 25 corps y sont retrouvés dont ceux de 12 brestois. Sur la macabre liste qui suit cette annonce, le nom d’Alice Coudol.

Dès juin 1940, la jeune Alice (elle a 17 ans) aide les soldats français à échapper à la captivité. Ayant entendu l’appel du Général de Gaulle, elle mène la propagande dans les cantons proches de Brest, crée son propre réseau (Violette) et réussit à recruter de nombreux volontaires, alors qu’elle ne sait ni lire, ni écrire. Elle est agent des réseaux Alliance et Centurie, aide au « sabotage » du STO dans la région. Mathieu Donnard, Colonel du mouvement Libération puis FFI dira d’elle : « j’ai rencontré une jeune fille extraordinaire, une Jeanne d’Arc, assurée et courageuse ».

Alice et 9 des brestois retrouvés dans le charnier avaient été arrêtés à l’automne 1943 dans le cadre du démantèlement du réseau Alliance par la Gestapo. Ils font partie des 50 détenus qui arrivent à Pforzheim en janvier 1944.
Le 30 novembre 1944, un gardien vient réveiller Alice et ses compagnes de chambrée. Ils les emmènent toutes sauf Yolande Lagrave qui restera seule, dans l’angoisse du devenir de ses camarades.
Les prisonniers et prisonnières emmenés cette nuit-là subirent d’épouvantables sévices et tortures avant d’être abattus d’une balle dans la nuque et ensevelis dans un cratère de bombe, dans un champ.

Alice deviendra le symbole de la Résistance dans le Nord-Finistère et celui du martyre des prisonniers de Pforzheim.
A l’arrivée de sa dépouille à Brest, une chapelle ardente est dressée à l’église Saint Martin. Une foule immense assistera aux obsèques, en présence des autorités françaises et de représentants de toutes les associations de Résistance.

Pourquoi cet article, sur Alice Coudol.
Simplement parce que c’est une cousine à ma mère, décédée aujourd’hui, mais qui nous a souvent parlé d’Alice sa cousine.
Ma mère Née le 13 avril 1922, et née venelle Kéravel, 17 : Mercedes Alexandrine Félicie Coudol, fille d’Armande Mathurine Coudol, dix-huit ans, sans profession, célibataire, domicilié à Brest. , Née à Pont-Croix, le six septembre mil neuf cent un, fille de Alphonse Pierre Coudol, marchand forain, domicilié à Brest ; et d’Armande Marie Lescoat, son épouse.

RETOUR EN BOUGUENVILLE

En guise de présentation
Louis logeait en baraque C13 au Bouguen-centre. A peu d’années d’écart, je grandissais en baraque F4 au Polygone-caserne. Nous étions fils de simples ouvriers, mais de fiers ouvriers. Les conditions de vie n’étaient pas faciles dans ces installations précaires aux lendemains de la guerre, mais l’air vibrait d’espoir, de solidarité, de joie de vivre. Toute une époque, une société disparue, des souvenirs indélébiles. C’est son enfance que Louis fait revivre ici, sans nostalgie, sans misérabilisme, mais avec beaucoup de tendresse et une pincée d’humour.
Louis Aminot, à Brest tout le monde connaît. Le militant politique, l’ancien adjoint-maire aux sports, l’Arsenal au cœur, le passionné de vélo, le soutien des Patros laïques, le combattant pour la Paix et le désarmement, le communiste sincère, le penseur libre… l’ami (un vrai pour certains), l’adversaire (respecté par beaucoup), le pote (pour beaucoup de monde)…
Ce n’est donc pas ce Louis qui parle ici, encore que ! Vous constaterez que tout cela est en germe dans son regard d’enfant. Au fil des scènes de la vie familiale, de l’évocation des copains ou de la société des adultes, ce sont des tranches de vie, comme des arrêts sur images, qui font revivre le Bouguen du gamin. Souvenirs intacts comme en témoigne l’extraordinaire exactitude des lieux, des anecdotes, et en particulier une galerie de portraits des enfants du quartier et de leurs destinées.
Souvenirs qui font la part belle aux moments heureux et qui prêtent souvent à sourire. Alors il fallait une illustration de la même veine et le dessin de Georges Elléouet fait mouche : les personnages, colorés et sympathiques, prennent vie. Les gamins, pleins de fraîcheur, sont plus vrais que nature ; les scénettes, croquées savoureuses, font l’animation. L’œil amusé du lecteur se prend à faire des allers et retours entre textes et images qui se nourrissent mutuellement.
Ce retour dans le Bouguen populaire de l’après-guerre, le « Bouguenville » des souvenirs, est en réalité un chant d’amour. Et ce chant a une coda : un hommage aux mamans d’alors, un hymne à la paix et la fraternité.
Yvon Drévillon 10 avril 2018
Vient de paraître :

« RETOUR EN BOUGUENVILLE »
Récits de Louis Aminot illustrés par Georges Elléouet.

Le Bouguen, les baraques, les familles ouvrières au lendemain de la guerre, ce sont des souvenirs d’enfance qui revivent, intacts, savoureusement croqués par le dessin de Georgio. Un hymne à la vie, à la paix, à la fraternité.

Pour 10€ c’est un cadeau sympathique à mettre au pied du sapin.

On peut aussi se procurer le livre à la Librairie Dialogues (Siam), à la Petite Librairie (St Martin), au Patronage Laïque de Lambézellec, aux bars Le Royal (Guérin), Django (Kérangoff), Beaupré (St Marc), MacGuigans (port)… et à Plougastel au Trappic Coat et au Café du Port (Tinduff)

UNE PARTIE DE L’HISTORIQUE DE L’ARSENAL DE BREST

Des origines à la Révolution et à l’Empire
La création du port militaire n’intervient cependant qu’en 1631, sur décision de Richelieu, et les premiers travaux importants n’y sont effectués qu’à partir de 1666, sous la haute direction de Colbert, alors Contrôleur général des finances.
En 1669, le Marquis de Seignelay, fils de Colbert et Ministre de la Marine, publie l’ordonnance du 15 avril qui codifie avec précision l’organisation des Arsenaux : l’intendant, qui relève directement du Ministre, est responsable de l’ensemble des activités de l’Arsenal. Il en ordonnance la dépense. Le « Commandant de la Marine » n’a autorité sur la flotte qu’après qu’elle ait été armée.
Le premier bassin de l’Arsenal de Brest, le bassin Tourville, est construit en 1683. Il sera agrandi à 2 reprises en 1745, puis en 1864.
Après le rapide développement des années 1660 à 1690, l’Arsenal de Brest connaît une période de stagnation de plus de 40 ans. Puis un nouvel essor lui est donné par deux ministres de Louis XV, le Comte de Maurepas et le Duc de Praslin. L’architecte Choquet de Lindu remplace alors les vieux bâtiments de l’époque de Colbert par des bâtiments en granit. Il édifie notamment, en 1747, sur la rive gauche de la Penfeld, un imposant atelier de Corderie, long de 400 m. La construction des bassins de Pontaniou débute en 1746.
Au cours des mêmes années, un sérieux effort est fait pour renouveler les techniques traditionnelles, souvent empiriques, de constructions navales. Celui-ci se concrétise notamment par la création, en 1741, du Corps des ingénieurs-constructeurs, ancêtre de celui des Ingénieurs du génie maritime.
Les innovations en la matière d’organisation sont moins heureuses après que Choiseul ait cru bon de placer l’Intendant et le Commandant de la Marine sur pied d’égalité, Castries, en 1786, restaure l’unité de commandement en donnant au Commandant de la Marine le pas sur l’Intendant.
Quelques années plus tard, Bonaparte modifiera une nouvelle fois cette organisation en plaçant à la tête de l’Arsenal le « Préfet Maritime », haut fonctionnaire choisi pour ses qualités personnelles, sans considération de corps d’origine ou de grade (1) (arrêté du 7 Floréal an VIII).
(1) Ce n’est qu’à partir de 1875 que le Préfet Maritime sera obligatoirement un Vice-Amiral.
Signalons enfin qu’au cours des dernières années de la monarchie, les ouvriers bénéficient d’un embryon de statut, avec le règlement de demi-solde aux personnels inemployés (préfiguration d’une certaine stabilité de l’emploi) et l’instauration, sous certaines conditions, d’un système de pension (ordonnance de 1784).
Le XIXe Siècle
Pratiquement interrompu pendant la Révolution, l’Empire (qui s’intéresse à CHERBOURG), et la Restauration, le développement de l’Arsenal de Brest reprend à partir de 1845, en liaison avec l’essor industriel de la 2e moitié du XIXe Siècle.
Le grand bassin du Salou (bassin 4) est mis en chantier en 1857.
Les premiers ateliers de Mécanique, Fonderie et Chaudronnerie sont construits en 1845, sur le plateau dit « des Capucins ». Ces ateliers seront rénovés et agrandirent entre 1858 et 1864.
Les premiers « Bâtiments en Fer » sont bâtis en 1865.
Les importantes extensions des services de l’Arsenal ainsi réalisées imposent une redistribution des aires disponibles le long de la Penfeld, au profit de la Marine Nationale. Dès 1935, celle-ci avait acquis les ateliers privés qui subsistaient, en fond de Penfeld, à Kervallon. Mais les bâtiments de commerce continuaient d’accoster aux quais Tourville et Jean Bart. Ce n’est qu’en 1865 que Napoléon prend la décision de transférer le Port de Commerce dans l’anse de St Marc et de réserver l’accès de la Penfeld aux bâtiments de Guerre.
De la même époque (1868) date la construction des premiers magasins à poudre, sur des terrains que la Marine avait acquis, 40 ans plus tôt, en bordure de l’anse de Kerhuon.
Mentionnons enfin, pour la petite histoire, que les forçats quittèrent définitivement les Arsenaux pour la Guyane, en 1852.
Des années 1900 à la 1re Guerre Mondiale
L’Arsenal de Brest qui n’a guère évolué dans les années qui suivent la défaite de 1870, connaît un nouveau regain d’activité à partir de la fin du XIXe Siècle, et jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Son extension vers le Sud-ouest est amorcée, en 1900, par l’édification d’une grande jetée de 2160 m qui délimitera l’actuelle rade-abri. Celle-ci est à l’époque accessible à la fois par l’ouest et par l’Est.
En 1905, la construction d’un quai d’armement de 675 m de long est entreprise à Laninon. Ce quai se termine par le « port des Torpilleurs » qui protège les quais de la houle qui rentre par la passe Ouest de la rade-abri.
5 ans plus tard, débute celle des deux grands bassins de Laninon. Ces bassins qui auront une longueur de 250 m et largueur de 35 m, suffisantes pour les plus grands bâtiments de l’époque, ne seront achevés qu’en 1918.
Simultanément les 2 cales de lancement du « point du Jour » et l’atelier des bâtiments en fer sont rénovés (1907-1910-1911).
Tous ces travaux permettent à l’Arsenal de Brest de prendre sa part dans la construction de l’imposante Flotte de Combat dont la France va disposer au début de la Première Guerre mondiale.
Ainsi, parmi les croiseurs et cuirassés qui sont encore en service en 1914, avaient été lancés à Brest :
En 1895, Le Cuirassé de 2e rang (Charlemagne) de 11.300 T
En 1896, Le Cuirassé de 2e rang (Gaulois) de 11.300 T
En 1899, Le Cuirassé de 2e rang (Suffren) de 12.750 T
En 1900, Le Croiseur Cuirassé (Marseillaise) de 10.400 T
En 1901, Le Croiseur Cuirassé (Léon Gambetta) de 12.550 T
En 1902, Le Cuirassé de 1er rang (République) de 14.865 T
En 1904, Le Cuirassé de 1er rang (Démocratie) de 14.900 T
En 1907, Le Croiseur Cuirassé (Edgard Quinet) de 14.000 T
En 1909, Le Cuirassé de 1er rang (Danton) de 18.350 T
En 1911, Le Cuirassé de 1er rang (Jean Bart) de 23.467 T
En 1913, Le Cuirassé de 1er rang (Bretagne) de 23.500 T
Et enfin, en 1914, le Cuirassé de 1er rang
(Flandre) De 25.230 T
Les années qui précèdent la Première Guerre mondiale sont également marquées par une certaine évolution administrative ou sociale des Arsenaux.
En 1900, les Directeurs des Constructions Navales et de l’Artillerie Navale deviennent responsables de la gestion de leurs crédits. Celle-ci était auparavant assurée par les Services du Commissariat qui relevaient du Préfet Maritime.
La légalité des syndicats est officiellement reconnue dans les Arsenaux en 1902.
La durée du travail est réduite à 9h 35 mn par jour en 1901 et à 8 h en 1903. À partir de 1911, les ouvriers bénéficient de 6 jours de congé payés par an, cette durée étant portée à 12 jours dès l’année suivante.
De 1914 à 1939
De 1914 à 1918, l’Arsenal de Brest ne construit que des bâtiments de petit tonnage (avisos et canonnières).
Cependant, dès la fin de la guerre, sous l’impulsion notamment de Georges Leygues, qui sera Ministre de la Marine de 1917 à 1920, puis de 1925 à 1930, et encore en 1932 et 1933, La France entreprend de se doter à nouveau d’une Flotte de Combat nombreuse et puissante.
De 1923 à 1933, (9) Croiseurs
les « Duguay Trouin » et « Primauguet » de 7.250 T,
Les « Duquesne », « Suffren », « Colbert », « Foch », « Dupleix », et « Algérie » de 10.000T,
le « La Galissonnière » de 7.600,
Sont lancés à Brest, en même temps que 8 sous-marins (les « Marsouin », « Phoque », « Pascal », « Pasteur », « Achille », « Ajax », « Héros », et « Centaure »).

Lorsque la menace d’une nouvelle guerre mondiale se précise, les travaux d’aménagements de l’Arsenal reprennent activement.

En 1931, les falaises du secteur de la Pointe sont arasées et les déblais sont utilisés pour le comblement de la passe Ouest de la rade-abri.
Simultanément, d’importants travaux de génie civil sont menés dans tout l’Arsenal (percement de tunnels, aménagements de terre-pleins), pour permettre de desservir par voie ferrée, les 2 rives de la Penfeld et les quais de Laninon.
En 1935, après le comblement de la passe ouest de la rade-abri, un nouveau quai des Flottilles, long de 950 m, est construit entre le quai d’armement de Laninon et la grande jetée.
Enfin, dans le secteur de la pointe, sont bâtis les halls ou ateliers d’artillerie qui seront nécessaires pour le montage des tourelles et des télépointeurs des cuirassés.
De 1933 à la déclaration de guerre, l’Arsenal assure encore, outre l’achèvement des bâtiments précités, la construction des Cuirassés « Dunkerque » et « Richelieu » et l’armement de plusieurs navires construits par l’Industrie, dont les Croiseurs « Marseillaise » et « Georges Leygues », le Cuirassé « Strasbourg », et 4 sous-marins.
Au cours de cette période d’intense activité, il apparaît que la disponibilité de 2 grands bassins seulement, ceux de Laninon, est insuffisante pour faire face au programme d’entretien de la Flotte et à la construction de navires de ligne, dont le tonnage et les dimensions augmentent régulièrement (1). Aussi décide-t-on de construire, entre les bassins 8 et 9 et la Pointe, un nouveau bassin qui devait avoir, au départ, 305 m de long et 46 m de large, mais dont la longueur devait être ultérieurement portée à 365 m. Les travaux commencent le 7 février 1939. Ils seront définitivement arrêtés à l’arrivée des Allemands en 1940.

(1) De façon à limiter au maximum la durée d’utilisation des bassins de Laninon au seul profit des constructions neuves, le tronçon central de coque du « Dunkerque » puis du « Richelieu » sont construits au bassin 4 du Salou. Ce tronçon est ensuite transféré dans un bassin de Laninon où on lui ajoute l’étrave et, éventuellement, le bloc arrière du bâtiment.
Mentionnons, pour terminer, la sortie entre les deux guerres de 2 décrets importants :
le décret du 22 avril 1927, qui fixe l’organisation de la Marine et des services rattachés (dont la D C A N), et le décret du 1er avril 1920 qui a trait aux statuts des personnels ouvriers.
De 1945 à nos jours

Si les bombardements alliés, concentrés pendant la guerre sur la base sous-marine et sur les bassins de Laninon, n’avaient, en définitive, causé que relativement peu de dégâts, il en alla autrement des destructions qu’effectuèrent les Allemands dans les semaines qui précédèrent la Libération de Brest.
En septembre 1944, les brèches dans la grande jetée couvraient près de la moitié de sa longueur. Le quai d’Armement, bâti sur voûtes, s’était effondré. Le quai des Flottilles était en ruines. La quasi totalité des bâtiments de l’Arsenal avaient été incendiée. Les routes et les voies ferrées étaient disloquées. 250 épaves encombraient la Penfeld. Seules les 2 cales de lancement du Point du Jour (cales des Croiseurs et cale des Sous-marins) n’avaient que peu souffert.
La reconstruction de l’Arsenal (1945 à 1958)
L’importance des destructions subies par Brest aurait permis d’opérer une redistribution plus judicieuse des terrains entre la ville et l’Arsenal. On décida cependant de conserver les anciennes limites des terrains militaires.
De 1945 à 1958, l’infrastructure industrielle du port militaire est progressivement reconstituée :
le quai d’Armement de 325 m de Laninon est achevé dès 1950, le quai oblique de 275 m qui prolonge ne sera par contre complètement remis en état qu’en 1958.
La nouvelle centrale souterraine du Portzic est mise en service en 1951.
Les 2 bassins de Laninon sont agrandis (leur longueur est portée de 250 m à 320 m). Leur modernisation ainsi que celle de la Station de pompage souterraine que les Allemands avaient construite sont achevées en 1953.
La réparation de la grande jetée se poursuit jusqu’en 1958.
En ce qui concerne les Ateliers et Magasins, le programme initial est ambitieux : si la plupart sont rapidement relevés, à leur ancien emplacement, de façon à permettre aux ouvriers de l’Arsenal de retrouver le plus rapidement possible un emploi, il est prévu qu’un grand nombre d’entre eux, dont les Ateliers Machines, Artillerie, Électricité, les Bâtiments en Fer, la Salle à Tracer et les Magasins principaux, seront ultérieurement transférés en souterrains. Les plans de l’époque prévoient d’ailleurs que l’effectif du temps de paix de l’Arsenal sera progressivement porté de 8 000 à 15 000 ouvriers.
Les ressources budgétaires ne permettront pas de réaliser ces grandioses projets et le provisoire prend rapidement une figure définitive, assez peu différente de celle de l’avant-guerre.
Des bâtiments de commerce aux gros bâtiments de guerre

À la Libération, la D.C.A.N. de Brest prend en charge la refonte du croiseur « Duquesne », puis à partir de février 1946, celle du Cuirassé « Jean Bart », qui avait quitté précipitamment Saint-Nazaire en 1940 et avait été gravement avarié à Casablanca en 1942. Cependant, les crédits consacrés à la Marine Nationale restant faibles et les chantiers privés ne suffisant pas à reconstituer la Marine Marchande Française ou à faire face aux demandes de l’étranger, l’Arsenal de Brest se reconvertit dans la construction de navires marchands.
C’est ainsi que sont lancés de 1946 à 1953 pour les Messageries Maritimes, la Compagnie Delmas-Vieljeux ou la Compagnie Transatlantique :
3 cargos charbonniers de 4 700 TPL (1), les Penlan, Rhuys et Quiberon,
2 cargos long-courriers de 11 000 TPL, les Mehong et Meinam,
1 paquebot Antilles de 5 700 TPL,
1 cargo mixte de 9 000 TPL « Tahitien »,
1 paquebot mixte de 6 000 TPL « Pierre Lotti ».
Le programme militaire reprend cependant avec la loi du 8.1.1951. Au port de Brest revient la construction du Croiseur « De Grasse », à partir de la coque demeurée à Lorient pendant la guerre, puis celle de 5 escorteurs d’Escadre. Le premier de ceux-ci, le « Dupetit-Thouars », sera le dernier bâtiment pour lequel la construction et le lancement s’effectueront sur une cale du Point du Jour. Les 4 suivants, « D’Estrées », « Du Chayla », « Forbin », et « La Bourdonnais », seront montés dans le bassin 8 de Laninon.
La tranche 53 du programme naval marque le retour de Brest, pour plus de 10 ans, à sa vocation traditionnelle de Port Constructeur de grands navires de guerre.
Le Croiseur « Colbert » est mis à flots, au bassin 4 du Salou, en mars 1956.

Le porte- avions « Clémenceau » est mis à flot, au Bassin 9 de laninon, en décembre 1957.

 

Le Porte-avions « Foch », dont la coque a été montée à Saint-Nazaire, est également armé à Brest.
Enfin, le Porte-hélicoptères « Résolue » qui sera rebaptisé « Jeanne D’Arc, est mis à flots en septembre 1961.
(1)- tonnes Port en Lourd.
Savoir faire technologique
La vocation principale de la DCAN e Brest est la construction de bâtiments de tous types, préférentiellement de navires de guerre de fort déplacement, et l’entretien en service des bâtiments de la Flotte.
Cette mission globale couvre un nombre important de secteurs technologiques, du fait même de la complexité des navires et de la diversité des techniques qui y sont mises en œuvre. Mais de plus, Brest a un certain nombre d’activités spécifiques concernant en particulier les mines et les munitions.
Les principaux domaines pour lesquels la DCAN de Brest peut faire état d’un savoir-faire particulier peuvent être regroupés sous les rubriques suivantes :
Technologies générales du Génie Maritime sur bâtiments classiques ou nucléaires.
Fabrication et entretien des munitions.
Développement des techniques de la guerre des mines.
Nous allons parcourir successivement chacun de ces domaines en tachant, dans un premier temps de décrire la situation du moment, avec si nécessaire une rapide rétrospective, puis en indiquant, lorsque cela est possible, les perspectives d’évolution qui, dès à présent, peuvent être discernées.
Technologie générale du Génie Maritime
Depuis la dernière guerre, la DCAN de Brest a construit des navires de types très divers. Le tableau ci-dessous donne une idée de cette diversité.
Reconstruction de la Marine Marchande après la Libération

Penlan 4800 TPL(1) Cargo Charbonnier 1946-1948

Rhuys 4800 TPL Cargo Charbonnier 1947-1949
Quiberon 4800
TPL Cargo Charbonnier 1948-1950
Mekong 11000 TPL Long courrier 1947-1950
Meinam 11000 TPL Long courrier 1948-1950
Antilles 5700
TPL Paquebot 1948-1953
Pierre Loti 6000
TPL Paquebot 1951-1953
Tahitien 9000
TPL Cargo mixte 1950-1953
Al. Dreyfus 9000
TPL Frigorifique 1947-1951
(Navire Transformé)
(1) Tonnes De port en Lourd
Diversification
Esso pour G. Bretagne Pétrolier 1958-1959
Hangor pour Pakistan Sous-marin 1966-1970
Hengist pour G.Bretagne Car-ferry 1970-1972
Horsa pour G.Bretagne Car-ferry 1970-1972
Senlac pour G.Bretagne Car-ferry 1970-1973
Marine Nationale
De Grasse (achèvement) Croiseur 1951-1956
Dupetit-Thouars E.E.T 47 1951-1956
D’Estrées E.E.T 47 1952-1957
Du Chayla E.E.T 47 1952-1957
Forbin E.E.T 53 1953-1958
La Bourdonnais E.E.T 53 1953-1958
Colbert Croiseur 1953-1959
Clémenceau Porte-avions 1954-1961
Foch Porte-avions 1955-1963
Jeanne D’Arc Porte-hélicoptères 1957-1964
Ouragan Transport, chars débarquement 1960-1965
Orage Transport, chars débarquement 1965-1968
Duquesne Frégate Lance Engins 1963-1969
Henri Poincaré (transformé) Bâtiments essais et mesures 1964-1968
Psyche Sous-marin 1965-1970
Sirene Sous-marin 1965-1970
D’Entrecasteaux Bâtiment Océanographique 1968-1971
Griffon Sous-marin d’expérimentation 1969-1971
Champlain Batral 1972-1974
Francis Garnier Batral 1972-1974
Tianee Gabare de mer 1973-1975
Dock De 3800T 1973-1974
Durance Pétrolier Ravitailleur d’Escadre 1973-1977
J. Verne Bâtiment Atelier polyvalent 1973-1976
G. Leygues Corvette ASM 1973
Dupleix Corvette ASM 1974

Montcalm Corvette ASM 1974
Meuse Pétrolier Ravitailleur d’Escadre 1975
PR N°3 Pétrolier Ravitailleur d’Escadre 1977
Outre ces constructions, la D C A N de Brest a exécuté depuis 1960 d’importantes opérations de refontes de navires. Parmi les plus notoires, il faut citer :
Refonte TARTAR de 4 Escorteurs T 47. Transformation de 4 paquebots en bâtiments base pour le CEP. Adaptation des deux porte-avions aux Crusaders. Refonte ASM de 4 Escorteurs T 47. Transformation du Colbert en Croiseur Lance-missiles.
Cette rétrospective permet d’apprécier la remarquable faculté d’adaptation de la DCAN de Brest à la réalisation de navires de tous genres, qu’ils soient civils ou militaires.
D’autre part, Brest consacre actuellement une part essentielle de son activité à l’entretien de la Flotte que ce soit au profit de bâtiments de surface de tous types (grands et petits navires, coque en bois ou en acier, propulsion diesel ou à vapeur, etc.) ou des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins.
La maîtrise d’œuvre de tels programmes de constructions ou de réparation, opérations lourdes et souvent imbriquées les unes dans les autres, nécessite, tant pour le lissage de la charge que pour la planification correcte des travaux, le recours à l’informatique et aux méthodes modernes d’ordonnancement.
La complexité croissante des navires e combat conduira très probablement Brest, dans les années à venir, à développer l’emploi de l’informatique, aussi bien pour la gestion de la production, que pour le soutien logistique des navires.
De même, l’ordinateur sera vraisemblablement de plus en plus sollicité pour l’aide à la conception et à la construction des bâtiments (projet ADOC).
En ce qui concerne les retombées technologiques, les compétences de la DCAN de Brest évoluent comme le fait le navire de combat. C’est ce qui s’est produit au cours des années passées, et qui se poursuivra encore dans l’avenir.
La diversité des compétences développées à Brest est à l’image de la complexité des bâtiments de guerre modernes. Il ne peut donc être question de les passer toutes en revue. Aussi, tout en nous réservant de revenir plus loin sur l’important problème des armes et Équipement, nous nous contenterons d’examiner rapidement les domaines technologiques de base du génie maritime, avec toutefois un développement particulier pour le secteur nucléaire.

Tôlerie-Chaudronnerie

Brest est bien équipé pour le formage et l’usinage des matériaux de faible ou moyenne épaisseur en acier ou métal léger. La DCAN possède une compétence particulière en matière de soudure et de contrôle non-destructif. Son service spécialisé participe, dans le cadre de l’Institut de Recherche des Constructions Navales, aux études en cours en France sur l’amélioration des procédés de soudure existants et sur le développement de nouveaux procédés.
Toujours dans ce domaine, la DCAN qui dispose depuis peu d’un stand adapté, développe actuellement les techniques de formage par explosion.

Electricité

La compétence de Brest couvre l’étude, le montage et la réparation des installations électriques de bord, ainsi que la qualification de matériels et équipements divers (régulateurs de tension, chargeurs batteries, etc.…).

Depuis quelques années, le développement des systèmes de régulations, automatismes ou commandes à distance sur les navires récents a conduit la DCAN à s’intéresser aux problèmes de l’électronique industrielle. Un service spécialisé a été créé à cet effet. Il dispose d’appareils de mesures et de bancs d’essais spécifiques et pour l’instant intervient principalement au profit des navires en réparations (bâtiments de surface et SNLE). Il est envisagé d’étendre son activité au profit des bâtiments en construction en l’intéressant aux études et essais des installations ou dispositifs électroniques nouveaux.

Mécanique-Hydraulique

Le savoir-faire de Brest s’étend à tout le domaine de la mécanique classique ; usinage courants et précision, travaux sur ces moteurs ou auxiliaires divers, etc.…

D’autre part, le développement des équipements hydrauliques sur les SNLE, puis sur les nouveaux bâtiments de surface a nécessité la mise en place d’un atelier doté des moyens adaptés à l’entretien de tels matériels, ainsi que d’un atelier spécialisé dans le traitement des tuyautages. Cet ensemble dispose de moyens destinés au contrôle et à l’entretien des composants hydrauliques, ainsi que des bancs d’essai particuliers. De plus, les équipes de bord chargées du montage de telles installations ont été formées aux techniques du montage propre.

L’extension permanente des matériels du genre sur les navires en construction comme sur les bâtiments en réparation nécessite un accroissement des moyens matériels existants (étude en cours) ainsi qu’une codification des méthodes d’études et de montage à bord.

Tant par l’expérience déjà acquise que par l’effort de mise à niveau en cours la DCAN de Brest peut se prévaloir d’un niveau de compétence appréciable en matière d’hydraulique.

L’atelier effectue aussi :
La réparation des moteurs à combustion interne d’une puissance variant de 20 à 1500Cv, dans une nef équipée de 2 box d’essais, Tous travaux d’ajustage et de montage y compris la mécanique de précision.

ATELIER DES MACHINES

 

 

MONTAGE ET ESSAIS DE LIGNES D’ARBRES

Direction des Constructions et Armes Navales – BREST

 

      NOYAU POUR LA S.E.R.E.B.                                                                                       

 

 

     

 


 

SOUS-MARIN GRIFFON

VUE D’UNE NEF DE L’ATELIER

Pour tous travaux de mécanique, la Direction des Constructions et Armes Navales de Brest dispose de moyens de production très variés et d’un personnel qualifié qui permettent de réaliser dans les meilleures conditions les travaux les plus divers.

Usinage 

plus de 200 machines-outils sont implantées dans un vaste atelier de 10 000 M2 desservi par 6 ponts-roulants, dont 1 de 40T

Un des règlements relatif aux heures de cloche, d’ouverture des portes, du commencement et de la fin du travail dans les arsenaux en 1881. Cela ne rigole pas à cette époque.

Un des règlements relatif aux heures de cloche, d’ouverture des portes, du commencement et de la fin du travail dans les arsenaux en 1881. Cela ne rigole pas à cette époque.  

Brest          
Arrêté   

 

Tableau des heures de cloche

Relatif aux heures, d’ouverture des portes, du commencement et de la fin du travail dans les arsenaux.
Paris, le 27 septembre 1881.
Le Ministre de la Marine et des Colonies
Arrêté
Article premier.
Un tableau renfermant toutes les indications d’heures relatives aux différents sons de cloche qui règlent l’entrée et la sortie des ouvriers, ainsi que le commencement et la fin des périodes de travail et de repos, est annexé au présent arrêté.

Le travail doit commencer ou cesser dans tout l’arsenal strictement aux heures fixées par ce tableau.
Toutefois, dans certains cas particuliers, temporaires ou permanents, lorsque les ouvriers travaillent sur un point de l’arsenal, à terre ou à bord, tel que le trajet de ce point à l’emplacement du casier exige près de dix minutes, les heures indiquées au tableau pour le commencement ou pour la cessation du travail, quand celui-ci comporte l’ouverture des casiers, seront retardées ou avancées de la quantité nécessaire, déterminée par un règlement local délibéré en conseil d’administration et dont il est envoyé copie au Ministre.
Article. 2.
Cloche d’avertissement.
Tous les matins, sauf les jours fériés, une heure avant l’heure assignée sur le tableau réglementaire mentionné à l’article 1er, pour le commencement du travail, il y a un son de cloche d’avertissement, en branle, dont la durée est de quinze minutes et à la fin de laquelle les portes à deux battants de l’arsenal sont ouvertes.

Cloche d’appel. 
Après vingt-cinq minutes d’intervalle, la cloche d’appel sonne à toute volée pendant dix minutes et elle continue à tinter pendant les cinq minutes suivantes.

Fermeture des portes.
Au dernier son de ce tintement, les portes de l’arsenal sont closes.
Après un intervalle de cinq minutes, un son de cloche d’une durée de quinze secondes annonce le commencement du travail.
Retardataires.

Retardataires,
Après la fermeture des portes de l’arsenal, les ouvriers en retard ne peuvent plus entrer qu’un à un, en faisant inscrire par un surveillant de chaque service, préposé à cet effet, leurs profession, chantier ou atelier, leur nom, prénoms et grade.
Cette entrée des retardataires n’a lieu que pendant une demi-heure après la fin de chaque cloche d’appel, et pendant le dernier quart d’heure de repos de midi, dans la saison où les ouvriers ne sortent pas pour dîner.
Les bulletins d’ouvriers qui ont franchi en retard, la porte de l’arsenal sont envoyés directement au bureau des travaux des travaux et au service intéressé.
En dehors des heures réglementaires pour les entrées des ouvriers, ils ne peuvent être admis dans l’arsenal qu’avec les permis exigés pour toute personne autre que les officiers et agents entretenus en uniforme.

Repos du déjeuner
La suspension du travail pour le déjeuner, aux époques réglementaires, est annoncée par un son de cloche, d’une durée d’une minute, qui commence à l’heure assignée, sur le tableau des heures de cloche, pour le repos du déjeuner.
La reprise du travail a lieu au moment où cesse un son de cloche, qui commence cinq minutes avant la fin du repos pour le déjeuner.

Repos du dîner sans sortie.
La suspension et la reprise du travail, pour le repos du dîner sans sortie de l’arsenal, se font dans les mêmes conditions de sonneries que pour le repos du déjeuner.

Repos du dîner avec sortie.
La suspension du travail, pour le dîner avec sortie de l’arsenal, est annoncée par un son de cloche d’une durée d’une minute, qui commence à l’heure assignée sur le tableau des heures de cloche pour le repos du dîner ; cinq minutes après, les portes de l’arsenal sont ouvertes et la sortie a lieu sur un son de cloche d’une durée de quinze secondes.
La rentrée des ouvriers est annoncée par un son d’appel à toute volée, d’une durée de quinze minutes, à toute volée pendant dix minutes et en tintement pendant les cinq dernières, commençant vingt minutes avant l’heure assignée pour la reprise du travail : cette reprise a lieu sur un son de cloche d’une durée de quinze secondes. Les portes de l’arsenal sont ouvertes au début de la cloche d’appel et fermées à son dernier tintement.
Pavillons hissés pendant le repos.
Un ou plusieurs pavillons restent hissés dans les points les plus apparents de l’arsenal pendant toute la durée des repos.

Cessation du travail
La cessation du travail, le soir, est annoncés par un son de cloche d’une durée d’une minute, à l’heure assignée sur le tableau réglementaire ; les pavillons sont hissés cinq minutes après la cessation du travail, un son de cloche, d’une durée de quinze secondes, annonce l’ouverture des portes et le commencement de la sortie.

La visite des pompiers

La visite des pompiers pour l’extinction des feux commence au moment de la cessation du travail.

Art.3.

Distribution des marrons.
Les ouvriers, immédiatement après leur entrée dans l’arsenal, se dirigent vers leurs ateliers ou vers les points des chantiers où sont déposés les marrons qui doivent servir à constater leur présence.
Ces marrons portent tous, outre le numéro affecté à chaque ouvrier, des signes conventionnels indiquant la direction ou le service, ainsi que l’atelier, desquels l’ouvrier dépend.
Les marrons d’un même groupe d’ouvriers sont renfermés dans un ou plusieurs casiers fermant à clef, laquelle est remise au maître, chef contremaître, ou à tout autre agent du même rang chargé de procéder aux opérations. Tous les surveillants de service doivent donc être rendus à leur poste au commencement de la cloche d’appel, moment fixé pour l’ouverture des casiers, et ils restent auprès des casiers pendant la durée de ladite cloche, pour remettre eux-mêmes les marrons aux ouvriers, au fur et à mesure qu’ils se présentent.

Art.4.

Remise des marrons dans les casiers.
Après le son de cloche annonçant la cessation des travaux, pour la sortie de l’arsenal, les ouvriers se dirigent vers les casiers, qui sont ouverts à ce moment, et, sous la surveillance du maître, chef contremaître, contremaître ou agent de service, ils déposent dans leurs cases respectives les marrons qu’ils ont reçus à leur arrivée. Il y a donc deux prises et deux remises de marrons par jour, quand les ouvriers sortent de l’arsenal à midi, et il n’y a qu’une seule prise de marrons et une seule remise de marrons, quand ils ne sortent pas à midi.

Art.5.

Diverses sortes de marrons
Les marrons qui n’ont pas été pris le matin ou après dîner sont retirés des casiers, placés dans une boîte attenante et remplacés par des tampons en bois, peints en noir.
Les mêmes tampons sont placés dans les cases restées vides, après le dépôt des marrons, à midi et le soir ; ils représentent les absences.
Les cases affectées à des ouvriers exempts d’appel, malades à domicile ou à l’hôpital, en congé limité ou illimité, et en prison, sot remplies par des tampons noirs présentant en blanc, suivant les cas, les initiales E., M., H., C., P.,
Tout ouvrier qui, après avoir été dans une des positions qui viennent d’être énumérées, revient au travail, doit provoquer, de la part du surveillant de service, l’enlèvement du tampon et la remise du marron qui le concerne, sans quoi il s’expose à perdre sa journée, et aucune réclamation n’est ultérieurement admise.

Art.6.
Durée de la prise des marrons.
La durée de la prise des marrons à l’arrivée est exclusivement limitée à la durée de la cloche d’appel, aussi bien à l’entrée le matin qu’à la rentrée après la sortie de midi ; les casiers ouverts au début de cette cloche, sont fermés au moment où elle cesse, et les marrons ne peuvent plus être délivrés aux retardataires que dans les conditions spécifiées à l’article suivant.

Durée de leur remise.
La fermeture des casiers, après le dépôt des marrons pour la sortie des ouvriers, a lieu dix minutes après la cloche annonçant la cessation du travail, soit cinq minutes après l’ouverture des portes pour la sortie. 

Art.7. 

Admissions des retardataires
Les ouvriers en retard, qui se présentent au maître chargé de leur chantier ou atelier, pendant les cinq minutes qui suivent la fermeture des casiers, sont admis au travail avec une réduction de un dixième de journée ; ceux qui se présentent plus tard, jusqu’à la limite de une demi-heure, après la fermeture des casiers, peuvent être admis également avec une réduction de deux dixièmes.
Lorsqu’ il n’y a point de prises de marrons après le dîner, les ouvriers qui ont été absents pendant la matinée sont admis pour la demi-journée de l’après-midi, s’ils se présentent au maître chargé de leur chantier ou atelier avant l’heure de la cloche annonçant la fin du repos du dîner.
Sur l’ordre des maîtres chargés des chantiers ou ateliers, les marrons sont remis par le surveillant de service aux ouvriers admis comme retardataires ou pour la demi-journée du soir.
L’ouvrier qui n’a pas remis son marron au casier avant la sortie de l’arsenal est considéré comme absent, et perd, ou sa journée entière, ou sa demi-journée, suivant que la journée de travail est divisée, ou non, par une sortie à midi.

Art.8.

Bulletins des absents
Aussitôt après chaque distribution de marrons, le surveillant de service dresse, en double expédition, d’après un modèle déterminé, un bulletin des ouvriers absents ou de ceux admis avec une réduction de journée.

Ce bulletin donne les noms, prénoms, grade, numéros de matricule et de marrons des absents ou retardataires. Il est signé par le surveillant de service et visé par le maître du chantier ou de l’atelier.
Les deux expéditions de ce bulletin sont ensuite portées, dans le moindre délai possible, l’une au détail des travaux, et l’autre à la direction ou au service intéressé.
Des bulletins analogues constatent de la même manière les admissions faites avant la reprise du travail du soir.
Lorsqu’il n’y a qu’une prise de marrons pour toute la journée, ces bulletins sont indépendants de ceux dits de situation, qui doivent être remis, tous les matins, aux officiers chargés des chantiers et ateliers. 

Art.9.

Appel nominal
S’il arrivait que, par un motif accidentel quelconque, la prise des marrons, le matin, ou le dépôt des mêmes marrons, le soir, ne fût pas possible, il y serait suppléé par un appel nominal, fait dans les conditions de temps et de durée énumérées à l’article 6 ; les résultats de ces rappels seraient transmis au surveillant des casiers pour la rédaction du bulletin prescrit à l’article 8.

Art.10.
Surveillance des casiers
Un officier de chaque service doit être présent dans l’arsenal, aux heures des appels, afin de surveiller, au besoin, la prise ou le dépôt des marrons et autres opérations se rattachant à la constatation de la présence des ouvriers.
Il est désigné, à tour de rôle, dans chaque direction, un certain nombre de maîtres de service, lesquels, outre qu’ils veillent au maintien du bon ordre, reçoivent pour mission de s’assurer que les surveillants chargés de présider aux casiers sont à leur poste aux heures réglementaires.
Ces maîtres remettent le lendemain ou de suite, en cas d’urgence, à l’officier de service un rapport dans lequel ils font connaître les chantiers et ateliers qu’ils ont inspectés. Ce rapport est ensuite transmis au sous-directeur avec les observations de l’officier de service, s’il y a lieu. 

Art.11.

Obligations imposées au détail des travaux.

Il est obligatoire, pour les délégués du commissaire aux travaux d’assister, chaque jour, au dépôt des marrons, à la sortie des ouvriers, dans un certain nombre d’ateliers, sans préjudice des contre-appels qu’il est toujours dans leur droit, aux termes de l’article 40 de l’ordonnance de 1884 de faire exécuter, à un instant quelconque de la journée.
Le lundi de chaque semaine, le commissaire aux travaux adresse au commissaire général une note indiquant les chantiers et ateliers dans lesquels ses délégués ont assisté, pendant la semaine, aux opérations ayant pour objet de constater la présence des ouvriers à l’arsenal.

Art.12.

Pièces à communiquer au détail des travaux
Pour assurer l’exécution de l’article précédent, il est remis au commissaire aux travaux l’état des hommes employés dans chaque atelier. Cet état comprend les noms, prénoms, numéros de matricule et de marrons, ainsi que les soldes matriculaires de chaque ouvrier.
Toutes les fois qu’un ouvrier est nouvellement admis, l’agent administratif du service intéressé lui fait donner un numéro de marron et instruit le détail des travaux de l’atelier où l’ouvrier est entré et du numéro qui lui est affecté.
Quand, au contraire, un ouvrier est décédé, a été congédié ou se trouve en état de désertion, son marron est retiré du casier, remplacé par un tampon en bois blanc et remis au maître d’atelier. L’avis de ces mouvements est donné au détail des travaux par l’agent administratif du service intéressé.

Art.13. 

Dispositions concernant la comptabilité et le port des marrons.
Les marrons comptent à l’inventaire de chaque atelier, et les ouvriers en sont responsables envers les maîtres.
La valeur de chaque marron est fixée à vingt-cinq centimes.
Tout ouvrier qui perd son marron doit en faire, sans délai, la déclaration à son chef immédiat, lequel prend des mesures pour que ce marron soit remplacé avant la fin de la journée.
Pendant les heures de travail, l’ouvrier doit porter sur lui le marron qu’il a pris en arrivant, et le représenter à la première réquisition, sous peine d’une nuit de prison.

Art.14. 

Pénalités concernant les surveillants des casiers.
Tout préposé à la prise ou au dépôt des marrons, qui ne se trouve pas à son poste, près des casiers, aux heures et pendant les délais réglementaires, est puni de la perte de sa demi-journée.
Dans le cas où, à la suite d’une enquête administrative, il serait démontré qu’un surveillant a sciemment porté présent un ouvrier non venu au travail, ledit surveillant serait poursuivi conformément aux lois.
À cet effet, les bulletins des absents, signés par les surveillants et transmis par eux, chaque jour, au détail des travaux, sont conservés soigneusement pendant une année, pour servir de pièces de conviction, au besoin.

Publicité à donner au Règlement et au tableau des heures de cloche.

Art.15.

Le présent règlement, imprimé ainsi que le tableau des heures de cloche, est déposé dans chaque atelier, où les agents du personnel ouvrier peuvent en prendre connaissance sur place ; il en est aussi distribué des exemplaires à MM. les chefs de service, officiers, maîtres entretenus, conducteurs et agents de même grade, et le tableau est affiché à toutes les issues de l’arsenal.
Signé CLOUÉ.

 

Monsieur Le Mée Lorient. Demande de renseignements concernant mes Parents

Quelques petites modifications dans les recherches de Monsieur Le Mée.
Son adresse pour pouvoir le contacter.
Son n° téléphone. Pour que les membres, Cousins, cousines, et autres puissent le rencontrer. Tisser des liens avec d’autres membres de sa famille, anciens voisins, de Brest, Quimperlé (Crêperie Ty-Coz, 7 rue DOM Maurice) 1930/1956,). La période dramatique 1939/1945 de ses Grands Parents. Son grand-père homme admirable, très estimé par ses pairs, engagé volontaire 1914/1918, 1939/1945, quatre fois médaillés Légion D’Honneur. Sous Lieutenant au célèbre Cadre Noir de Saumur, hussard, cavalerie 1918/1914. Formateur. Chef de gare à Quimperlé. FAE. Dessinateur industriel à Hennebont. Dénoncé pour faits de Résistance : réseau vengeance, Front Français, résistance Fer (Nuit et Brouillard) disparaîtra à Nordhausen, Caserne Boëlk, V 2, usine en Mars 1945.
Ce monsieur recherche depuis 40 ans, l’existence des siens.
Sur Brest, ses anciens voisins du quartier de baraques de l’Oncor.
Sur Quimperlé, les membres de sa Famille.
Et au niveau National des Renseignements.
Exemple : Brest Archives entreprise Le Joncour Paul, pour son père, décorateur paquebot Antilles, construit à Brest.
Merci pour lui.
Monsieur Le Mée Jean-Paul. Résidence Duquesne Manio. A rue de la Voûte, Lorient.
02/97/64/28/91.
Recherche à sa demande, avec son autorisation pour les renseignements ci-dessus. Recherche sans aucun but Lucratif, de ma part, juste pour rendre service à ce Monsieur.

    Mon père pierre René Marcel Le Mée, 26 mai 1927, Lamballe. Artiste – peintre, décorateur. Engagé volontaire front de Lorient. Maquis de Bannalec, Rosporden. ST Churien-FFI-Bataillon de marche, 2è compagnie, GTAEF 512 avec médaille guerre 1939/1945, Barrette Libération. Époux de Renée Camill Duvail née à Quimperlé 1927 (décembre) Mariage en 1946, (12 enfants)

 

 

 

Bonjour,
Je recherche pour retracer la vie de ma famille, des renseignements concernant la vie de ma famille, dans le quartier du Bouguen, entre 1950 et 1958. Une partie se situe à Brest (dans le quartier du Bouguen). Je ne connais pas l’adresse exacte.

Mon père. Pierre Le Mée, né en 1927. Qui avait rejoints le maquis, a participé au front de Lorient (pour la durée de la guerre) il s’installait ensuite à Brest.
Il était employé, comme graveur sur glace et décorateur, aux grandes miroiteries LE JONCOUR- PAUL. Mon frère Pierrick et moi, étions à l’école maternelle dans le quartier du Bouguen. (Pas de photos de classes). Mon père, avait dans ces année-là, une amie à la Mairie, Mademoiselle COMBOT. J’aurais vivement souhaité retrouver (des documents d’époques) photos, journaux, livres. Notre quartier était alors en pleine reconstruction. Les baraques américaines ont étaient démolies évidemment depuis. Ma mère y avait à cette époque des voisins et Amis. (Les familles Lacresse et Bonniven) dont les enfants étaient dans les mêmes classes que nous. 

 

                                                                                                                        Les Familles Lacresse et Bonniven   

J’aurais plaisir de rentrer en contact avec des membres de ces familles ! Pour relater ce passé, et peut être retrouvé des photos de nos familles. Un autre de mes frères est né à Brest en 1954. Jean Luc). J’ai eu des contacts avec la mairie (mais je comprends que le temps leur manque et qu’ils ne détiennent pas les archives de cette époque). Mes recherches, Brest Métropole Habitat, anciennement le service de relogement provisoire en baraques, mairie de Brest, l’association des amis du Bouguen, que j’ai mandaté pour essayer de retrouver des éléments de ma jeunesse. Monsieur Mérienne Yvon, ancien employé de l’entreprise Paul Le Joncour. Mon père travaillé aussi en cabine de sablage. il allait aussi aux répétitions du Bagad Brest Saint Marc, 1954/1955. Mon frère Pierrick né à Quimperlé en 1947, se rappelle les séances de cinéma, le Celtic, Select. Quand nous sommes arrivés sur Brest mon père nous a trouvé un logement rue Sébastopol (n° ?) près de son travail(1950).

D’après ma Mère, une habitation insalubre, suite aux bombardements) Nous étions comme beaucoup sinistrée, cela nous a permis d’avoir un logement dans le quartier de l’ONCOR AU Bouguen, nous trouvons des traces de notre passage dans les archives de Mr Perhirin Georges. J’ai le souvenir d’un camion de charbon et de petit-bois (bûchettes) avec de ligatures de fil de fer. Notre père avait décoré notre chambre sur le thème. Placid et Muso et Pif. Pif. Illustrés du Parti communiste de Brest (Humanité, Ouest –Matin, qu’il allait distribuer en fin de semaine avec sa cellule (Bouguen, ou zone la plus proche) ? à cette époque, le plus gros marchand de boissons, limonades, charbon de Brest (Étant sympathisant du P.C leur donnait de l’argent et prêtait ses camions.
Mon père sortait de la résistance (Maquis, Front de Lorient, 2e DB, rangers Bataillon GTEF.512. (Médaillé de l’ordre de libération) La Bretagne n’était libérée que depuis cinq ans en laissant d’affreuses cicatrices à vifs, dans la pierre et les hommes, dont mes Grands Parents, mes Parents, et même nous les enfants subissions encore les privations de cette guerre. Mon grand-père chef de gare F.A.E. à Quimperlé (SNCF) au moins depuis 1942, était dans la Résistance (agent de Londres) armes, émetteur récepteur, faux papiers organigrammes, sabotages, etc. Front national, Résistance Fer, à son domicile 7 rue Dom Motrice, quatre fois médaillés dont Légion D’honneur, dénoncé par quelqu’un de très proche ! Et le surveillant, d’après un interprète alsacien (Sauër) Feld kommandantur) qui a eu la lettre entre les mains et reconnu l’écriture (dossier, lettre au tribunal de Quimper avec simulacre de procès) sans doutes encore aux Archives départementales. Rue Henri-Bourde de la Rognerie. Quimper.

 
J’ai à plusieurs reprises fait des demandes de communication, ainsi qu’aux ministères des Armées, Archives de la défense à Versailles, tout cela sans résultats. 40 ans de démarches, sans parler, de nombreuses démarches afin de retrouver ses dossiers du Cadre Noir de Saumur 1919/1936 en plusieurs missions, avec un bureau en Seine- Centrale, sous lieutenant, cavalerie-hussard, engagé volontaire (1914/1918, là aussi, on m’a dit qu’il n’y avait plus rien, textuellement selon le bureau à Saumur du Président des amis du Cadre Noir, tout aurait disparu (censure ?) Alors que par téléphone l’ancien Président m’assurait que je recevrais dossiers, documents, photos en 2015/2016 que tout était conservé quel était ce bureau de recrutement à Paris ? Car il est marqué sur la seule feuille militaire, en ma possession, toutes ses campagnes, matricules, missions, même pendant son emploi SNCF, Quimperlé-Lamballe, qu’il quittait souvent pour ce bureau en Seine-Centrale, ou il est passé officier le 13/02/1936 (C.M. 12272- 2¬/10- F5em 29/11/35 et la CV 2248- 2/11, 24/02/1927, dans les années 35/38, petit mon Père l’accompagnait au cours de ses voyages, mon grand-père le déposait dans la famille à Paris.

 


Et pour finir cette recherche comme j’avance dans l’âge, je cherche des renseignements sur cette société, de Miroiterie, Le Joncour Paul, qui a fermé sans archives laissant à l’entreprise
SAPM a été créé en 1983 lorsqu’une partie des salariés de l’ancienne société Le Joncour ont racheté leur outil de travail pour créer une société coopérative de production, la SAPM, pour Société Armoricaine des Produits de Miroiterie. Situé 16 rue de l’eau blanche, à Brest, SAPM
Un autre miroitier de Guipavas ancien de Le Joncour Paul a aussi ouvert son entreprise.
Mes parents ont du quittés Brest en Catastrophe, et aussi la maison Le Joncour, fin 1958. pour rentrés sur Quimperlé 7 rue Dom Morice crêperie TY-COZ, malheureusement en laissant tout derrière nous, meubles, vaisselle, vêtements, papiers, la Mairie de Brest à l’époque a mit  au garde meubles, mais ou ? Mon père distribuait le dimanche des tracs pour la paix en Indochine, avec François Echardour, Edouard Mazé, Henri Martin, incarcéré, mon père se retrouvait souvent au commissariat du secteur ou il a connût quelques violences ! mon père a aussi gravé les grandes glaces du Paquebot, « Les Antilles » 12 signes du Zodiaque, un Chris en croix, ce paquebot de luxe baptisé à Brest en 52/53 ? A sombré le 8 janvier 1971, suite à un incendie (Iles Moustique).

  Mes grands-parents. Pierre et marie Louise -Cudon/le Mée (1938), et mon Père Pierre Le Mée né Lamballe 1927-rue De Brouin.

Fort du Bouguen, rempart face à la mer, 1955. Pierrick et Jean Paul le Mée, à gauche

Pierrick, Jean Paul: Le Mée. Bouguen Foyer Oncor/1954. Les deux à l’école de Traon -Quizac

Années 1954/1955. Brest Bagad Brest St Marc, Bombarde de Pierre Le Mée. JP à gauche- Pierrick à droite

  A locunolé, devant le commerce de Clémence Pézennec, née Duvail. Mariage en 1926. sur la photo( Tantes, Oncles, Grand/ Mère Duvail. Le Clanche. Briant De Botcozel (Gouiskett). Maman: Duvail/Le Mée, Renée. Camille est sa petite fille, donc mon arrière grand mère. avec les Rouat, de Moëlan/ Quimperlé.

Mes Parents. Mariage à Quimperlé 1946. 13 enfants, domicile, 7 rue Dom Morice.

 

 


 

 

 

 

QUARTIER DE BARAQUES DU BOUGUEN VILLE DE BREST PHOTOS

NOTRE JEUNESSE INSOUCIANTE, NOS JOURS HEUREUX AVEC NOS PARENTS. AVOIR 14 ANS EN 1960.

JE VOUS PARLE D’UN TEMPS…NOTRE JEUNESSE INSOUCIANTE, NOS JOURS HEUREUX AVEC NOS PARENTS. AVOIR 14 ANS EN 1960.
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Que les moins de 20 ans…

Si nous, les enfants des années 50-60 regardons en arrière, cela peut paraître incroyable que nous ayons réussi à vivre si longtemps.
En effet, lorsque nous étions enfants, nous nous promenions en auto sans ceinture de sécurité ni Airbag et les rares voitures de l’époque n’avaient bien entendu ni ABS ni direction assistée et encore moins l’EPS…

Nous vivions dans des maisons ou des baraques en bois dont les murs étaient peints avec des peintures au plomb. Les WC étaient souvent situés à l’extérieur  Sauf les UK 100. Baraques américaines, et l’eau chaude venait d’une bouilloire posée sur la cuisinière à charbon. Il faisait très froid en hiver,   beaucoup trop chaud en été mais, faute de mieux, on s’en accommodait. Il n’y avait pas de bouchon de sécurité sur les bouteilles d’eau de Javel, d’alcool à brûler ou les boites contenant des produits ménagers. 

Il n’y avait aucune mise en garde avec des photos morbides sur les paquets de cigarettes et,

lorsque nous partions faire une balade sur nos bicyclettes bricolées à partir de pièces de récupération et que nous foncions dans les descentes sans trop nous soucier si nous avions des freins, nous n’étions pas équipés de casques de protection réglables à nos tours de tête. Ce n’est qu’après quelques sorties de routes et quelques écorchures sans gravité qu’on essayait de solutionner l’éventuel problème de freinage…

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Photos Baraques

Les baraques américaines
Martine Guyomard, Jacqueline Héro, Claudine et Rose Marie Cortes

Bouguen nord
Martine Guyomard, Jacqueline Héro, Claudine et Rose Marie Cortes

 

 

 

 

 

 

 

Le Landit en 1966
Ecole de Lanredec, en gros plan : Monique Darden et Martine Guyomard. Institutrice : Madame Pateau