Category Archives: Bretagne

Des Français comme Les autres.

Des Français comme Les autres.

Joseph Camus, peintre de Brest, qui se trouvait à Rennes quand les allemands y entrèrent; ne sachant comment manifester sa fureur il cracha sur l’un d’eux et fut condamné à 1 an de prison; c’est ainsi que commencèrent ses aventures de Parachutiste dans les Français libres. Avec Armand Rekassa, (journaliste) N’guyemba, Jean Uranga, Pêcheur de St Jean de Luz, Michel Petit, (boucher à Hirson, Antoine Cantinelli, le clairon du bataillon, Gil-Kar.

Continua son périple avec ses compagnons,  en Indochine.  Quitte Brest année 1955 avec d’autres Brestois pour travailler en région parisienne. C’était un des habitants des baraques du Bouguen. Son épouse, le rejoint avec ses deux filles, et son garçon. Laissant dans leur baraque tout leurs affaires, Photos, meubles, etc.  Une nouvelle aventure commence dans la région parisienne. 

Les compagnons de la Libération


(Source) Photo de la tombe de la Famille Coudol
Prise par Georges Kévorkian au cimetière de Saint-Martin (avril 2021)

Créé, le 16 novembre 1940, par le général de Gaulle, l’ordre prestigieux de la Libération, a récompensé, seulement ( !) 1038 personnes, auxquelles s’ajoutent 5 communes (Nantes, Grenoble, Paris, Vassieux en Vercors, île de Sein), et 18 unités combattantes (dont 3 de la Marine nationale : sous-marin Rubis, corvette Aconit, 1er régiment de fusiliers marins), pour leur courageux engagement exemplaire en vue de s’opposer aux forces ennemies nazies.

L’oubli des femmes

Alice Coudol

Six femmes, seulement, en font partie, alors que 20 à 30% de femmes étaient dans les rangs de la Résistance. Le fait que l’ordre de la Libération ait été clos rapidement peut expliquer des oublis.  Beaucoup d’historiens regrettent l’absence de beaucoup de ces femmes qui se sont sacrifiées pour une France libre ; par exemple, sur le plan local, celui de la Brestoise Alice Coudol (1923 – 1944), créatrice dès 1940 d’un réseau de résistante, abattue le 30 novembre 1944 par la gestapo, après son internement à la prison de Pforzheim (Allemagne).


(Source) Photo de la tombe de la Famille Coudol
Prise par Georges Kévorkian au cimetière de Saint-Martin (avril 2021)

Texte de Monsieur Kevorkian Georges


Hommage À la Famille de Monsieur Jacques Coat. Monsieur Nicolas Marie Coat

Brest

Ouverte de tout temps sur le monde, grâce à son grand port militaire et commercial, elle est riche d’une histoire tourmentée et passionnante. De son passé ne subsiste que des témoignages forts, de Brestois, et Brestoises, qui méritent d’êtres racontés. Ils ont marqués notre ville, par diverses actions, au cours de leurs présences à Brest. Voici quelques témoignages.


Mariage De Nicolas Coat Le 18 octobre 1908 il épouse Jeanne Bégaud.

Monsieur Nicolas Marie Coat

Le Grand Père, sa fiche se trouve au mémorial du Marin de La pointe St Mathieu

Nicolas, marie Coat naît le 11 décembre 1883 à Bourg Blanc (Finistère)  de Yves Coat, cantonnier et de Marie-Renée Prigent, son épouse, cultivatrice.

Il épouse Jeanne Bégaud le 18 octobre à Bohars (Finistère), dont il aura deux fils, Jean-Yves en 1910 et Ernest en 1912.

Après avoir été commis aux greffes dans le civil, il s’engage dans la marine nationale le 9 avril 1902 pour une durée initiale de cinq ans. Il embarque successivement à bord du “ Saint Louis” affecté à la flotte des torpilleurs de l’océan en 1908, puis rejoint le “Suffren” en 1911. 

Après un passage sur le “Téméraire”, il embarque à bord de l’aviso-torpilleur “Cassini” en tant que maître fourrier et disparait en mer lors de la perte de son bâtiment, torpillé par un sous marin Allemand le 28 février 1917 au large des bouches de Bonifacio (Corse)

(    Il saute sur une mine marine du sous-marin allemand UC 35. Il sombre par 41°19’474 N et 09°19’174 E, entraînant avec lui son capitaine et 106 membres d’équipage.)

Il était Maître fourrier. Son unité: Cassini, Il est porté disparu. Il a été décoré:

Médaille Militaire: Croix de Guerre 14-18 avec étoile(s)

Croix avec étoile

Son décès est inscrit à la commune de Bohars.

Document portant la mention MPLF: Mémoire des hommes

Le naufrage du Cassini donna lieu à plusieurs interprétations, selon que l’on se réfère au Journal Officiel, aux témoignages des survivants ou bien aux coupures de journaux politiques de l’époque. La « Revue politique et parlementaire » relatait les événements comme suit : « Le contre-torpilleur Cassini, affecté au service des patrouilles de la Méditerranée, a été torpillé par un sous-marin ennemi le 28 février à une heure du matin. Une soute ayant fait explosion, le bâtiment a coulé en moins de deux minutes. Le commandant, 6 officiers et 100 sous-officiers et marins ont péri ; 2 officiers et 32 sous-officiers et marins ont été sauvés.

Le Cassini à quai

Il résulte des témoignages formels des survivants que, pendant qu’ils essayaient dans la nuit de gagner à la nage les radeaux qui flottaient, ils ont entendu une voix crier : ” Approchez camarades ! ” Un instant après, ils ont aperçu la masse sombre du sous-marin ennemi qui a tiré sur eux plusieurs coups de fusil ou de mitrailleuse et un obus; celui-ci a touché un des radeaux. Je cite sans commentaires cet acte de sauvagerie.» (Revue politique et parlementaire 1917, Tome 91, p. 136).

Cassini

Contre-torpilleur : il a coulé le 28 février 1917

Circonstances :

Le Contre-torpilleur, Cassini construit au havre en 1894, transformé en mouilleur de mines en 1913 a été torpillé dans le sud de la Corse par un sous-marin allemand. Une plaque à la mémoire des marins du Cassini a été érigée près de Bonifacio : “ Le contre torpilleur Cassini torpillé vers 1H15 du matin, le 28 février 1917, coule après avoir été coupé en deux par l’explosion de la soute à munitions. Des rescapés sont achevés au canon et au fusil par les Allemands”.

Le Commandant Lacaze périt avec son navire selon la sublime mais cruelle tradition  marine “française”. On dénombre 107 morts et 34 survivants.

Coupure de presse

 Aux halles St Louis avant la guerre,  La Grand-mère maternelle est derrière son Banc (Son étal)  de commerçante en coiffe. La première à droite.

Les halle St Louis

Une autre photo, est prise devant un café tenu aussi avant et pendant la guerre (39 – 45). A  Recouvrance… ! Sa maman est présente, elle doit avoir 16/17 ans (née en 1910)  « L’Apéritif » nom du café, était situé rue Du Quartier Maître Bondon, rue détruite dans les années 70/80, pour construire des immeubles.      

L’Apéritif café à Recouvrance


FICHE DES GRANDS – PARENTS PATERNELS


GRANDS – PARENTS MATERNELS






Les Grands Parents maternels  (avec extrait d’acte de mariage).  Le 3 Février 1901. 

Les Grands – Parents Maternels sont présents, ainsi que une ou deux sœurs de sa mère (fillettes en bas,) Sa mère n’est pas encore née (1910), sa Grand –Mère est à droite du marin. Son mari se trouve  au dessus d d’elle (an niveau de l’imposte).

Egalement une photo (en demi-plan) +la même en pied. Du mariage de ses parents 19/07/1930.

La généalogie, maternelle et paternelle se trouve au dessus des photos

Mariage des Parents

Mariage des Parents

Les photos :

Mon papa tenant ma sœur ainée dans ses bras accompagné de sa mère. Photo prise à Brest lieu à situer (il y a une épicerie derrière eux sur la photo ?)


Lieu d’habitation, 13 rue Jean Jacques Rousseau à Brest dans les années 1930. Lieu à identifier?






Son Père en tenue de communiant (Petit Marin)

Son Père (voir la flèche coté gauche assis) avec ses copains d’équipage. Croisière du Maroc 2 juin 1932 à Casablanca sur le torpilleur « L’Adroit ».

Le Papa à 20 ans
Le Papa à l’âge de deux ans. Photo prise à Toulon.











Ma mère est décédée en septembre 2010…à 99 ans

Détectée en 1948 au Maroc (Mon père avait été détaché de l’arsenal de Brest à l’atelier de la marine à Casablanca en 1946 à 1960) porteuse d’une forme mortelle de tuberculose, elle fut rapatriée au sanatorium de Sallanches/Chamonix.

Elles étaient 5 femmes porteuses de cette forme sévère (et mortelle) de tuberculose.

Toutes les 5 se sont portées volontaires pour servir de « Cobaye » pour un nouveau traitement  la « Streptomycine « .puissant antibiotique

Sur les 5 il y a eu deux guérisons, dont ma mère….. !

Belle leçon de vie…. !

Photos

Mes parents en maillot de bain (J’ignore ou est prise la photo… Peut être à Morgat.. ???Avant guerre.

Départ pour le bal masqué

Ma mère jouant les « Stars »…. !

Brest d’ hier et d’aujourd’hui. David Cormier. Le Télégramme de Brest

Le port de commerce à la fin du
XIX e siècle, vu des rampes d’accès; à l’arrière-plan la porte nationale, le château, l’escadre. Photo Holley. collection des Archives de Brest

David Cormier

La photo signée Holley, disponible aux précieuses Archives de Brest, est prise du Cours Dajot mais elle n’est pas datée. « Vers 1900 au maximum », estime Olivier Polard, historien brestois. La circulation est un indice qui, non contente d’interdire l’idée même d’un embouteillage, montre un moyen de locomotion précédant le véhicule à moteur, et plus écolo : le cheval et la calèche.

Le polder a commencé à s’étaler aux pieds des remparts sous le Second Empire, pour y accueillir les pêcheurs du coin et les marins de commerce du monde entier.

Maisons des pêcheurs

Des soldats aussi, pendant les grands conflits et, plus récemment (notamment au port du Château) les plaisanciers. Il soutenait un jardin public et était moins vaste qu’actuellement.

« On voit au fond une partie de l’escadre. La porte, au centre, est celle du tunnel », poursuit Olivier Polard, qui même côté Penfeld et que la Marine nationale ouvre lors des Fêtes maritimes tous les quatre ans, quand elles ne sont pas annulées à cause de ce satané coronavirus. 

Des portes et une passerelle disparues

L’autre porte, à droite, dite « Porte nationale,

La porte Nationale

comme une première entrée au château, n’existe plus.  Elle gênait la circulation. Les rampes, actuellement avenue Franklin-Roosevelt, ont donc vu la circulation évoluer (l’ancien tram passait par là)

L’ancien Tram source du document Wiki-Brest. Auteur ci dessous.

en même temps que s’intensifier. Une passerelle pour piétons a aussi disparu du paysage, il y a quelques décennies, « à hauteur du Mc Guigan’s », ajoute Olivier Polard, parce qu’à Brest on se repère encore grâce aux estaminets.   

Rampes du Port de Commerce. La passerelle pour piétons, à droite.
Le train est arrivé dans les années 30 pour alimenter l’arsenal et l’on voit encore des rails délaissés. De grandes chaînes marines et des ancres ont pris la suite des herbes et des fleurs pour donner à ce vaste espace ce nom encore usité de nos jours le parc à chaînes. La place a vu passer des cirques, des scènes de jeudis du port et autres événements. Des voitures surtout, désormais. 


Parc à Chaînes


Le jardin, sur la gauche a disparu et, depuis le même endroit qu’il y a plus d’un siècle, on ne voit pas l’escalier, du fait de la végétation. source, Le Télégramme/David Cormier.

L’escalier d’Eugénie, de Gabin et de Morgan.

L’escalier du Film

L’escalier, sur la droite de la photo ancienne, bien pratique pour couper la route et descendre plus vite, à pied, du centre-ville de Brest au port de commerce, est régulièrement associé à trois personnalités. « C’est ce qu’on appelle l’escalier de l’impératrice », explique l’historien brestois Olivier Polard. L’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon lll. « Parce qu’elle serait passée, dit-on, par cet escalier » en août 1858, six ans après le coup d’État de l’ex-Louis-Napoléon Bonaparte, promoteur du port de commerce. L’actuel daterait pourtant de 1867. Il aurait succédé à l’escalier des sans culottes, disparu. L’impératrice Eugénie n’a donc pas que son rocher à Plougastel-Daoulas, où elle aurait perdu sa bague.

Une pluie simulée !

Sous la pluie

Une scène fameuse du film « Remorques », tourné  en 1939 par Jean Grémillon, a  vu Jean Gabin faire un brin de causette à Michèle Morgan sur cet escalier brestois. C’est ailleurs, dans un autre film (« quai des Brumes »), qu’il lui avait déclaré sa flamme d’un inoubliable : « t’as d’beaux yeux, tu sais ? ». En haut des marches, un panneau précise qu’il a fallu l’intervention des pompiers pour… simuler la pluie. Et pas de brume ici. Bref, une fierté !

Désormais dominé par le monument américain 

Au-dessus du parc à chaînes trône désormais le Naval monument, érigé en 1927 sur le Cours Dajot, dédié aux nombreux Américains débarqués là à la fin de la Première Guerre mondiale. La transition est ainsi faite avec le rendez-vous, du camp de Pontanézen, présent précédemment sur ce site.

Le plus beau panorama de Brest.

Mémorial américain à Brest de la première Guerre Mondiale…

Le monument américain ne figure pas sur la photo prise avant 1900 du haut de cette page pour deux bonnes raisons : son emplacement se trouve quelques dizaines de mètres derrière l’appareil et… il n’existait pas encore à l’époque, on l’a dit. Détruit lors de la Seconde Guerre mondiale (dynamité par les Allemands), il a été refait en 1958, à l’identique mais en granit rose de Ploumanac’h. L’été dernier, l’office de tourisme de Brest l’a mis au programme de ses visites et le succès a été au rendez-vous. Il faut dire que le panorama y est sans doute le plus beau de Brest et le parc à chaînes est marqué pas sa présence.        

Brest d’ hier et d’aujourd’hui. David Cormier. Le Télégramme de Brest

Rive gauche de Brest: perspective de la rue de Siam et de la rue Louis-Pasteur, des Brestois et le tramway empruntant le pont national ou grand pont. 1919
Editions LL (Paris), collection Archives de Brest.

Une descente par des murs de soutènement que l’on voit déjà très  bien sur ce vieux cliché.   

Le bas de Siam a tant changé

Le bas de la rue de Siam pont de Recouvrance n’ont pas toujours eu leur aspect actuel.

La carte postale date de 1919 et il est précisé, aux Archives de Brest, qu’elle est écrite en espagnol. L’image est prise depuis Recouvrance, en hauteur, à l’entrée de ce qu’on désignait comme « le Grand pont » et montre les anciennes rues de Siam et pasteur.

Brest Le Grand Pont

Brest -Place Etienne Dolet et rue Louis Pasteur

C’était le temps des grandes publicités sur les pignons. La rue de Siam était bien étriquée par rapport à celle que nous connaissons aujourd’hui.

Publicité sur la maison

Et le tramway y passe à nouveau, depuis huit ans.

La rue de Siam Le tramway y passe

Il reste de vieux bâtiments à Recouvrance. En face, tout a changé ou presque. Seul le château, immuable, reste planté là comme jadis.  


Le château de Brest, l’un des plus importants sites fortifiés de Bretagne, présente la particularité d’avoir conservé, tout au long des 1 700 ans de son histoire, sa vocation originelle : celle d’une forteresse sans cesse adaptée à l’évolution de l’art de la guerre.
Textes et clichés Didier Faure.

« Le Quartier des sept-Saints (au centre de Brest, autour de l’église du même nom, qui a disparu) a été détruit entre 1865 et 1900, environ, pour donner accès au quai, par la descente », explique l’historien brestois Olivier Polard.

Quartier  (détruit) puis boulevard de la Marine, Sept-Saints, Quartier intra-muros de la rive gauche (Brest) – Vue du quartier des Sept-Saints à Brest en 1895 : maison au 31 rue Monge acquise par la ville en 1880, détruit en 1897 (propriété Le Moal). Rue neuve des Sept-Saints, entrée de l’école des Frères. Poste de Police. Hôtel garni. Archives municipales et communautaires Brest Métropole Océane


Scène de racolage à recouvrance (Tous droits réservés Archives de Brest).

L’ancien quartier chaud

« Un boulevard Thiers a été créé, devenu Jean-Moulin », jusqu’à la récente station du téléphérique et boulevard des Français-Libres.  « On voit l’ancienne Grand-Rue, la porte Tourville, tous les bars des matelots, le quartier chaud », celui de la prostitution. « À l’emplacement du timbre, il devait y avoir la Banque de France ».      

Ancienne Banque de France (Dessous le timbre). Photo du Haut.

Pour la vue contemporaine, il était difficile de se positionner de façon à retrouver à peu près la même perspective : le pont de Recouvrance en cache une bonne partie et il aurait fallu se retrouver à mi-hauteur. Nous avons préféré retrouver une photo prise l’an dernier du haut du pont (lui-même déjà bien connu), lieu d’ordinaire inaccessible mais qu’on nous a ouvert pour une double page sur les points de vue surélevés de Brest.   

Les rues de Siam et Louis Pasteur vus depuis le haut du pont de Recouvrance. Photo David Cormier

Le pont tournant puis levant : summums de modernité

« Le quartier a été considérablement modifié dans les années 1850, 1860 », commence l’historien brestois Yves Coativy. « On a abandonné la traversée en bac pour un pont impérial tournant, qui permette de faire passer les bateaux.  Recouvrance était resté un peu dans son jus, avec des maisons de pêcheurs, mais on a abattu des immeubles, fait de nouvelles routes. Et donc ce nouveau pont à côté de la tour Tanguy. Là où il y a maintenant le pont de Recouvrance. On voit d’ailleurs, surtout côté Recouvrance des traces de l’ancien pont.  Les Allemands l’ont pétardé en 1944 pour bloquer les Américains ». C’était côté ouest, tandis qu’une bombe américaine a détruit l’ouvrage côté Brest. Celui qu’on appelait alors pont National ou Grand pont. L’option choisie pour la reconstruction a été celle du pont levant, et non plus tournant. « Ce sont des ouvrages d’art remarquables, souvent cités à leur époque en exemple de modernité au niveau  national voire international », poursuit l’historien. « C’était unique au monde, un prodige. Le top de la modernité », embraie Olivier Polard. « En quinze minutes, il était ouvert, grâce aux vétérans de la Marine et à un système de manivelles. Les Brestois en étaient très fiers ». Il a notamment été présenté à l’exposition universelle de Bruxelles en 1958.  

Un pont qui épouse l’histoire de la ville

Le pont à l’entrée de la Penfeld, emblème de Brest, dont il a épousé les soubresauts depuis un siècle et demi, a vu se succéder plusieurs versions, pour relier ce qui était au début deux villes, Brest et Recouvrance. Les habitants de cette dernière ont pétitionné, en 1836, pour qu’un ouvrage d’art leur permette de traverser .Inauguré le 23 juin 1861, le premier baptisé pont National, a vite été appelé le Grand pont par la population. Il faut dire que, par rapport aux passerelles ou au pont Gueydon (1856) flottant qui traversaient la Penfeld, il faisait de l’effet (lire ci contre).


Auteur de l’illustration
Pont Gueydon
Archives municipales et communautaires Brest Métropole Océane (reproduction)

Auteur du document reproduit
Inconnu


Reconstruit après la guerre, inaugurée en juillet 1954, le pont de Recouvrance a vu son tablier remplacé en 2011 en vue du passage du tramway. Ajourée, sa nouvelle balustrade chante, dit on, sous l’effet du vent. Il inspire peintres et photographes et ses abords ont été réaménagés, habillés d’une œuvre d’art de chaque côté : l’arbre empathique qui tarde encore à s’habiller de vert (et que d’aucuns ont projeté d’abattre)

l’arbre empathique qui tarde encore à s’habiller de vert (et que d’aucuns ont projeté d’abattre)

Et la statue en bronze de Fanny de Laninon et Jean Quéméneur,  personnages de deux chansons emblématiques de la ville.


Et la statue en bronze de Fanny de Laninon et Jean Quéméneur 

Brest d’ hier et d’aujourd’hui. David Cormier. Le Télégramme de Brest

Le bâtiment de la gare « Ouest-État » de Brest construit selon les instructions du Génie est édifié en briques et en bois et inauguré en 1865.

Gare-Ouest État à Brest en 1867. Source du document Gilles Cardinal

La « gare du chemin de fer d’État à Brest ». Albumine, entre 1890 et 1900, d’auteur inconnu. Collection des Archives de Brest

La gare de Brest vers 1890 et 1900
Il ne mettait pas trois heures mais près de 17 pour rallier Brest à la capitale. Le train est arrivé en 1865 dans une grande gare.
Brest d’Hier et d’aujourd’hui
David Cormier
L’actuelle gare de Brest épouse le mouvement art déco en vogue à l’époque de son érection (les années 1930), y compris dans la cité du Ponant, qui en garde de nombreux témoignages. Mais la première gare de l’histoire de la ville, quand le train est arrivé à la pointe bretonne, semblait plus impressionnante, hymne à la révolution industrielle mais non dénuée de charme. On s’y promenait volontiers, sous les ombrelles. L’époque n’était pas encore au teint hâlé chez ces dames.
« Cette photo date de la fin du XIXe siècle.
On aperçoit, derrière la gare, le (récent boulevard Gambetta, sans immeubles », détaille l’historien brestois Olivier Polard. « Elle était grande, en briques. Elle a été détruite juste avant la Deuxième Guerre mondiale, pour la moderniser. C’est dommage, elle était belle ! ». Une grande verrière centrale en imposait. « Il y avait aussi, déjà, à côté, une gare routière, pour les calèches et les diligences. Puis les autocars, après la Première Guerre mondiale. Brest était relié à Paris, c’était super – important… »     

Refaire le haut du bas-relief ?
La nouvelle version, en béton, a très vite été mise à rude épreuve. « Le plus étonnant, c’est que lors du siège et des bombardements, les monuments récents sont passés au travers. L’hôpital Morvan aussi, par exemple », ajoute Yves Coativy, historien brestois également. « Mais le bas-relief en granit rose a perdu sa partie haute », souligne – t’il. « Ce serait sympa de la refaire », reprend Olivier polard, « ou au moins de peindre la partie manquante ». L’édifice a été refait à l’identique (à cette fresque près, donc), après la fin du conflit. L’endroit évolue encore doucement, avec un projet de restaurant gastronomique retardé par le confinement. Il proposera une vue imprenable sur la rade de Brest.    
 
Une inauguration en grande pompe
La gare de Brest a été inaugurée le 25 avril 1865. En grande pompe ! « Ce jour-là, à cinq heures vingt du soir, deux locomotives parées de fleurs et de guirlandes
emmenaient en gare de Brest le train officiel dans lequel avait pris place M. Béhic, ministre des Travaux publics, revêtu de son grand costume », écrivait Louis Delourmel, bibliothécaire, archiviste honoraire de la Ville de Brest, dans son ouvrage « Le Vieux Brest à travers ses rues », aux éditions de Bretagne, en 1946. Le ministre a estimé, dans son discours, que « la nature a tout fait pour Brest. Relégué naguère à l’une des extrémités les moins fréquentées de la France, voici Brest devenu tout à coup la tête de ligne et la gare maritime des deux plus grandes voies du transit internationales, “ Syphons“ immenses qui vont plonger directement au nord, au sud, à l’est, dans les principaux réservoirs de la consommation et de la production en Europe ».

Le bond dans la modernité
« Le curé archiprêtre de Saint – Louis a béni leur union avec l’océan », poétisait un reporter sur place, avant une retraite aux flambeaux accompagnant un grand banquet, en présence des ministres des États – Unis, de Suisse et de Siam, sans oublier les consuls généraux de Prusse, d’Angleterre et d’Autriche. Les festivités ont duré trois jours, avec notamment la visite de vaisseaux de la marine, des promenades en rade, un feu d’artifice.  

Deux locomotives parées de fleurs et de guirlandes
emmenaient en gare de Brest le train officiel

17. En heures, le temps de trajet pour faire un Brest – Paris en train en 1865. Bien plus rapide que les 53 heures qu’il fallait effectuer pour rejoindre les deux villes en malle-poste, ancienne voiture postale hippomobile qui embarquait parfois quelques voyageurs. 

la malle poste

Brest la gare

Gare de Brest détruite

Une-nouvelle-gare-a-ete-construite-a-la-fin-des-annees-30

C’est beau, c’est tendre, ça raconte des histoires d’hommes et de baraques. Celles de la reconstruction, de l’après-guerre. À Lorient, ça nous parle. Une expo à voir absolument à l’Hôtel Gabriel. Article Ouest France

Elisabeth Blanchet, photographe.

À L’Hôtel Gabriel, en immersion dans une baraque: Vanessa Hue, directrice adjointe du Patrimoine, Mickaël Sendras, président de Mémoire de Soye: Xavier Argotti, président de l’association Préfab; Elisabeth Blanchet, photographe; Bruno Blanchard, adjoint; Patricia Drenou, directrice du Patrimoine; Emmanuelle Williams adjointe Article ouest France avec les photos.

À Lorient, 2019, c’est l’année des baraques. Après l’inauguration, lors des Journées du patrimoine, d’une baraque reconstruite près des lavoirs du Rouho, voilà l’acte II. Une expo qui s’appelle Préfabuleux, à découvrir absolument à l’Hôtel Gabriel. Bien joli nom qui met autant l’homme que le bâti au cœur des photos.

« Elles étaient censées durer dix ans. Soixante-quinze ans après, elles sont des milliers encore habitées. » Elisabeth Blanchet a baladé son œil et son appareil photos au Royaume-Uni, – elle a résidé quinze ans à Londres -, et aux États-Unis. En quelque sorte, elle est devenue une « experte des baraques d’après-guerre », glisse-t-elle dans un large sourire. En 2014, elle a même créé un musée.

À ce jeu de passionnés, elle a trouvé un compère « dénicheur de baraques » dans la personne de Mickaël Sandra. 36 ans. La moitié de sa vie à présider Mémoires de Soye. Association bien connue, ici, dans le pays de Lorient, où le mot « baraques » a une place si particulière dans les cœurs de nombreuses familles.

« Comment j’habite ma maison »

Ces maisons si fragiles, « ce patrimoine mal connu, mal perçu », renvoient à l’heure où des villes étaient quasiment rayées de la carte, où des populations ont dû être évacuées. Et puis, quand sonne le retour, il a fallu « reconstruire. » Vite. Comme on pouvait. Dans ces baraques, – « on les appelle maisons de cartons au Havre » -, des solidarités se sont construites sur de la précarité. Oui, c’est de l’architecture (on est en plein dans la semaine), mais c’est aussi notre héritage.

Et c’est actuel. « Cela nous pose cette question : comment j’habite ma maison ? » Emmanuelle Williamson, adjointe à la culture, met en exergue que Lorient a joint le club Prismes des villes reconstruites (18 adhérentes). « L’idée est de partager avec les autres communes les problématiques d’architecture. » Cela interroge le vieillissement des bâtis, leurs isolations, l’accessibilité pour des populations de plus en plus âgées. Avec l’envie de « garder le cachet » propre à ces habitations. 

Outre l’implication de Xavier Argotti, président de l’association Préfab, l’exposition offre un tendre regard sur ces baraques d’ici et d’ailleurs. À travers des animations pour les enfants, des visites découvertes, le public pourra affiner ses connaissances. Et pour aller plus loin, une journée d’étude a lieu le 6 février sur les préfabriqués.

visite commentée de l’exposition, à l’Hôtel Gabriel, dans l’enclos du port. Entrée libre. Exposition visible jusqu’au 14 juin.

Baraques type UK 100, ville de Lorient
Un quartier de Baraques Lorient, source photos Archives Lorient, Télégramme, Ouest France
Lorient
Soye Baraque
Olivier et Georges, de Brest en visite à Lorient pour l’exposition.

Brest- La nouvelle gare

La nouvelle Gare de Brest. Le chemin de fer est arrivé à Brest en 1865 après la construction du viaduc de Morlaix. La première gare est inaugurée le 25 avril 1865. Le trajet pour Paris durait alors 18 heures. Le bâtiment voyageur actuel est construit en 1936 et 1937 par Urbain Cassan dans un style Art déco.

Brest- La nouvelle Gare. Source Photo Famille Le Goff.
Photo de la gare de Brest (Finistère) prise par Claxton Ray US Army en 1944.

 
La gare de Brest 2019.

Châteauneuf-du-Faou. Le pont du Roy

      Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   
Jean-Noël Potin

Bâti en schiste et granite, le vieux pont de Châteauneuf-du-Faou, aussi appelé pont du Roy (ou pont de la Nation durant la révolution), enjambe, non sans élégance, l’Aulne canalisé. La rivière était sans doute moins apprivoisée à l’époque de sa construction, sous Louis XIII, vers 1638. L’ouvrage, qui tenait son nom du moulin du Roy situé non loin, a remplacé un gué datant de l’Antiquité, facilitant ainsi les déplacements en direction du Sud-Finistère. Quand le canal a été rendu  navigable à partir de 1836, la rivière a été élargie et le tablier du pont a été prolongé, côté sud. Parallèlement, l’ouvrage a été amputé de l’arche la plus au nord, en 1871, afin de permettre le passage des péniches. Un parapet en fer a remplacé celui d’origine, réalisé en maçonnerie. Signe distinctif du pont, ses six avant-becs, en forme d’éperon, destinées à protéger l’ouvrage du courant et contribuant grandement à son esthétique.   

Commerce florissant

Le canal de Nantes à Brest fut voie commerciale d’importance. « Autour du pont, toutes les maisons avaient des portes cochères car elles servaient d’entrepôt », Souligne Marie-José Duigou, présidente des Amis de Châteauneuf. On importait du vin, du maërl, de l’engrais, et on exportait du bois, des pommes de terre, et les ardoises de Saint-Goazec et Châteauneuf. Au bout du pont, côté sud, se dresse toujours la maison de Lisle, famille de négociants. La propriété fut par la suite rachetée par James de Kerjégu, propriétaire du domaine de Trévarez situé un peu plus au sud. Une façon peut-être de se ménager un accès au canal, par où allaient transiter les matériaux utiles à la construction du futur château à partir de 1847.

Une cale à proximité du pont a longtemps servi de lieu de baignade dont parlent encore les anciens. Une vocation aujourd’hui reprise par la base nautique située de l’autre côté du nouveau pont, parallèle à l’ancien. Sa construction a débuté en 1928. C’est dans ce cadre vert et fleuri en bordure de l’Aulne qu’une guinguette s’est nichée et que se tient chaque année le fameux Fest Jazz.

 Le saviez-vous ?

Le peintre Paul Sérusier, qui a beaucoup vécu à Châteauneuf à partir de 1893, est tombé sous le charme du pont de Roy et de ses abords. En 1894, il avait campé l’édifice dans son tableau « Le pardon de Notre-Dame des Portes à Châteauneuf-du-Faou », Aujourd’hui exposé au musée des beaux Arts à Quimper.  

Le pont du Roy a été construit au XVIIᵉ siècle. Archive Le Doaré-Châteaulin
Le nouveau pont a été construit à la fin des années 20. Photo Claude Prigent

Châteaulin. Les belles courbes du viaduc

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   
Loïc L’Haridon

Franchir l’Aulne,  à Châteaulin, n’a jamais été une sinécure. Depuis l’avènement de l’automobile, ça coince. Sur cette dernière portion du canal de Nantes à Brest, les projets de nouveaux ponts, serpents de mer quinquagénaires, prennent régulièrement le bouillon.

Cœur de la cité Pen Eog (tête de saumon), il y a trois façons de changer de rive : La passerelle piétonne de 2009, aussi imposante que controversée ; l’étroit pont routier qui a failli sauter pendant la guerre ; et, depuis 1906, le viaduc, ouvrage d’art remarquable aux courbes originales.  Ce pont curviligne de 165 mètres de long compte onze arches de maçonnerie. Sa construction, en pierre de Kersanton (Logonna-Daoulas) et granite de Pontivy, s’est étalée de 1905 à 1906. Elle a nécessité d’importants moyens pour l’époque. Des moyens mis en œuvre par Eugène Sanson, ingénieur des ponts et Chaussées. C’est que l’enjeu était de taille : désenclaver le Centre- Bretagne. Il s’agissait de relier la ligne Carhaix-Châteaulin du réseau breton à la gare d’Orléans. Pour ce faire, il fallait donc raccorder la gare de Châteaulin-ville (rive-droite) à celle de Châteaulin-embranchement (rive gauche). 

Le « petit train » comme l’appelaient les gens d’ici, transportait aussi bien les passagers que les marchandises, et notamment les nombreuses denrées agricoles produites dans la région.

Ligne fermée en 1967

Dans les années 60, les campagnes se vident en même temps que les routes se remplissent, sonnant le glas pour le petit train. La voie métrique et les coûts de transbordement qui lui sont liés ne sont plus rentables. En 1967, 60 ans après le premier franchissement de l’Aulne, la ligne ferme définitivement. Dès lors, le viaduc est ouvert à la circulation des véhicules, sur une voie unique. Quand à l’ancien tracé de la voie ferrée, il a été transformé par endroits en sentier de randonnée. On peut l’emprunter au départ du bien nommé plateau de la petite gare.

        Le saviez-vous ?

Dans les années 50, Châteaulin fut le premier centre d’expédition de pommes de terre de semence en France. Il n’était pas rare que trois trains quittent la ville, chaque soir, débordant du fameux tubercule. On les appelait les « trains patates ». C’est toute une société de paysans, de contrôleurs, de négociants, de coopératives et d’employés qui vivait ainsi de la pomme de terre.

Derrière le pont routier, on aperçoit le viaduc, construit en 1906 pour relier les deux gares châteaulinoises. Photo archive Le Doaré-Châteaulin
Dans l’ordre en partant du bas: la passerelle piétonne de 2009, le pont routier et le viaduc construit en 1905-1906.