Quiberon. Port-Haliguen poursuit sa mue

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

Loïc Berthy

Port-Haliguen, c’est l’histoire d’un cycle. Un cycle qui n’est pas encore au plus haut mais qui s’emploie à remonter la pente. Le seul port naturel de la presqu’île, port historique de Quiberon, était devenu un peu falot. La faute à l’autre port Quiberon, Port Maria, qui concentra au fil du temps l’essentiel de l’activité de pêche,  compta jusqu’à treize conserveries, et décentra ainsi la vie du côté sud de la commune. Et puis il y eut le développement de l’activité touristique, qui transforma Quiberon en une destination balnéaire incontournable, détournant encore bien plus de la lumière le charmant petit Port-Haliguen.

Aujourd’hui, des touristes plus aventureux que les autres s’enhardissent à déserter la Grande Plage de sable afin de découvrir au gré d’une visite guidée ce petit port enclavé. Pourquoi pas ? Ça vaut bien un coup de soleil ! Lors de cette sortie à rebours du temps, ils apprendront que Port-Haliguen fut un haut lieu du cabotage. Que l’histoire locale se souvient encore de ces marins bretons, qui transportaient des poteaux de bois soutirés aux Landes de Lanvaux pour étayer des mines du pays de Galles et s’en revenaient dans des bateaux chargés de charbon. On y déchargea aussi de la glace acheminée de Norvège qui faisait le bonheur des mareyeurs.

Bien sûr, cette histoire remonte à bien avant que Port-Haliguen, en forme de virgule, soit comblé en partie afin d’y construire un parking. Ce port n’est plus aujourd’hui ce qu’il était il y a encore une centaine d’années. Mais il n’est pas encore celui qu’il sera d’ici deux ans. De très lourds travaux sont en effet menés depuis 2017 et se poursuivront jusqu’en 2021 pour donner une nouvelle prestance au port de plaisance. Certes il occupe la troisième place au rang départemental, derrière ceux du Crouesty et de la Trinité-sur-Mer mais ses installations nécessitaient pour le moins d’être rafraichies. C’est ce que fait la Compagnie des ports du Morbihan, à coups de millions d’euros (28, en l’état actuel), faisant de ce chantier le plus important mené sur un port de plaisance en France actuellement. Mais que le promeneur n’ait crainte, en été, ces travaux sont à l’arrêt.

 Le saviez-vous ?

C’est à port-Haliguen que débarqua le capitaine Alfred Dreyfus, le 1er juillet 1899, après avoir été déporté pendant quatre ans sur l’île du Diable, en Guyane. Condamné à perpétuité, l’officier revenait en métropole pour y être de nouveau jugé. Une plaque apposée sur le quai commémore cet événement.  

Port-Haliguen, le seul port naturel de la presqu’île de Quiberon, en 1954. Archive Le Doaré-Châteaulin

Des travaux importants sont menés depuis 2017 pour moderniser le port de plaisance. Photo François Destoc

Vannes. La porte qui ouvre au port

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Stéphanie Le Bail

La porte Saint-Vincent, des remparts et la rue du même nom, à Vannes, sont le passage obligé entre la ville intra-muros et le port. Des milliers de va-et-vient ont lieu sous les pieds du saint patron qui guide le passant au doigt et à l’œil. En cet après-midi de juillet, jeunes Vannetais en terrasse, touristes de passage, retraités en promenade, travailleurs pressés se mêlent, bravant la circulation entre les quais et la place Gambetta pour emprunter la porte de la ville, passant sous la statue.

Noyé dans le paysage depuis 395 ans, dans l’indifférence de bien des badauds, le saint homme tient pourtant la mer en respect. Bras et doigt tendus vers le bassin, dans ses 600kg de fonte, saint Vincent Ferrier met les eaux en garde, selon la légende qui veut que s’il venait à tomber, la ville serait envahie par la mer. Les historiens rappellent qu’avant la construction du port et de la porte, à la fin du XVI  siècle, aux grandes marées, la mer remontait en ville. Une voie marécageuse que les marins des îles du golfe du Morbihan remontaient en bateau pour effectuer leurs livraisons. Vincent Ferrier, dominicain espagnol mort à Vannes en 1419, est une figure religieuse de la ville, dont une partie des reliques  constitue le trésor de la cathédrale. C’est en 1624 que la statue du saint patron du pays de Valence est posée en haut de la porte, donnant aussi son nom à la rue, considérée, au XVIIᵉ siècle, comme l’une des plus belles de la ville : c’était l’adresse des « riches hôtels particuliers en pierre, et non à pans de bois, qu’on fait construire les conseillers du parlement de Bretagne », rappelle l’historien François Ars.

Rue piétonne

Lieu d’activités maritimes, puis place commerciale et zone touristique et de détente faisant la part belle aux terrasses qui n’ont eu de cesse de prendre leurs aises : L’histoire fait son œuvre. Depuis un an, la porte s’est vue équipée d’une borne pour tenir à distance les véhicules, faisant, enfin, de la rue Saint-Vincent et de la place Gambetta une zone piétonne. C’est par ici que passent les animations, ici qu’on se donne rendez-vous, là que se font entendre les manifestations, là encore que l’on se fait prendre en photo, côté pile avec le port en paysage, côté face avec le centre historique en toile de fond.

     ⧨  Le saviez-vous ?

Cercles et  bagadoù du pays de Vannes triompheront, les 14 et 15 août à Vannes, à l’occasion des Fêtes d’Arvor qui passeront forcement par la porte Saint-Vincent pour animer la porte et sa place Gambetta.

La porte Saint-Vincent depuis la place Gambetta, en 1957. Archive Le Doaré-Châteaulin


Aujourd’hui, une borne limite l’accès de l’intra-muros aux véhicules. Photo François Destoc

Le Conquet. Un port de pêche authentique

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Stéphane Jézéquel

Le Conquet respire la mer par tous ses pores ! 25 navires y pratiquent la pêche au filet et au casier. 200 unités de plaisance s’y abritent et pas moins de 200 000 personnes transitent chaque année pour embarquer et débarquer de Molène et Ouessant. « C’est un village qui vit toute l’année », résume Jean-Michel Kérébel, adjoint au maire délégué au port. « Et c’est un endroit où le nombre de commerces ne cesse de croître ! », résume-t-il pour illustrer le dynamisme de la commune.    

Paimpolais et pêche au casier

Si les marins-armateurs du XVᵉet XVIIᵉ y ont construit de remarquables bâtisses amoureusement entretenues, la ville (on dit que l’on descend en ville, et pas au bourg, quand on va au Conquet !) a gardé ce sens du commerce et du brassage. L’arrivée des Paimpolais, entre 1850 et 1900, a consolidé la pêche aux crustacés dans le secteur. Devenu place forte pour le crabe (la fosse d’Ouessant), la langouste et le homard, et malgré une sévère diminution des navires professionnels, le port a gardé le bon goût de la pêche côtière.  On en pince toujours autant pour l e Conquet et ses 2700 habitants ! La protection du port et la construction de ses digues successives ont progressé au fil du temps, même si les coups de  vent d’Ouest continuent de faire danser les navires dans ce qui n’était avant le siècle dernier, qu’un aber ouvert aux éléments, un bras de mer à la biodiversité remarquable en fond de port.

Organisée début août par gros coefficient de marée (où fileyeurs et caseyeurs font relâche), la fête des pêcheurs (le 4 août cette année) est un temps fort de la programmation estivale locale. Le lien avec la population est entretenu par les pêcheurs toute l’année en proposant le produit de leur pêche en direct, par mortes eaux, souvent entre 16h et 19h. Arrivée sur le port, impossible de manquer le magistral hôtel Sainte-Barbe, longtemps en travaux mais tout nouvellement rouvert. L’hôtel Spa quatre étoiles propose 34 chambres avec vue sur mer, dans un look complètement rafraîchi, véritable locomotive haut de gamme sur le saisissant balcon surplombant le mer d’Iroise. Une autre image du Conquet d’aujourd’hui.

 Le saviez-vous ?

Le Conquet est également le point de départ pour aller à la découverte des richesses du plateau rocheux de Molène et Ouessant, lors de balades en mer organisées par des professionnels : (phoques, cétacés…) et flore (algues)…

Le port du Conquet en 1955. Archive Le Doaré-Châteaulin

Le Conquet compte encore 25 bateaux de pêche en activité.

Carnac. Les alignements mégalithiques

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Jérôme Bouin

Carnac, ses plages, mais surtout… ses mégalithiques. La commune morbihannaise est inextricablement liée à ce patrimoine unique. De quoi parle-t-on ? De milliers de pierres plantées dans le sol et dressées à la verticale au Néolithique, entre 5 000 et 2 200 avant notre ère, bien avant les Gaulois ou Obélix (La légende est tenace). Les menhirs sont placés par ordre de taille. À l’extrémité, une enceinte mégalithique, parfois effacée. Les deux principaux alignements (Le Ménec et Kermario) regroupent à eux seuls près de 3 000 menhirs.

En 1840, alors que les mégalithes sont l’objet d’un intérêt croissant, ceux  de Carnac sont inscrits par Prosper Mérimée sur une liste des monuments à protéger. En 1889, ils sont classés au titre des Monuments Historiques. Cela n’empêchera pas les polémiques à répétition sur la gestion du flux touristique. Le site est aujourd’hui géré par le Centre des monuments nationaux, sous tutelle du ministère de la culture.    

Reconnaissance internationale

À quoi servaient ces menhirs ? Monuments religieux, culte de la lune ou du soleil, ruines d’un temple… Les hypothèses sont légion. Le site officiel y voit « les vestiges d’architectures élaborées en connexion avec des monuments funéraires encore présents aux abords ou au sein même des files de monolithes ». Car ici, les pierres dressées ne sont pas les seules vedettes. D’autres architectures présentent un intérêt égal : dolmens et tumulus. Dans cette dernière catégorie, qui rassemble des collines artificielles recouvrant une ou plusieurs sépultures, le tumulus Saint-Michel. Sur ce géant (120 m de long, 60 de large, 12 de haut), trône une chapelle. De là, le visiteur savoure un panorama sur la baie de Quiberon.

Chaque année, on estime à 600 000 le nombre de visiteurs à Carnac. Le site est connu à l’échelle internationale. Mais il court encore après une reconnaissance encore plus prestigieuse. Carnac s’est donc allié à 25 autres communes du Morbihan pour l’obtenir l’inscription des mégalithes du sud du Morbihan au patrimoine mondial de l’Unesco. Réponse (espérée) pur 2021.

   Le saviez-vous ?

Certains paient pour visiter les alignements de Carnac. Eux y paissent librement à longueur de journée. Des moutons de race landes de Bretagne sont utilisés pour entretenir les espaces verts entre les menhirs. L’objectif n’est pas d’attirer davantage de visiteurs mais de préserver le paysage de bocage.   

Les alignements de Kermario en 1980. Archive Le Doaré- Châteaulin
Sujet d’intérêt depuis le XIXᵉ siècle, ces pierres n’ont pas livré tous leurs mystères. Photo François Destoc














































Pleumeur-Bodou. « Allô l’espace, ici la Terre ! »

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Juliette Penn

Le littoral de Pleumeur-Bodou s’étend sur près de 17 km. Mais ce ne sont pas les plages de cette commune costarmoricaine qui font sa notoriété ! Non : ici, l’attraction,  c’est le fameux radôme haut de 50 m qui se dresse sur la lande du pays du Trégor. Construit entre 1961 et 1962, il fait figure de pionnier dans l’histoire des télécommunications spatiales.

Serait-on en train de construire une base secrète ?

L’histoire commence en 1961. Les  États-Unis, alors lancés dans la course à l’Espace, mettent en œuvre le programme Telstar dont le but est de réaliser la toute première transmission d’images entre l’Amérique et l’Europe via satellite. Un premier radôme est érigé dans l’État du Maine, mais l’expérience nécessite la construction d’un second de l’autre côté de l’Atlantique. Sous l’impulsion de Pierre Marzin, alors directeur du Centre national d’études des télécommunications, basé à Lannion, c’est le site de Pleumeur- Bodou qui est choisi. Le chantier pharaonique démarre en octobre. Il intrigue la population locale. Que font donc ces 1250 personnes qui se relaient 24 heures sur 24 pour parvenir à achever la construction dans les délais ? Un important dispositif de surveillance est mis en place. Serait-on en train de construire une base secrète ? Que nenni : au bout de neuf mois, un temps record, le radôme sort de terre, dissipant les interrogations locales. Début juillet 1962, l’antenne abritée par le radôme est fin prête.

Une notoriété mondiale

Le 11 juillet, peu après le lancement du satellite Telstar, la liaison est établie entre les États-Unis et la France. C’est un véritable succès au retentissement mondial. Par la suite, il deviendra l’un des principaux lieux de transmission d’images au monde. Il reste en activité jusqu’en 1985. Classé Monument historique depuis 2000, le radôme de Pleumeur – Bodou est unique. L’énorme sphère est une simple toile de 2mm d’épaisseur gonflée        d’’air. Aujourd’hui, elle trône au centre de la Cité des télécoms permet de découvrir l’histoire des technologies de communications. Chaque année, des milliers de visiteurs y affûtent leur curiosité. Et s’imaginent même émettre un message : « Allô l’Espace, ici la Terre ! »    

 Le saviez-vous ?

Le 19 octobre 1962, c’est l’événement : le général de Gaulle, président de la République, se rend sur le site pour inaugurer ce nouveau centre de pointe, et dévoile un menhir gravé érigé afin de célébrer la réussite du projet.

Le radôme de Pleumeur-Bodou, ici en 1963, deviendra l’un des principaux centres de transmission d’images au monde. Archive Le Doaré-Châteaulin
Aujourd’hui, le radôme n’est plus en activité mais trône au milieu de la Cité des télécoms. Photo Nicolas Creach

Le mont Saint-Michel. De Brasparts, bien sûr !

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Juliette le Penn

Posé sur la commune de Saint-Rivoal, le mont Saint-Michel dit « de Brasparts » fascine. Depuis son sommet, un vaste paysage s’étend sous les yeux du promeneur. Des landes couleur ocre habillent les terres des monts d’Arrée. Situé au cœur du Finistère, sur la route entre Morlaix et Quimper, ce lieu continue de nourrir l’imaginaire breton.

Haut de 381 m, le mont Saint-Michel de Brasparts fut un temps considéré comme le point culminant  des monts d’Arrée. C’était de la pointe de la chapelle, qui se dresse à son sommet, que l’on mesurait l’altitude. Le vrai point culminant de la Bretagne se trouve à un coup d’aile de rapaces, sur la pierre du Roc’h Ruz (Plounéour – Ménez) à… 385 mètres d’altitude. Reste qu’au sommet du mont Saint-Michel, c’est un panorama à 360° qui s’offre au visiteur.

Outre la vue imprenable sur le lac, les landes et le ciel, la petite chapelle vaut le coup d’œil. En 1673, elle n’était qu’une cabane faite de perches et de branchages entrelacés. Plus tard, les pierres qui formeront les murs seront extraites sur place et les ardoises de son toit viendront de la carrière d’Hengoat, en Saint-Cadou. L’histoire locale raconte que des bœufs auraient servi à l’acheminement des matériaux jusqu’en haut du mont. Aujourd’hui, une route, puis des escaliers y mènent.        

Au pied du mont, les portes de l’enfer

Au pied du mont Saint-Michel, un autre espace hors du temps : le Yeun Elez. Une légende raconte que ce grand marécage cacherait une des portes de l’enfer. Mais il a aussi fait la richesse du pays par le passé. Sa tourbe représentait un moyen de se chauffer et une source de revenu pour les paysans, qui la revendait jusque dans le Léon. 

Dans les années 30, le paysage s’est transformé : un lac artificiel est construit en lieu et place des marais. À partir  de 1967, il est utilisé par la centrale nucléaire de Brennilis. En cours de démantèlement, elle fait aujourd’hui l’objet d’une surveillance constante. Un vaste projet de reconquête de cet environnement est ainsi lancé depuis 1985. Pour que, dans ce cœur du Parc naturel régional d’Armorique, vive le mont ! 

 Le saviez-vous ?

La Chapelle du mont Saint-Michel, construite au XVII ᵉ siècle, a été totalement détruite lors de la Révolution. Pendant près de 30 ans, elle est restée à l’état de ruine. Elle a été reconstruite en 1821, pour remercier saint Michel d’avoir mis fin à une épidémie qui sévissait dans la région.

Au début du XVII ᵉ siècle, le mont Saint-Michel de Brasparts était considéré comme le point culminant des monts d’Arrée. Archive Le Doaré Châteaulin
Au bord de la route, devenue une départementale, on aperçoit, sur le bas côté à droite, les ruines de la maison en pierre. Photo Claude Prigent

Trévarez. Un château rose dans la verdure

        Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

Juliette Penn

Construit en fin du XIXᵉ et le début du XXᵉsiècle, à la Belle  Époque, le château de Trévarez est atypique. Surnommé «  le château rose », de la couleur de ses briques, il est devenu un véritable lieu touristique. Son domaine est classé Monument historique de puis 2009.

Deux ascenseurs, de l’eau chaude… le luxe des kerjégu ! 

Le château doit son existence à James de Kerjégu, un politicien né à Trévarez, qui a donné toute sa splendeur à ce lieu. Lorsqu’il sort de terre en 1893, c’est à la fois une des dernières œuvres architecturales de ce genre construite en France, mais aussi symbole de grande modernité. Avec deux ascenseurs, de l’eau chaude à tous les étages et… des sanitaires, c’est une demeure véritablement luxueuse !

C’est l’architecte le plus en vue de l’époque, Walter André Destailleur, qui conçoit cette demeure confortable, pour James de Kerjégu et les siens, qui aiment recevoir amis et famille le temps de séjours organisés autour de parties de chasse et de promenades à cheval. Mais arrive la Seconde Guerre mondiale. Pendant l’Occupation, l’armée allemande réquisitionne le château de Trévarez, qui devient un lieu de repos pour les sous-mariniers allemands et japonais basés à Brest et Lorient. Lors des combats de la libération, le château est bombardé par les forces aériennes britanniques.  

Du bombardement aux douceurs des camélias

La bâtisse est la seule victime de ce bombardement, l’armée allemande étant déjà partie. L’aile ouest est fortement endommagée. Le château restera longtemps abandonné. Autrefois lieu de grandes festivités, il n’est alors plus que de ruines. Le coût des réparations est bien trop élevé pour les propriétaires. Il faudra attendre 1968 pour que le conseil général du Finistère rachète le domaine.

Progressivement, les jardins sont rénovés, puis la demeure. Le domaine de Trévarez, ouvert au public, reprend vie. Les vastes jardins à l’anglaise font aujourd’hui sa notoriété : on y trouve notamment pas moins de 160 camélias centenaires !    

 Le saviez-vous ?

Sous le château de Trévarez existe un souterrain faisant office d’égout pluvial. Il est long de 150 mètres. C’est le refuge hivernal de nombreuses chauves-souris, dont plusieurs centaines de grands rhinolophes. Ces petites bêtes se déplacent sous les toits durant l’été pour se reproduire.  

Le château de Trévarez en 1988: l’aile ouest a été fortement endommagée à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Archives Le Doaré- Châteaulin
Ouvert au public et rénové, le domaine de Trévarez est célèbre pour son parc et ses expositions d’art contemporain Photo Claude Prigent

Île de Batz. La cale du port

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Monique Kéromnès

L’île de Batz, petit joyau au large de Roscoff et à seulement quinze minutes en bateau du continent…Ça, c’est aujourd’hui ! Mais imaginez-vous plus de cinquante ans en arrière. » C’était une autre histoire ! Surtout à marée basse. Il fallait, au niveau de la clinique Kerléna, à Roscoff, se déchausser et marcher un peu sur la grève ! Ensuite, on montait dans un petit canot qui permettait de rejoindre le bateau qui attendait dans le chenal, là où il y a assez de hauteur d’eau. Arrivé de l’autre côté, même chose : on mettait les Batziens et les visiteurs dans le canot pour rejoindre l’une des cales de l’île, à marée basse celle qui se trouvait au bout du môle… Il fallait parfois compter une heure et demie au total ! », Raconte Pierre-Yves Decosse, dont la famille est originaire de l’île et qui a un site internet sur l’histoire maritime de la Bretagne Nord. Guy Cabioch, Le maire de l’île de Batz, confirme : « Ah oui ! Nous étions quatre ou cinq jeunes à se farcir le guidage du canot, en aviron ! »       

Construite d’abord par les îliens

Car à l’époque, la cale du port, que l’on appelle la cale de l’île aux moutons-du nom du petit îlot auquel elle est rattachée-, n’est pas bien longue, et accessible seulement à marée haute. Aussi bien côté Roscoff que côté de Batz, plusieurs petites cales existent pour accoster en fonction de la marée. Celle de l’île aux moutons est née en 1850. Elle est construite en pierre, par les îliens eux-me ! Elle relie alors que l’île de Batz à l’île aux moutons. Elle est modernisée dans les années 30, rehaussée au début des années 60.  

La révolution 1969

« La révolution, Ça a été 69 ! Avec l’allongement de la cale et, en face, à Roscoff, la construction de l’estacade qui permettait aux bateaux d’accoster par tous coefficients », raconte Guy Cabioch. Elle a aussi été élargie en 1989. Mais gare aux étourdis au bord de l’eau ! « Les îliens se souviennent encore, dans les années 70, de la 2CV des bonnes sœurs partie à l’eau parce qu’elles avaient oublié le frein à main ! Elles ont vite été repêchées ! », Sourit Pierre-Yves Decosse.   

       Le saviez-vous ?

« Aujourd’hui encore, ce sont les fils et petits – fils des passeurs de l’époque qui assurent les traversées », raconte Guy Cabioch, le maire. Ces marins, tous batziens, sont appelés bateliers. Des bateaux creux, style goémoniers, ils sont passés aux vedettes à moteur, dans les années 60.

La cale du port de l’ île de Batz, qu’on appelle alors cale de l’île aux moutons, en 1952. Archive Le Doaré-Châteaulin

L’allongement de la cale, en 1969, a rendu possible l’accostage quelle que soit la marée.

Penmarc’h. Le phare d’Eckmühl veille

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Delphine Tanguy

Du haut de ses 60 mètres (64,80 mètres plus exactement si on prend en compte la hauteur de la lanterne), le phare d’Eckmühl, situé sur la pointe de Saint-Pierre, à Penmarc’h, offre une vue imprenable sur la baie d’Audierne. Bien connu des marins, il émet un éclat blanc toutes les cinq secondes et sécurise ainsi l’une des côtes françaises les plus dangereuses en raison de la présence de nombreux récifs. Il peut aussi servir d’amer aux terriens en perdition. « Le phare d’Eckmühl est une grosse lanterne. Si tu as perdu ta route sur la lande, tu regardes à droite ou à gauche et tu vois où est Saint-Guénolé », écrit Max Jacob, dans un des « Poèmes de Morven le Gaélique », où il compare le rôle d’une femme pour les hommes à celui du phare pour les marins.

Un financement inattendu

Entreprise en 1894, sa construction, à côté des phares précédents, la « vieille tour » et le phare de Penmarc’h, marque le début de la modernisation maritime des côtes. Elle fera l’objet d’un financement inattendu auquel il doit son nom. En effet, la marquise Adelaïde Louise d’Eckmühl de Bloqueville lègue à sa mort la somme de 300 000 francs – or, à condition que l’édifice porte le nom de son père, le maréchal d’Empire Davout, nommé « Prince d’Eckmühl » après une importante victoire remportée par l’armée napoléonienne sur les Autrichiens, près du petit village d’Eggmühl en Basse – Bavière. « Les larmes versées par la fatalité des guerres, que je redoute et déteste plus que jamais, seront rachetées par les vies sauvées de la tempête », précise la donatrice dans son testament. Les murs du bâtiment son bâtis en granit de Kersanton, acheminé par bateaux depuis les carrières de Daoulas, et la paroi de la cage d’escalier est recouverte d’opaline. Classé au titre des monuments historiques depuis le 23 mai 2011, le phare est aujourd’hui l’un des monuments les plus visités du Finistère. En 2007, les 110 ans du phare donnent lieu à la première édition du Championnat du monde de l’ascension du phare d’Eckmühl, course pédestre contre la montre consistant à gravir les 290 marches le plus rapidement possible.

       Le saviez-vous ?

Situé au pied du phare d’Eckmühl, l’ancien phare datant de 1835, est aujourd’hui Centre de découverte maritime. Au rez-de-chaussée, une exposition relate l’histoire des phares et balises, tandis que l’étage accueille la magnifique expo »Carnets de voyage » des auteurs de BD Benjamin Flao, Simon Hureau et Geneviève Marot, Jusqu‘au 29 septembre.  

L’inauguration, le 17 octobre 1897, a donné lieu à de grandes festivités. Archive Le Doaré-Châteaulin
Le phare d’Eckmühl a été classé au titre des monuments historiques le 23 mai 2011. Photo Claude Prigent

Lac de Guerlédan. L’échappée belle

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Thierry Le Corre

C’est une perle  bleue dans un écrin de verdure, le lac de Guerlédan serpente sur douze kilomètres en Bretagne centrale, entre la commune nouvelle de Guerlédan, à l’est, et bon repos, à l’Ouest. Il épouse le tracé du Blavet. Le fleuve a été en partie canalisé au cours du XXᵉ siècle pour rendre possible la navigation entre Nantes et Brest. Sous le lac, une succession d’écluses englouties témoigne de ce passé. Elles sortent de l’oubli très rarement, lors des vidanges opérées par EDF. Le dernier Assec, en 2015, avait attiré des milliers de curieux.   

Un barrage-poids en béton

Car ne l’oublions pas, la raison d’être de ce lac est, depuis le départ, la production d’électricité. La retenue d’eau a vu le jour pour alimenter le barrage hydroélectrique de Guerlédan. De type « poids béton », l’ouvrage a été édifié entre 1923 et 1931 et représente un vrai défi technique. Au début des années 30, il est l’un des plus importants et imposants de France : 45 mètres de hauteur pour une longueur de crête de 206 m. Il retient un volume de 51 millions de m³ d’eau. À l’époque, les initiateurs du projet, le sous –préfet Joseph Ratier et l’ingénieur Auguste Leson, sont loin d’imaginer que cette mer d’eau douce serait, un jour, une destination touristique majeure en Centre – Bretagne.

Mais le public familial ne s’y trompe pas lorsqu’il en fait l’un lieu de villégiature de prédilection à partir des années 50. L’anse de Beau Rivage est la première à être courtisée. Progressivement, le site a pris une allure de petite station balnéaire avec sa plage, ses équipements, bars et restaurants… indissociables du lieu, les vedettes de Guerlédan, véritables institution locale, sillonnent le lac depuis 1974.

Le lac entouré de collines boisées est propice à toutes les activités de pleine nature : canoë-kayak, paddle, canot à pédales, ski nautique, bouée tractée, escalade, rando, pêche… Le tour du lac à pied (40 km) est sans doute l’expérience La plus la plus… Tregnanton, le bois de Caurel, l’anse de Sordan, offrent des points de vue des plus exceptionnels. On en ressort convaincu : le lac de Guerlédan est une merveille en Bretagne.  

      Le saviez-vous ?

Tous les 15 août, une fête –du- lac est organisée, en plein air, à l’anse de Landroannec, à Mûr-de-Bretagne (commune nouvelle de Guerlédan), ou sport, culture, animations ludiques et musique s’entremêlent. Une journée qui s’achève sur un air de fest-noz et face à un superbe feu d’artifice aquatique. Gratuit

Beau Rivage a conquis un public familial. Le site a toujours été l’un des plus fréquentés du lac. Archive Le Doaré- Châteaulin
Les vedettes de Guerlédan font partie du paysage. Le premier bateau en 1957 était en bois, et comptait 60 places. Photo Nicolas Creache