Category Archives: Bretagne

Rue de Siam. L’âme de Brest

        Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

Steven Le Roy

« Cette rue de Siam dont il ne reste rien. » Un vers qui sonne comme une messe pour ce Brest évanoui dans la guerre, les pas de Barbara, et dans le cri de Prévert. Un Brest qui va anoblir pourtant cette rue dans les crayons et les plans de Jean-Baptiste Mathon, architecte de la reconstruction, qui imagine cette voie que l’on dit coudée, avant la pluie de fer, en artère rectiligne, de l’improbable hôtel de ville à la promesse de la mer qui forme l’horizon. Qui imagine en faire la rue principale de la ville sortie de sa nouvelle chrysalide et de ses plaies incurables qui ont assassiné le vieux Brest.  Seule la flèche du monument aux morts de la ville, plantée en sentinelle sur le haut de la rue comme nécessaire souvenir aux sacrifiés, empêche aujourd’hui de voir totalement ce corridor comme une autoroute en pente vers le voyage en mer, une fois le phare du Minou, qui veille dans le lointain, dépassé.  

La belle endormie

La rue de Siam a longtemps fait office de lieu que l’on dit chic. Il fallait voir, il n’y a pas si longtemps, l’apprêt des Brestois et des Brestoises lorsqu’ils descendaient à Siam. S’y trouvaient les boutiques un peu luxueuses, les noms un peu cosy, les quelques fortunes locales. Un sentiment renforcé dans la lutte involontaire menée contre Jaurès, la populaire, l’industrieuse, celle qui accueilli les complexes commerciaux du centre –ville entre les années 80 et  le nouveau millénaire, et qui formait, avec elle, ce centre-ville en long. Long comme deux rues séparées par une place carrée. L’avènement du plateau des Capucins, l’essor du port de commerce et la relative somnolence de Siam a rebattu les cartes de la géographie centrale de Brest depuis une grosse poignée d’années. Aujourd’hui, Siam a quelque chose de belle endormie que secouent un peu les bistrots de son bas, surtout quand le soleil autorise les terrasses à donner  le rythme, en attendant que la rénovation des toutes proches halles Saint-Louis poursuive le réveil. Mais elle reste Siam,  ce nom fantasmé au-delà des frontières du Ponant, où les fontaines alors décriées de Marta pan apportent l’eau au minéral. Siam, dont il reste encore quelque chose.        

 Le saviez-vous ?

La rue de Siam doit son nom à la visite de trois ambassadeurs du roi de Siam en 1686, qui débarquèrent à Brest pour se rendre à Versailles, auprès de Louis XIV. Auparavant nommée rue Saint-Pierre, il est dit que cette visite fut tellement marquante que les Brestois rebaptisèrent rapidement l’artère.

Après la guerre, la rue de Siam devient une des artères centrales de la ville. Archive Le Doaré-Châteaulin
La rue de Siam en 2019 Photo Claude Prigent

Belle-île-en-Mer. Les couleurs du port de Sauzon


Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   





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Soizick Boulch avec Gwen Rastoll

Situé au nord-ouest de l’île, à 7km de Palais, le port de pêche et de plaisance de Sauzon offre un paysage de carte postale, avec ses bateaux et ses maisons aux couleurs vives qui encadrent l’église Saint-Nicolas, saint patron de la Russie, mais aussi des marins, et des petits enfants. Sauzon a une longue histoire, marquée au XIᵉ siècle par l’arrivée des moines bénédictins. Le bourg devient alors un prieuré de cure. L’église, construite en 1894 et rénovée en 2003, abrite notamment des ex-voto, fidèles maquette de navires.

Le port, protégé des vents dominants, fut pendant deux siècles le siège des pillards saxons, avant qu’ils n’en soient chassés au Vᵉ siècle. Le port subit par la suite l’invasion des Hollandais en 1674, puis des Anglais en 1761.

De Louis Philippe à Sarah Bernhardt

En 1883, le port connaît un nouvel aménagement grâce au crédit du roi Louis Philippe. Les nombreux naufrages dans les parages de la pointe des Poulains, notamment en 1886, émeuvent la population. Mais il faut attendre 1908 pour que le port soit équipé une station de sauvetage grâce au don important de Mme Léon Bret. Le bâtiment avec sa rampe est toujours visible sur la rive droite de la ria.

À partir de 1843, trois conserveries de poissons, dont celle des Amieux Frères, s’installent face au port qui connaît alors un fort développement urbain et voit la construction ou la rénovation des maisons situées le long du quai, caractérisées par leur structure à deux étages, voire plus, leur petit balcon et les couleurs des volets qui ponctuent les murs blanchis.

L’économie touristique, qui a aujourd’hui supplanté l’activité maritime, s’organise depuis la fin du XIXᵉ siècle, portée par la présence de nombreuses célébrités, dont la grande Sarah Bernhardt qui possédait une vaste propriété à la pointe des Poulains, ou François Mitterrand, qui déambulait, sans être importuné, le long des quais de Sauzon.

Le port de Sauzon en 1955. Archives Le Doaré-Châteaulin

Les maisons de couleurs vivent offrent un paysage de carte postale

Photo Soizick Boulch

⧨  Le saviez-vous ?

⧨  Le saviez-vous ?

Sauzon, commune du canton de Belle-Île depuis 1790, second port de L’île après le Palais, est rebaptisé en 1841 « Port Philippe » avant de retrouver son nom actuel vers 1894. Sauzon vient du breton « Saozon », forme pluriel de Sauz (en dialecte vannetais) ou de « saoz », (en dialecte cornouaillais) qui signifie : « Saxon », En effet, dès la fin de l’IIIᵉ siècle, les pirates saxons firent de Sauzon une base opérationnelle.

Térénez. Des ponts d’exception

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   


René Pérez

Térénez. Des ponts d’exception

La France est une nation majeure dans les ouvrages de génie civil, et Térénez en constitue une étonnante vitrine. En 80 ans, trois ponts remarquables ont été construits à cette entrée nord de la presqu’île de Crozon et l’actuel, achevé par Vinci en 2011, a même un temps détenu un record du monde de portance en courbe pour un pont à haubans. 285 mètres sans le moindre pilier de support dans l’eau, lui donnant un profil aérien qui attire la curiosité de nombreux visiteurs.  

Dynamité pendant la guerre

Pendant des siècles, ce fut un simple bac qui assura le passage (Trez en breton, d’où Térénez), à l’ombre de l’abbaye de Landévennec. Ici, dès l’IXᵉ siècle, des moines se sont installés entre rivière paisible et forêts giboyeuses, site aujourd’hui préservé et parmi les plus admirables de Bretagne. En 1913 vint l’heure de construire le premier pont. La guerre interrompt l’ouvrage qui ne sera achevé qu’en 1925. Avec ses deux piles impressionnantes, hautes comme des phares, il est alors le plus long pont suspendu d’Europe.

Mais la Seconde guerre mondiale lui sera fatale. Pour stopper l’avancée des Américains vers la presqu’île, les Allemands le dynamitent en 1944. Le bac reprend du service jusqu’à l’achèvement du nouveau pont, en 1952, construit avec des matériaux de fortune dans cet après – guerre nécessiteux. La conséquence cinglera  quarante ans plus tard : l’ouvrage est victime de l’alcali réaction, le cancer du béton.

Un ouvrage à haubans majestueux

Le conseil général du Finistère fait alors un choix audacieux. Pour une bonne intégration dans ce site protégé et pour en finir avec les descentes étroites et dangereuses menant aux deux ponts précédents, il opte pour un ouvrage à haubans en courbe. Le résultat est majestueux. Mais même les puissants ordinateurs eurent la migraine, tant il fallut réaliser des milliards d’opérations, au fil des travaux, pour une réalisation aussi complexe, aujourd’hui œuvre d’art contemporaine, dans un site que les moines, dès le IXᵉ siècle, avaient trouvé hors du commun.

     Le saviez-vous 

Pendant des siècles, c’est aux moines de Landévennec que furent concédés les droits de passage à Térénez. Des passeurs assuraient pour eux le service sur des embarcations sommaires. Les moines se faisaient payer en sols et en barriques d’huîtres.  

Le premier pont de Térénez, ici en 1938, était à l’époque plus long pont suspendu d’Europe. Archives Le Doaré – Châteaulin

L’actuel pont, achevé en 2011, a détenu un record du monde de portance en courbe pour un pont à haubans Photo Claude Prigent

Dinard. L’Écluse, « La Reine des plages»


Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   








Patrick Chevalier

Patrick Chevalier

À  Dinard, la plage de l’Écluse est présentée comme la plage aristocratique par excellence, avec ses luxueuses constructions et ses mondanités incessantes. Ses attraits climatiques, ses paysages côtiers exceptionnels et cette belle plage de sable fin ont favorisé une émergence précoce du tourisme. Le succès et la renommée de Dinard reposent sur la communauté anglaise. Dès le XIXᵉ siècle, cette colonie imprègne le mode de vie et le paysage de la station balnéaire. Dinard fait alors une entrée dans la littérature touristique : La Reine des plages », La Monaco des étrangers » « La perle de la Côte d’Émeraude », « La Nice du Nord ».    

Après les souffrances de la Grande Guerre, la ville connaît un second âge d’or sous le signe de la modernité. La station balnéaire, en pleine effervescence, affiche son dynamisme en investissant dans des équipements derniers cris, comme le casino Balnéum (à gauche sur la photo), devenu aujourd’hui le Palais des Arts et du Festival. Construit en 1928 dans u style art déco par l’architecte parisien Maurice-Fournier, le casino Balnéum comprenait trois niveaux abritant des salons de jeux ainsi qu’un théâtre de875 places, un salon de lecture, et un grand hall d’accès ouvrant sur une immense terrasse.   

 Une piscine conçue comme une attraction

Le deuxième niveau du casino Balnéum comprenait un grand restaurant, un bar américain, une spacieuse salle de fêtes et un dancing, disposés autour de la piscine d’eau de mer chauffée, conçue comme une véritable attraction, éclairée la nuit, avec ses mosaïques bleu et or d Odorico. Elle a été détruite dans les années 60 pour donner naissance à l’actuelle piscine olympique. Au centre de la plage, le high-life Casino, couvert d’un lanterneau encore en place aujourd’hui, deviendra le nouveau casino Palais d’Emeraude en 1966 et l’hôtel des Terrasses, transformé aujourd’hui en résidence. Au niveau de la digue se trouvait un palais des jeux, indépendant du casino, avec sa retonde en verre. Enfin, 200 cabines de bain et 150 tentes étaient mises à la disposition de la clientèle. Véritables emblèmes de la plage de l’Écluse, les tentes de toile rayée ciel et blanc l’habillent avec élégance depuis de nombreuses saisons.

  ⧨  Le saviez-vous 

La romancière Agatha Christie (1891-1976) a appris à nager à la plage de l’Écluse. « Mon souvenir le plus important sur Dinard, c’est que j’y ai appris à nager. Je me rappelle mon orgueil incrédule et ma joie quand je réussis à exécuter six brasses, toutes seule, sans être submergée ».        

La plage de l’Écluse en 1954.
Archive Le Doaré-Châteaulin

Les tentes de toile rayée sont l’emblème de la plage à la belle saison .

Photo Patrick Chevalier

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Pascal Bodéré

Pont – L’Abbé. La rivière qui mène au château

Elle prend sa source à la limite communale entre Landudec et Plogastel- Saint-Germain et se jette dans l’océan après avoir rejoint Loctudy par les terres intérieures. La rivière de Pont-L’abbé est à la capitale bigoudène ce que la coiffe est aux femmes du pays : un point de repère qui, de fil en aiguille, trace un trait d’union entre terre et mer.  

Spatules et… Maison blanches

Qui va à Pont-l’Abbé doit cheminer le long de cette rivière bordée, sur sa partie maritime, d’un très beau halage où jadis les chevaux tiraient les embarcations jusqu’au port de commerce. Port qui dans les années 1900, voyait transiter jusqu’à 15 000 tonnes de produits agricoles sur ses quais. Sur cette rivière, la faune et la flore sont remarquablement abritées dans une zone naturelle d’intérêt écologique de 600 ha qui est en partie propriété du Conservatoire du littoral. Spatules blanches, hérons cendrés, courlis… y volent et y nichent. Paisibles. Certains vestiges de l’époque commerciale restent aussi visibles au bord de la rivière, comme « La maison blanche ». Bâtie en 1865, elle servait de logement au garde maritime de la rivière jusqu’à ce que la Marine nationale, qui en était propriétaire, la vende. Le lieu devient un bistrot, haut lieu de la fête pont l’abbiste dans les années 1920-1930.

Un château du XIVᵉ siècle

Dans sa partie « terrienne », la rivière pose quelques étangs comme celui du « Toul dour » en Plonéour-Lanvern ou celui de Pont-l’Abbé au coeur de la ville. Là se dresse le majestueux château qui abrite aujourd’hui la mairie et le Musée Bigouden. Édifié au XIVᵉ siècle par Hervé du Pont et largement modifié aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, ce château est le château des barons du  Pont. Il fut fondé par les moines de l’abbaye de Loctudy. Il a été vendu comme bien national à la Révolution. En partie démoli puis racheté par la ville de Pont-l’Abbé en 1836, il a été rénové en 1954. C’est un des principaux bâtiments de la Ville. Il ouvre la rue commerçante, dite rue du Château. Lequel est inscrit sur la liste des monuments historiques depuis 1926 et qui fait la fierté des Pont-l’Abbistes !   

⧨  Le saviez-vous ?

La plus grande fête de Pont-l’Abbé est la Fête des Brodeuses. Elle a lieu ces 12, 13 et 14 juillet 2019. La Reine des Brodeuses y est sacrée dans le costume traditionnel dont la fameuse coiffe bigoudène rendue célèbre avec les manies du spot télévisé Tipiak et leur fameux cri « Piraaates ! »

La rivière de Pont-l’Abbé en 1949. Archives Doaré Châteaulin
En 2019, la rivière reste un point de repère pour les Pont-l’Abbistes.

Photo Claude Prigent

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Rennes. Les anciennes portes de la ville

Julien Joly
Ne vous y trompez pas : même s’il coule au pied des anciens remparts de Rennes, le canal d’Ille-et-Rance n’est pas un reste de douve. Il n’a été construit qu’au XIXᵉ siècle. L’endroit aurait pourtant participé, à sa manière, à la défense de la capitale bretonne.
Trait d’union
En 1356, Rennes est assiégée par les Anglais. Pour provoquer les habitants, les soldats rassemblent des centaines de porcs dans un pré (situé à la place des immeubles, à gauche sur la photo). Le capitaine de Penhoët, en charge de la défense de la ville, retourne la situation. Selon la légende, il suspend une truie en chaleur aux remparts ; à ses cris, les porcs accourent vers l’appât. Penhoët ouvre grand les portes pour faire entrer les pourceaux. Voilà Rennes ravitaillée… Grâce à ses ennemis.

Le canal d’Ille-et Rance est achevé en 1832. Ce tronçon (ou bief) symbolise particulièrement le développement de Rennes à partir des années 1960. Trait d’union entre l’ex-ville fortifiée et ses faubourgs, le quai Saint-Cast a alors été absorbé dans le centre – ville. Les maisons du quartier Bourg – L’Évesque, jugées insalubres, ont fait place à des barres futuristes, dominées par les emblématiques Horizons (1970) de Georges Maillols. Le canal marque désormais l’entrée de hauts lieux des soirées rennaises : la place Saint-Michel au nord, et le mail François-Mitterrand au sud.
Seaux d’aisance
Au fond, on aperçoit le pont Bagoul reliant les Lices à la rue de Brest. Auparavant appelé pont Saint- Étienne, il doit son surnom aux flâneurs qui bavardaient en venant voir les bateaux. Bagouler voulant dire parler à tort et à travers. Les journaux du début du XXᵉ siècle parlent régulièrement d’habitants qui tombaient dans le canal à ce niveau. L’issue était souvent fatale. En 1934, des Rennais commencent à se plaindre des riverains qui jettent leurs seaux d’aisance depuis le pont. Le canal est, de plus en plus, régulièrement envasé et obstrué par les roseaux. Aujourd’hui, c’est un point de vue apprécié des promeneurs. Les bateaux de marchandises ont disparu, mais un coiffeur s’est installé dans une des péniches.
Dans les années 60, le quai Saint – Cast se fait absorber par le centre – ville. Archives Le Doaré Châteaulin


En 2019, les bords du canal d’Ille-et-Rance sont appréciés des promeneurs. Photo François Destoc

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Dinan. Le port et son pont millénaire

Gwen Catheline


Ce n’est pas la plus spectaculaire des vues du port de Dinan. Mais l’image de Jos Le  Doaré en dit long sur l’essence de ce joyau caché au fond de son estuaire, à l’instar des ports de Morlaix, Pontrieux ou Auray. Avant d’être un port, c’est d’abord un pont, et avant d’être un pont-avant l’an mil- c’est un passage à gué où l’on franchit la Rance.
Le pont est construit dans les années 1070, pour relier les deux prieurés préfigurant Dinan : celui de Saint-Malo, sur le promontoire dominant le fleuve, où se trouve l’essentiel de la ville actuelle ; et celui de la Madeleine du Pont, au bord de l’eau, qui deviendra l’actuelle Lanvallay.






Dans la droite ligne du pont,  la rue Jerzual, la plus célèbre et pittoresque rue de la vile, grimpe à pic du port jusqu’aux hauteurs.  C’est  la première artère de ce qui deviendra la troisième ville du Duché de Bretagne à son apogée. Bientôt millénaire, le « vieux pont », comme on l’appelle tout simplement à Dinan, à changé bien des fois de Physionomie. « Au départ, il est plus long et horizontal.

Il prend sa silhouette actuelle en forme de dos d’âne en 1922, après la guerre, avec la grande arche centrale, qui permet aux gabarres et chalands de remonter vers Rennes », rappelle Loïc-René Vilbert, le bibliothécaire honoraire de Dinan, puits de connaissances locales.
Avec la canalisation de la Rance dans les années 1830, le pont est raccourci par un remblai visible au centre des photos, où l’on voit encore œuvrer les dernières lavandières, bientôt remplacées par les flâneurs. Les grandes bâtisses des deux côtés  du pont – un ancien moulin au fond, un probable entrepôt portuaire à gauche – sont devenues des restaurants aux terrasses rasant les flots. Au premier plan, « les trois jeunes en tenues de sport annoncent l’avènement de la société des loisirs », sourit notre érudit. Le ponton où ils dorent au soleil deviendra vite la rampe de lancement du club de canoë-Kayak de la Rance, créé en 1967. Face à eux, sur l’eau, un doris amarré rappelle la vocation maritime passée du port de Dinan, où « beaucoup de marins s’installaient à leur retraite, en y gardant un bateau souvent modeste », rappelle Loïc –René Vilbert. Refaits à neuf ces dernières années, le port, ses quais et ses pontons de plaisance sont désormais tout entiers tournés vers le tourisme.

 ⧨  Le saviez-vous ?
Comme les falaises d’Etretat ou le pont du Gard, le port de Dinan est l’un des rares lieux de France choisis par Microsoft pour les fonds d’écrans de son système d’exploration Windows7. Le vieux pont a ainsi été admiré par des millions de personnes… Sans qu’elles sachent où la Photo a été prise !
     
 
Sur cette photo de 1995, face aux enfants, sur l'autre rive, un doris est amarré
Sur cette photo de 1995, face aux enfants, sur l’autre rive, un doris est amarré. Archive Le Doaré- Châteaulin
Le vieux pont, les quais et les pontons de plaisance sont désormais tout entiers tournés vers le tourisme.

Photo Claude Prigent