Lorient. Près des lavoirs du Rouho grandit la baraque

Lorient. Ici revivent les baraques

Source de l’article, des Photos. Le Télégramme, archives municipales de Lorient, paroles des habitants.

Sophie Prévost

L’ancien temple protestant vannetais va reprendre vie à Kerentrech. La baraque d’après-guerre sera lieu de mémoire et d’Histoire. De bon matin, sur le terrain voisin aux lavoirs du Rouho, des ouvriers s’affairent. Les fondations terminées, cela prend forme. Les premières planches de bois préfigurent la surface d’un bâti particulier. Ici, sur ce chantier d’insertion mené par l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), sera reconstituée une baraque d’après-guerre.
Un temple protestant jusqu’en 2018
Voilà une baraque témoin des circonvolutions de l’Histoire. Imaginez qu’elle abritait, jusqu’en 1956, un temple protestant, ici à Lorient. Puis, elle a été démontée. Pour revivre à Vannes. Tout en restant un lieu de culte. Cela devait durer cinq ans.
Au final, le temple protestant « vivra » en l’état 62 ans. Jusqu’en octobre 2018, moment où, fort des fonds nécessaires, le conseil presbytéral de l’Église protestante unie de Vannes Morbihan Est peut lancer la construction d’un nouveau bâtiment répondant aux normes de sécurité.

L’ancien temple protestant vannetais va reprendre vie à Kerentrech. La baraque d’après-guerre sera lieu de mémoire et d’Histoire.

La journée du Patrimoine

Un temple protestant jusqu’en 2018

Un lieu de pédagogie

Seulement, dans la ville aux cinq ports, le mot baraque à une signification toute particulière. Au-delà de l’habitat provisoire, elle reflète la période d’après-guerre, où des familles lorientaises se reconstruisaient à l’abri des bombes, où toute une génération a grandi.

Voilà longtemps que d’anciens résidants, réunis dans le collectif des baraques de Lorient, sollicitaient la municipalité, souhaitant une réhabilitation, miroir d’une période de « sérénité retrouvée ».

Et puis, il y a Mémoire de Soye qui, depuis 2002, donne à comprendre à Plœmeur ce qu’était le logement d’urgence.

« Il y a d’un côté et de l’autre des approches scientifique et sensible. Tout le pari du projet est d’en faire la synthèse », explique Emmanuelle Williamson, adjointe à la culture. Un comité de pilotage va se mettre en place avec l’ensemble des acteurs.

La baraque sera ainsi un lieu « de mémoire vivante, de pédagogie et d’Histoire ». Pour ceux qui ont vécu dans ces habitats provisoires, la promiscuité s’estompe derrière le sentiment de vie collective : « Ce qui reste, c’est le vécu ensemble. »

Une expo autour de l’habitat provisoire

Vincent Gragnic, historien, consultant sur le projet, a mené une étude qui sera restituée au comité de pilotage. Le second volet de son travail sera de définir un cahier des charges pour la scénographie.

Par ailleurs, en lien avec les Journées nationales de l’architecture, une grande exposition sera consacrée autour de l’habitat provisoire, à l’Hôtel Gabriel.

Reconnue ville d’art et d’histoire en 2005, « Lorient, bien que modestement reconstruite en urgence après la guerre, a été pensée de façon multiple et le tracé initial de ses rues a été maintenu », aime à dire Pascal Debard, président de la Maison de l’architecture et des espaces de Bretagne.

Car Lorient, souvent considérée comme une ville atypique, est peu à peu devenue une ville d’architectes offrant de nouveaux paysages urbains. « C’est une ville à l’architecture particulière et remarquable parfaitement assumée, souligne Emmanuelle Williamson, adjointe, et qui, dans sa forme, donne le sentiment d’une ville sans tabous. »

« Préfabuleux » ou le temps des baraques

Baraques ville de Lorient

C’est par le regard d’Elisabeth Blanchet, que nous est contée en trente-trois photos – avec témoignages et visites interactives – l’histoire de ces baraques, de leurs habitants qu’elle a rencontrés, « de leur attachement à leur maison préfabriquée, en Bretagne ou ailleurs, au Royaume-Uni ou aux États-Unis ». En écho à ce travail, les Archives présentent une sélection de documents originaux illustrant la vie singulière de ces années baraques lorientaises.

Baraque Lorient

Près de L’ancien lavoir Lorientais du Rouho. L’association de formation professionnelle des adultes (AFPA) y a engagé un chantier d’insertion. Remontage d’une baraque)  

Les lorientais entretiennent, depuis 2002, la mémoire des baraques qui ont fait la reconstruction de la ville après la Seconde Guerre mondiale. Trois d’entre elles, classées aux Monuments historiques. Se visitent à Ploemeur. Une autre est en cours de remontage à Lorient. Un patrimoine muséographique unique en Bretagne est en train de se dessiner, soutenu par la Ville, mais initié par les passionnés.

C’est une ancienne baraque collective, qui avait accueilli un temple protestant, de 1947 à 1956. Une parmi les 3500 bâtiments du même type, où ont été relogées 15 000 personnes, dans un Lorient complètement rasé par les bombardements. Cette baraque en bois s’est retrouvée pendant cinquante ans à Vannes, dans l’enceinte de l’Église protestante unie de France, qui a finalement souhaité, l’an dernier, s’en débarrasser. Le bâtiment en bois aurait pu finir en palettes.

Un bel alignement des planètes a fait le reste. Il y avait, déjà bien visible sur le terrain patrimonial lorientais, l’association « Mémoire de Soye ». Depuis 2002, des bénévoles ont eu à cœur de récupérer et remonter les premières baraques, transformées en espace muséal sur le pays de Lorient. Situées à Ploemeur (qui se trouvait sur le périmètre lorientais après-guerre), les trois habitations de construction française, américaine et canadienne présentent une restitution de trois intérieurs familiaux, tels qu’on pouvait les envisager avant les années 1950, dans l’une des plus importantes des 42 cités de l’époque.

Une initiative « Unique en France »

« Nous avons été les premiers sollicités par l’Église réformée de Vannes. Mais comme on ne peut pas tout faire et qu’on avait connaissance d’un autre collectif qui cherchait à créer un lieu de mémoire à Lorient, nous avons renvoyé la demande sur la ville », commente le président Mickaël Sendra.  À Lorient, en effet, le collectif de baraques de Keryado, devenu Collectif des baraques de Lorient,  militait de son côté aussi, depuis 2005, pour qu’une baraque vienne rappeler aux plus jeunes cette période fondamentale de l’histoire.

Il y a eu des années de faux espoirs. « Nous n’avons affaire qu’à des passionnés. C’est vrai qu’ils dû beaucoup patienter. Ce n’était pas du désintérêt de notre part, commente l’adjointe à la culture de la Ville de Lorient, Emmanuelle Williamson. Mais avant la proposition vannetaise, nous n’avions jamais eu d’aussi belle opportunité ».

Ensuite ? «  Un projet scientifique a été commandé par la ville, une scénographie va suivre pour faire de cette baraque une espace muséographique, complémentaire avec Soye.

Nous voulons proposer un parcours visiteur d’histoire et de mémoire à la pointe, unique en son genre en France. BREST n’a rien. SAINT-NAZAIRE n’a rien.

Et l’habitat provisoire, alors que les camps de migrants sont tristement d’actualité, ça interpelle», poursuit Emmanuelle Williamson.  

Famille Hendrycks. Hendrycks (rue Arthur) Quartier Du Bouguen

En 1979, la municipalité décide d’honorer un Brestois d’adoption qui a été à plusieurs titres un honneur pour la ville. Arthur Hendrycks naît en 1891 en Belgique, où son père est rémouleur et parcourt les rues des bourgs, poussant sa charrette pour affûter les couteaux.

  
 

Un jour, ce même père par à pieds avec sa famille pour chercher fortune. Ils marchent en direction de l’ouest et parcourent en quelques semaines les 1 200 kilomètres qui les amènent à Brest. Arthur a 13 ans. Il assiste déjà son père, notamment pour appuyer sur les pédales et faire tourner la meule. En 1911, « Tutur » (surnom amical) a 20 ans et, bien que devenu « Ti zef » (brestois en langage populaire), il est toujours belge. Il doit reprendre le chemin de son pays pour effectuer son service militaire. Le premier conflit mondial  éclatant, c’est sous l’uniforme  belge qu’il enchaîne la Grande Guerre. En mars 1917, il se marie avec une Française, Marie Weiss.

Marie Weiss

Le 19 avril 1919, il est démobilisé. Il est maréchal des logis. Mais lorsqu’on a vécu à Brest, on a envie d’y revenir. C’est donc ce que fait « Tutur Hendrycks » dès sa libération. Employant sa prime à l’achat de matériel, il reprend son métier de rémouleur entre Saint – Pierre et Saint – Marc. Puis très vite, il va avoir un coup de foudre. Comme d’autres peuvent découvrir le pôle Nord, lui découvre le vélo.

Quartier du Bouguen. Photo collection Famille Hendrycks, avril 1954, devant la baraque de ma tante Mme Le Gall Robert, baraque A 6 Bis Bouguen Nord Est, le jour du circuit du Bouguen, avril 1954. Le circuit le 25 avril 1954, avec pour vainqueurs, 1er Mel Francis, 2er Hamon, 3er Kermarrec R.

Ayant acquis une bicyclette rutilante, il participe en 1920 à sa première course. À près de 30 ans, sans jamais s’être entraîné, il termine troisième. Son destin de cycliste est en route. En 1924, il a déjà gagné plus de 200 courses dans tout l’Ouest. C’est la consécration. Il va disputer le Tour de France dans la catégorie des touristes routiers.

Pourquoi l’article sur la Famille Hendrycks, ayant habité, quartier Du Bouguen, cette Famille des baraques,   glorifie, aussi le peuple des quartiers des logements provisoires. Respect à vous et à vos anciens.      

Tour de France 1926.


Tour de France 1926.

Malheureusement, souffrant des chevilles, il doit abandonner lors de l’étape Brest/Les Sables d’Olonne. L’année suivante lui sourira davantage. Il se classe vingt – deuxième de la grande boucle, qui est alors une véritable odyssée. Il subit 72 crevaisons. Les dérailleurs n’existent pas. Pour des étapes de 450 kilomètres, on part à 2 heures du matin pour arriver à 8 heures du soir. E tant que coureur indépendant, Hendrycks doit s’occuper  de tout : sa nourriture, son couchage à l’étape, les pièces de rechange, etc. (Que feraient nos sportifs d’aujourd’hui ?) Il prend encore le départ du Tour de 1926, mais victime d’une chute collective et blessé, désespéré, il ne pourra terminer. Il a maintenant 35 ans, et il faut penser à l’avenir. Pour entrer à l’arsenal, il se tait naturaliser français. Il y sera riveur pneumatique jusqu’en 1942,

date à laquelle il prend sa retraite. En parallèle, il anime des courses locales au vélodrome de Kerabecam.

Il en deviendra la coqueluche jusqu’à sa fermeture en 1936. Ne pouvant rester inactif, il reprend son métier de rémouleur, mais les bombardements détruisent son matériel. Il en faut plus pour le décourager. Il entre dans la défense passive et aura une activité de propagandiste résistant. Il s’occupe également de l’hébergement de résistants en mission. Il fait ainsi son devoir et même un peu plus. Le ministre de l’Intérieur lui adressera personnellement sa gratitude. Après la guerre, on le retrouve de nouveau rémouleur, et en 1946, « Tutur » se motorise. Il achète une 301 qu’il modifie en atelier.

La Peugeot, 301.

Il parcourt encore longtemps les routes du Finistère avant de disparaître à Brest en 1977.      

Article Gérard Cissé Brest au coin des rues, (Petites histoires des quartiers Brestois).  

  

Arthur Hendrycks

Les tours de France d’Arthur HENDRYCKS
D’après le site http://www.memoire-du-cyclisme.net
1924
Engagé dans la catégorie  » Touristes routiers  » avec le dossard n °266 sous la nationalité Belge (naturalisé français le 11/11/1925).
Les étapes du 22/06/1924 au 20/07/1924
1. Paris-Le Havre, 381 km, 73ème à 1h 17mn 4s
2. Le Havre-Cherbourg, 371 km, 77ème à 1h 27mn 21s
3. Cherbourg-Brest, 405 km, 63ème à 1h 03mn 55s
4. Brest-Les Sables d’Olonne, 412 km, non classé, au-delà du 97ème rang ou abandonne…
5. Les Sables d’Olonne-Bayonne, 482 km.
6. Bayonne-Luchon, 326 km.
7. Luchon-Perpignan, 323 km.
8. Perpignan-Toulon, 427 km.
9. Toulon-Nice, 280 km.
10. Nice-Briançon, 275 km.
11. Briançon-Gex, 307 km.
12. Gex-Strasbourg, 360 km.
13. Strasbourg-Metz, 300 km.
14. Metz-Dunkerque, 433 km.
15. Dunkerque-Paris, 343 km.
1925
Engagé dans la catégorie  » Touristes routiers  » avec le dossard n °142 sous la nationalité Belge (naturalisé français le 11/11/1925).
Les étapes du 21/06/1925 au 19/07/1925
1. Paris-Le Havre, 340 km, classé 83ème à 2h 07mn 02s
2. Le Havre-Cherbourg, 371 km, classé 88ème à 2h 04mn
3. Cherbourg-Brest, 405 km, classé 69ème à 2h 08mn 05s
4. Brest-Vannes, 208 km, classé 56ème à 56mn 52s
5. Vannes-Les Sables d’Olonne, 204 km, classé 64ème à 19mn 25s
6. Les Sables d’Olonne-Bordeaux, 293 km, classé 64ème à 24mn 02s
7. Bordeaux-Bayonne, 189 km, classé 61ème à 43mn 55s
8. Bayonne-Luchon, 326 km, classé 59ème à 4h 32mn 54s
9. Luchon-Perpignan, 323 km, classé 52ème à 3h 17mn 06s
10. Perpignan-Nîmes, 215 km, classé 55ème à 46mn 29s
11. Nîmes-Toulon, 215 km, classé 40ème à 51mn 26s
12. Toulon-Nice, 280 km, classé 48ème à 1h 11mn 05s
13. Nice-Briançon, 275 km, classé 51ème (et dernier) à 3h 29mn 37s
14. Briançon-Evian, 303 km, classé 48ème à 2h 31mn 26s
15. Evian-Mulhouse, 373 km, classé 49ème à 2h 17mn 15s
16. Mulhouse-Metz, 334 km, classé 44ème à 1h 02mn 31s
17. Metz-Dunkerque, 433 km, classé 39ème 1h 52mn 35s
18. Dunkerque-Paris, 343 km, classé 43ème à 46mn 53s
Finalement :
 » 130 partants
 » 49 classés
 » Arthur Hendrycks est 47ème à 30h 26mn 16s, après 5430 km à la moyenne de 24,775 km/h pour le vainqueur Ottavio BOTTECCHIA en 219h 10mn 18s
1926
Engagé dans la catégorie  » Touristes routiers  » avec le dossard n °164 sous la nationalité française (naturalisé français le 11/11/1925).
Les étapes du 20/06 au 18/07/1926
1. Evian-Mulhouse, 373 km, 67ème à 2h 16mn 37s
2. Mulhouse-Metz, 334 km, 85ème à 1h 34mn 38s
3. Metz-Dunkerque, 433 km, 88ème à 3h 36mn 47s
4. Dunkerque-Le Havre, 361 km, non classé (abandon ?)
5. Le Havre-Cherbourg, 357 km
6. Cherbourg-Brest, 405 km
7. Brest-Les Sables d’Olonne, 412 km
8. Les Sables d’Olonne-Bordeaux, 285 km
9. Bordeaux-Bayonne, 189 km
10. Bayonne-Luchon, 323 km
11. Luchon-Perpignan, 323 km
12. Perpignan-Toulon, 427 km
13. Toulon-Nice, 280 km
14. Nice-Briançon, 275 km
15. Briançon-Evian, 303 km
16. Evian-Dijon, 321 km
17. Dijon-Paris, 341 km

C’est beau, c’est tendre, ça raconte des histoires d’hommes et de baraques. Celles de la reconstruction, de l’après-guerre. À Lorient, ça nous parle. Une expo à voir absolument à l’Hôtel Gabriel. Article Ouest France

Elisabeth Blanchet, photographe.

À L’Hôtel Gabriel, en immersion dans une baraque: Vanessa Hue, directrice adjointe du Patrimoine, Mickaël Sendras, président de Mémoire de Soye: Xavier Argotti, président de l’association Préfab; Elisabeth Blanchet, photographe; Bruno Blanchard, adjoint; Patricia Drenou, directrice du Patrimoine; Emmanuelle Williams adjointe Article ouest France avec les photos.

À Lorient, 2019, c’est l’année des baraques. Après l’inauguration, lors des Journées du patrimoine, d’une baraque reconstruite près des lavoirs du Rouho, voilà l’acte II. Une expo qui s’appelle Préfabuleux, à découvrir absolument à l’Hôtel Gabriel. Bien joli nom qui met autant l’homme que le bâti au cœur des photos.

« Elles étaient censées durer dix ans. Soixante-quinze ans après, elles sont des milliers encore habitées. » Elisabeth Blanchet a baladé son œil et son appareil photos au Royaume-Uni, – elle a résidé quinze ans à Londres -, et aux États-Unis. En quelque sorte, elle est devenue une « experte des baraques d’après-guerre », glisse-t-elle dans un large sourire. En 2014, elle a même créé un musée.

À ce jeu de passionnés, elle a trouvé un compère « dénicheur de baraques » dans la personne de Mickaël Sandra. 36 ans. La moitié de sa vie à présider Mémoires de Soye. Association bien connue, ici, dans le pays de Lorient, où le mot « baraques » a une place si particulière dans les cœurs de nombreuses familles.

« Comment j’habite ma maison »

Ces maisons si fragiles, « ce patrimoine mal connu, mal perçu », renvoient à l’heure où des villes étaient quasiment rayées de la carte, où des populations ont dû être évacuées. Et puis, quand sonne le retour, il a fallu « reconstruire. » Vite. Comme on pouvait. Dans ces baraques, – « on les appelle maisons de cartons au Havre » -, des solidarités se sont construites sur de la précarité. Oui, c’est de l’architecture (on est en plein dans la semaine), mais c’est aussi notre héritage.

Et c’est actuel. « Cela nous pose cette question : comment j’habite ma maison ? » Emmanuelle Williamson, adjointe à la culture, met en exergue que Lorient a joint le club Prismes des villes reconstruites (18 adhérentes). « L’idée est de partager avec les autres communes les problématiques d’architecture. » Cela interroge le vieillissement des bâtis, leurs isolations, l’accessibilité pour des populations de plus en plus âgées. Avec l’envie de « garder le cachet » propre à ces habitations. 

Outre l’implication de Xavier Argotti, président de l’association Préfab, l’exposition offre un tendre regard sur ces baraques d’ici et d’ailleurs. À travers des animations pour les enfants, des visites découvertes, le public pourra affiner ses connaissances. Et pour aller plus loin, une journée d’étude a lieu le 6 février sur les préfabriqués.

visite commentée de l’exposition, à l’Hôtel Gabriel, dans l’enclos du port. Entrée libre. Exposition visible jusqu’au 14 juin.

Baraques type UK 100, ville de Lorient
Un quartier de Baraques Lorient, source photos Archives Lorient, Télégramme, Ouest France
Lorient
Soye Baraque
Olivier et Georges, de Brest en visite à Lorient pour l’exposition.

Brest- La nouvelle gare

La nouvelle Gare de Brest. Le chemin de fer est arrivé à Brest en 1865 après la construction du viaduc de Morlaix. La première gare est inaugurée le 25 avril 1865. Le trajet pour Paris durait alors 18 heures. Le bâtiment voyageur actuel est construit en 1936 et 1937 par Urbain Cassan dans un style Art déco.

Brest- La nouvelle Gare. Source Photo Famille Le Goff.
Photo de la gare de Brest (Finistère) prise par Claxton Ray US Army en 1944.

 
La gare de Brest 2019.

Hommage aux fusillés du Bouguen

Jean Pierre Le Roi. Guilers. Rends un hommage pour les 75 ans de la libération, de la ville de Brest à des hommes qu’ils sont pour lui à juste raison des héros.

Les Souvenirs d’un Ancien du Bouguen un devoir de mémoire pour lui, jean Pierre le Roi.
Il y avait au Bouguen, une grande église une baraque en bois noir.

La grande église du Bouguen

Où s’installaient les cirques ambulants, avec leurs chevaux et roulottes. Sur cette même pelouse dans les années 50, nos parents étalaient des couvertures pour causer surveillant les enfants qui jouaient. Sans imaginer que sous leurs pieds, dans le sol, reposés des héros, des martyres, des inconnus pour le moment. En juin 1962 au moment de la construction de L’IUT, des ouvriers découvraient une fosse refermant de nombreux ossements.

Grâce à certains objets personnels trouvés parmi ces ossements, on arrivait à identifier les restes, grâce à leur alliance notamment, comme étant ceux des résistants Sainpolitains, mêlés à ceux de résistants brestois. C’est donc non loin d’ici, dans les douves de la prison du Bouguen dont les Allemands avaient pris possession dès l’été 1940 et où ils avaient dressé les poteaux d’exécution, que s’est achevé le combat de ces héros. Leurs corps furent ensuite enterrés pêle-mêle quelque part dans le champ de tir proche de la prison, là où nous nous trouvons.
Nous avons, nous association des Anciens du Bouguen, organisé une cérémonie, en hommage aux valeureux Martyres. Mis une plaque en bronze en hommage aux fusillés du Bouguen. Pour l’histoire cette plaque, volée par des personnes amorales. La stupidité humaine se trouve aussi là, dans cette action.


Nous possédions un dossier complet retrouvé dans des archives, retraçant cet épisode tragique, en toute confiance nous l’avions confié, à un étudiant de Saint Pol, pour son travail personnel, avec la promesse d’un retour. En guise de retour, nous n’avons rien vu revenir, comment ensuite faire confiance à d’autres personnes de bonne fois.

Selon Guy Caraes, c’est très probablement faute d’avoir pu constituer à temps un convoi susceptible de quitter Brest avant que les Américains n’y mettent le siège qu’un commandant allemand (non identifié à ce jour) a donné l’ordre de « liquider » les 52 prévenus de l’enclave de Pontaniou, arrêtés depuis la fin du mois de juin 1944 et, donc, en attente de jugement. Les 52 personnes seront toutes fusillées sans autre forme de procès au Bouguen. Parmi elles, les résistants brestois Viaron, Hily et Kervella, membres du corps franc “Défense de la France”.
Un habitant de la rue de Roubaix, évacué avec quelque irréductibles le 14 août 1944 apporte un témoignage vécu qui permet de préciser certains points du récit.
Les fusillés de 1944 : Fin 1943 ou début 1944, l’occupant, envisageant une possible attaque de la citadelle brestoise par voie de terre, décida de fermer, côté douve, par des murs de béton, les tunnels de la porte Castelnau et de l’abri côté Moulin à Poudre. Ceci au grand dam des usagers qui ne se sentaient plus en sécurité dans l’abri à une seule issue. Conséquence de cette décision : l’accès aux douves par la porte de Castelnau

La porte Castelnau
Nos anciens prisonniers

n’étant plus possible, les exécutions eurent lieu désormais dans le stand de tir, situé non loin de là, à l’intérieur des fortifications où furent dressés les poteaux d’exécution. Le père de ce témoin, alors chef de bureau à la Mairie, lui a confié que l’occupant exigeait la présence du Maire de Brest, Monsieur Euzen, à ces exécutions.

Plus de photos, et de souvenirs, sur le site nos souvenirs d’hier
En prolongement du présent article, la page « LE BOUGUEN Souvenirs ! »

Jean Pierre Le Roi

La prison du Bouguen





Châteauneuf-du-Faou. Le pont du Roy

      Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   
Jean-Noël Potin

Bâti en schiste et granite, le vieux pont de Châteauneuf-du-Faou, aussi appelé pont du Roy (ou pont de la Nation durant la révolution), enjambe, non sans élégance, l’Aulne canalisé. La rivière était sans doute moins apprivoisée à l’époque de sa construction, sous Louis XIII, vers 1638. L’ouvrage, qui tenait son nom du moulin du Roy situé non loin, a remplacé un gué datant de l’Antiquité, facilitant ainsi les déplacements en direction du Sud-Finistère. Quand le canal a été rendu  navigable à partir de 1836, la rivière a été élargie et le tablier du pont a été prolongé, côté sud. Parallèlement, l’ouvrage a été amputé de l’arche la plus au nord, en 1871, afin de permettre le passage des péniches. Un parapet en fer a remplacé celui d’origine, réalisé en maçonnerie. Signe distinctif du pont, ses six avant-becs, en forme d’éperon, destinées à protéger l’ouvrage du courant et contribuant grandement à son esthétique.   

Commerce florissant

Le canal de Nantes à Brest fut voie commerciale d’importance. « Autour du pont, toutes les maisons avaient des portes cochères car elles servaient d’entrepôt », Souligne Marie-José Duigou, présidente des Amis de Châteauneuf. On importait du vin, du maërl, de l’engrais, et on exportait du bois, des pommes de terre, et les ardoises de Saint-Goazec et Châteauneuf. Au bout du pont, côté sud, se dresse toujours la maison de Lisle, famille de négociants. La propriété fut par la suite rachetée par James de Kerjégu, propriétaire du domaine de Trévarez situé un peu plus au sud. Une façon peut-être de se ménager un accès au canal, par où allaient transiter les matériaux utiles à la construction du futur château à partir de 1847.

Une cale à proximité du pont a longtemps servi de lieu de baignade dont parlent encore les anciens. Une vocation aujourd’hui reprise par la base nautique située de l’autre côté du nouveau pont, parallèle à l’ancien. Sa construction a débuté en 1928. C’est dans ce cadre vert et fleuri en bordure de l’Aulne qu’une guinguette s’est nichée et que se tient chaque année le fameux Fest Jazz.

 Le saviez-vous ?

Le peintre Paul Sérusier, qui a beaucoup vécu à Châteauneuf à partir de 1893, est tombé sous le charme du pont de Roy et de ses abords. En 1894, il avait campé l’édifice dans son tableau « Le pardon de Notre-Dame des Portes à Châteauneuf-du-Faou », Aujourd’hui exposé au musée des beaux Arts à Quimper.  

Le pont du Roy a été construit au XVIIᵉ siècle. Archive Le Doaré-Châteaulin
Le nouveau pont a été construit à la fin des années 20. Photo Claude Prigent

Châteaulin. Les belles courbes du viaduc

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   
Loïc L’Haridon

Franchir l’Aulne,  à Châteaulin, n’a jamais été une sinécure. Depuis l’avènement de l’automobile, ça coince. Sur cette dernière portion du canal de Nantes à Brest, les projets de nouveaux ponts, serpents de mer quinquagénaires, prennent régulièrement le bouillon.

Cœur de la cité Pen Eog (tête de saumon), il y a trois façons de changer de rive : La passerelle piétonne de 2009, aussi imposante que controversée ; l’étroit pont routier qui a failli sauter pendant la guerre ; et, depuis 1906, le viaduc, ouvrage d’art remarquable aux courbes originales.  Ce pont curviligne de 165 mètres de long compte onze arches de maçonnerie. Sa construction, en pierre de Kersanton (Logonna-Daoulas) et granite de Pontivy, s’est étalée de 1905 à 1906. Elle a nécessité d’importants moyens pour l’époque. Des moyens mis en œuvre par Eugène Sanson, ingénieur des ponts et Chaussées. C’est que l’enjeu était de taille : désenclaver le Centre- Bretagne. Il s’agissait de relier la ligne Carhaix-Châteaulin du réseau breton à la gare d’Orléans. Pour ce faire, il fallait donc raccorder la gare de Châteaulin-ville (rive-droite) à celle de Châteaulin-embranchement (rive gauche). 

Le « petit train » comme l’appelaient les gens d’ici, transportait aussi bien les passagers que les marchandises, et notamment les nombreuses denrées agricoles produites dans la région.

Ligne fermée en 1967

Dans les années 60, les campagnes se vident en même temps que les routes se remplissent, sonnant le glas pour le petit train. La voie métrique et les coûts de transbordement qui lui sont liés ne sont plus rentables. En 1967, 60 ans après le premier franchissement de l’Aulne, la ligne ferme définitivement. Dès lors, le viaduc est ouvert à la circulation des véhicules, sur une voie unique. Quand à l’ancien tracé de la voie ferrée, il a été transformé par endroits en sentier de randonnée. On peut l’emprunter au départ du bien nommé plateau de la petite gare.

        Le saviez-vous ?

Dans les années 50, Châteaulin fut le premier centre d’expédition de pommes de terre de semence en France. Il n’était pas rare que trois trains quittent la ville, chaque soir, débordant du fameux tubercule. On les appelait les « trains patates ». C’est toute une société de paysans, de contrôleurs, de négociants, de coopératives et d’employés qui vivait ainsi de la pomme de terre.

Derrière le pont routier, on aperçoit le viaduc, construit en 1906 pour relier les deux gares châteaulinoises. Photo archive Le Doaré-Châteaulin
Dans l’ordre en partant du bas: la passerelle piétonne de 2009, le pont routier et le viaduc construit en 1905-1906.

Guipavas. L’aéroport Brest – Bretagne

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   
David Cormier

Guipavas. L’aéroport Brest – Bretagne

Évoquer  les premiers temps de l’aviation à Guipavas, c’est revenir à la présence massive de l’armée américaine en 1917 et parler dirigeables, garés dans deux hangars et utilisés pour repérer les mouvements de sous-marins  allemands. La guerre achevée, un film américain est projeté là, une découverte à l’époque pour la plupart des spectateurs.

L’armée française ne s’intéresse pas au site de Lanrus (pour privilégier Lanvéoc-Poulmic, de l’autre côté de la rade) et il faut attendre 1931 pour voir la création d’un aéroclub. La Chambre de commerce prend l’usufruit du terrain, y construit des bâtiments, et l’aéroport en tant  que tel est inauguré en juin 1937. L’avion a remplacé le dirigeable : les accidents, en particulier celui, dramatique, quelques semaines plus tôt, du Hindenburg près de New York, ont mis fin à son utilisation commerciale.   

La seconde Guerre mondiale laisse le lieu en piteux état mais la reconstruction ne tarde pas. Des meetings aériens régalent le public et des liaisons (vers l’Angleterre et l’Irlande pour transporter des fraises de Plougastel (29) puis Jersey ou Ouessant) commencent à se développer dans les années qui suivent. Mais celle vers Paris, quotidienne, créée en janvier 1961 par Air Inter, marque le véritable envol de l’aéroport de Guipavas. En 1986, il faut agrandir une première fois l’aérogare, tandis que la piste est allongée à plusieurs reprises. Une zone de fret  voit le jour en 1993.

Plus d’un million de passagers par an

Avant la fin du siècle, le nombre annuel de passagers franchit les 600 000 et l’aérogare se développe encore. Elle est complètement refaite en 2007, avec une architecture futuriste, pour une capacité d’1,4 million de passagers annuels. Le cap du million est atteint en 2012. Avec 1,1 million en 2018, l’aéroport Brest Bretagne, comme on l’appelle désormais, reste le premier de Bretagne. Il dessert huit pays en Europe en vol direct (en plus des quinze destinations françaises), ainsi que le Maroc et la Tunisie, avec des lignes régulières et des vols vacances.      

        Le saviez-vous ?

L’architecte alsacien Denis Dietschy a conçu l’aérogare actuelle, inaugurée en décembre 2007. Elle ressemble à une raie manta et, depuis 2008, la grande verrière, à l’entrée, montre une flotte aérienne naviguant en forme de banc de poissons. L’idée est de rappeler l’environnement maritime de Brest aux gens qui atterrissent et à ceux qui s’en vont.

En 1975, l’aéroport de Guipavas accueille déjà une liaison quotidienne avec Paris. Archive Le Doaré-Châteaulin
L’aérogare actuelle, en forme de raie manta, a été conçue par l’architecte Denis Dietschy. Photo Claude – Prigent

Écluses de Pontivy. Témoins de l’histoire

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

Pierre Bernard

Elles sont l’empreinte de l’histoire et la griffe d’un certain Napoléon. Édifiées sous l’Empire, les écluses de Pontivy, comme toutes les autres bâties sur le canal de Nantes à Brest ou sur le Blavet, avaient, à l’origine, un objectif strictement économique : désenclaver le cœur de la Bretagne en permettant le transport fluvial de denrées et de marchandises à l’intérieur de la région. Et donc délaisser les impraticables chemins de l’époque entre Saint-Malo, Lorient, Brest et le centre-Bretagne.

Désormais, elles servent à la navigation fluviale touristique et sont les témoins de la vie pontivyenne, si paisible le long de son halage, un tortueux corridor bucolique où, à chaque kilomètre ou presque, on longe ces écluses, faites de 40 m3 de pierres taillées. Des monuments de solidité à l’enjeu hydraulique, sportif et touristique pour la ville de Pontivy, et qui forment un patrimoine bâti horizontal exceptionnel en Bretagne. « Les bâtisseurs de ces écluses nous ont laissé en legs le plus grand château d’eau horizontal de toute la région », pense d’ailleurs le Costarmoricain Kader Benferhat, passionné du canal de Nantes à Brest et auteur d’ouvrages sur le sujet.    

Le charme et les rencontres.

Autrefois en perpétuel fonctionnement, les écluses de Pontivy sont désormais ouvertes à la navigation entre avril et octobre. Avec les beaux jours, la cité napoléonienne voit ainsi bateaux et péniches naviguer doucettement le long de ses quais fleuris. Des traversées qui ont la cote : l’écluse des Récollets, en plein centre – ville, a vu 98 bateaux en 2016 puis 140 l’an passé ! Autant de touristes qui apprécient, aussi, le charme des maisons éclusières. Entre Pontivy et Guerlédan, huit ont d’ailleurs été récemment restaurées. Certaines personnes s’y rencontrent pour échanger autour de ce formidable patrimoine local. Nées il y a si longtemps, les écluses ont encore une belle vie devant elles. À Pontivy, l’histoire ne s’arrête jamais vraiment…     

        Le saviez-vous ?

Qui dit écluse, généralement, maisons éclusière, avec son petit verger de pommiers en fleurs. Des espaces qui n’ont pas été conçus par hasard. En effet, les ingénieurs – paysagistes de l’époque voulaient avant tout prévenir l’oisiveté des éclusiers, tout en améliorant leur sort : s’occuper d’un potager ou d’un verger exige un travail méticuleux dont on tire les fruits pour en faire profiter sa famille !    

En 1963, la grande époque du canal de Nantes à Brest est déjà révolue. Archive Le Doaré – Châteaulin
Le canal, aujourd’hui un corridor bucolique apprécié des touristes et promeneurs. Photo François Destoc

Le Faouët. Les trésors de Saint Fiacre

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

Katell Brélivet

Avec Sainte – Barbe et l’église Notre – Dame à Kernascléden, La chapelle Saint – Fiacre au Faouët se place dans le trio de tête du patrimoine religieux du pays du roi Morvan. Certes, Sainte – Barbe est plus spectaculaire. Sa voisine, à deux kilomètres au sud de Faouët, sur la route de Quimperlé, est plus discrète, moins imposante. Dédié à saint Fiacre, moine venu d’Irlande au VIᵉ siècle (le saint patron des paysans et des jardiniers), l’édifice se découvre avant tout de l’intérieur.

La chapelle a été conçue entre 1450 et 1480 par la famille Boutteville, seigneurs du Faouët, de grands bâtisseurs, au goût prononcé pour les arts et l’architecture, au crédit desquels ou peut aussi mettre la chapelle Sainte – Barbe et les halles du Faouët. Ce chef – d’œuvre de l’art gothique flamboyant breton doit surtout sa renommée à son magnifique jubé en bois polychrome. Une véritable bande dessinée sculptée. « Parmi les plus beaux de Bretagne, les plus anciens et les plus richement décorés », diront les amoureux d’art sacré.  

La fontaine guérisseuse

« Saint – Fiacre a été autrefois  été  un gros village », rappelle Nathalie Le Pen, médiatrice du patrimoine à la communauté du pays du roi Morvan. On parlait même du bourg de Saint – Fiacre, qui connaissait de grosses affluences liées à la fontaine du même nom (deux bassins reliés par une rigole en pierre de 7 mètres)  à 500 mètres de la chapelle, réputée pour soigner les maladies de peau. Cette fontaine guérisseuse, vestige supposé d’une léproserie au Moyen Âge, a été réhabilitée par les habitants du secteur dans les années 1980.

Si le village, au fil du temps, s’est vidé de ses commerces et artisans, les artistes n’ont jamais déserté les lieux. Séduits par les scènes de marché et de foire sous les halles (autre lieu emblématique de la commune), les peintres ont immortalisé, dès le milieu du XIXᵉ siècle, les pardons et pèlerinages autour des chapelles faouëtaises.  Le musée du Faouët conserve une belle collection qui fait revivre l’effervescence culturelle de la cité.

        Le saviez-vous ?

En avril 1732. Louis Le Ravallec se rend au pardon de Saint-Fiacre. Un pêcheur découvrira le corps de l’homme sur les bords de l’Ellé. La piste accidentelle est retenue. 230 ans plus tard, Donatien Laurent exhume les carnets de notes de Théodore Hersart de la Villemarqué, qui contiennent la gwerz «  pardon Saint Fiaakr », qui affirme que Louis Le Ravallec, victime d’une rivalité amoureuse, aurait été assassiné.      

Saint-Fiacre (ici en 1949) a été un gros village, et même quasiment un bourg. Archive Le Doaré-Châteaulin
Les arbres ont poussé, mais la chapelle Saint-Fiacre reste prisée des touristes et habitants du Centre-Bretagne.