POUR DOMINIQUE LEROUX,« Brest, c’est la mixité et la liberté»

Source de l’article. Le télégramme de Brest

Lauryane Arzel

Pour Dominique Leroux, photographe, Brest est une « ville qui bouge ». (Photo Le Télégramme / Lauryane Arzel)

Le photographe Dominique Leroux a ses racines fermement plantées dans le sol du Haut-Jaurès, à Brest. Il revendique sa fierté d’habiter un quartier multiculturel, dans une ville dynamique.

Mon Brest à moi

Lauryane Arzel

Un lieu du déconfinement ?

« Le 9 juin, à 12 h tapantes, j’étais devant la porte du restaurant Casa Nostra, rue Magenta, à attendre la réouverture. Même si j’ai beaucoup de bonnes adresses, c’est vraiment mon restaurant favori et, en plus, j’habite à 50 m. C’est aussi un des seuls qui servent après minuit. Quand j’étais jeune, c’était un ancien magasin Honda où je passais très souvent. Le Haut-Jaurès, c’est chez moi, il y a une diversité qu’on ne retrouve pas ailleurs à Brest »

haut de la rue Jean-Jaurès, où Dominique Leroux connaît toutes les bonnes adresses. (Photo Le Télégramme / Lauryane Arzel)

Un endroit qui vous a manqué cette année ?

« Pendant les périodes de confinement, j’ai beaucoup cuisiné et, pourtant, j’ai quand même perdu du poids ! Ce qui m’a manqué, c’est d’aller dans un vrai restaurant gastronomique où on sert quelque chose de très travaillé. Je pense à L’Embrun, rue de Lyon, par exemple, même si je n’y suis pas encore allé finalement ».

Le restaurant gastronomique L’Embrun, situé au 48, rue de Lyon. (Photo Le Télégramme / Lauryane Arzel)

Un lieu qui illustre le dynamisme de Brest ?

« J’ai un vrai attachement aux Capucins, qui ont réussi à se faire approprier par les Brestois et qui sont réellement faits pour eux. C’est un endroit qui incarne le Brest qui bouge. Les Capucins et Brest, c’est la mixité et la liberté avant tout. On peut y voir des adolescents s’entraîner au hip-hop, au tai-chi, écouter des personnes jouer au piano, c’est ça que j’aime, ce mélange. Il y a aussi un écho avec mon histoire personnelle, car j’ai travaillé pendant quinze ans à l’arsenal, de 1977 à 1993, même si c’est l’école des Arpètes qui représente l’âme de l’arsenal pour moi ».


Brest (29) les Capucins , architecture

Dominique Leroux apprécie le dynamisme des Capucins. (Photo David Rochas)

Un premier souvenir de Brest ?

« Toute ma famille maternelle habitait rue Sébastopol, ma marraine, ma grand-mère et mes tantes. Mon oncle, le meilleur carrossier de Brest, était lui aussi un voisin. Un autre oncle travaillait à l’Économie Bretonne, une centrale d’achat située là où est aujourd’hui le parking Kerfautras. Le quartier était pour moi et mes frères un immense terrain de jeux. Je me rappelle aussi des GI américains qui passaient dans le quartier, l’image m’avait marqué ».

Le square Laennec jouxte le parking Kerfautras. (Photo Le Télégramme / Lauryane Arzel)

Un lieu d’enfance ?

« Je dirais même jardin d’enfance, le jardin de Kérinou. C’était un terrain assez sauvage et qui paraissait immense à l’époque. Il faut dire que, rue Marceau par exemple, il y avait encore une ferme. Avec mes trois frères, nous jouions souvent autour d’un immense bassin d’eau. Un oncle de mon père, charpentier de métier, nous avait fabriqué trois bateaux en bois, qui remportaient toutes les batailles navales en coulant les autres embarcations ».

Une idée de balade ?

« Ce qui me plaît à Brest, c’est d’avoir les deux côtés, mer et campagne. J’ai découvert le polder du Moulin-Blanc il n’y a pas si longtemps, et l’aménagement est exceptionnel. De nuit, j’y ai réalisé des photographies des hydroliennes dont les tubes étaient éclairés par d’immenses projecteurs. Du Moulin-Blanc, on peut aller au parc de Kérallan à Lambézellec, un lieu incroyable où il y a un bois, une rivière, un terrain de basket pour les jeunes… ».

Dominique Leroux a déjà photographié le polder du Moulin-Blanc pour son travail. (Photo Le Télégramme / Lauryane Arzel)

« Raconter une métamorphose ».

Dominique Leroux, photographe, ne manque pas d’idées ni de projet. En décembre prochain, un livre et une exposition auront en commun le récit du changement vécu par Brest et ses habitants.

« L’idée était de raconter l’histoire d’une métamorphose, car il n’y aura plus de construction navale à Brest, c’est un fait», explique Dominique Leroux. Une future exposition de l’ancien apprenti à l’arsenal investira les Capucins de décembre 2021 à février 2022. Objectif : faire le récit de la construction navale mais aussi se projeter vers l’avenir.

Monter des échafaudages aux Arpètes

 «Nous sommes entrain de construire la scénographie de l’exposition. Elle s’appuiera sur des tubes qui seront disposés dans le passage des arpètes», complète le photographe. «Elle abordera également le sujet des sous – marins nucléaires et de leur déconstruction. Nous avons pour cela fait appel à plusieurs partenaires : Navaléo, la mairie, les Capucins et Marc Échafaudages». Selon lui, l’exposition cherche également à mettre en valeur l’écologie et le recyclage, par exemple sur le sujet du désamiantage des sous – marins.

Autre projet à venir, un livre édité par Dialogues aux Éditions du parapluie jaune, à paraître en décembre 2021. Dominique Leroux dit avoir  «cherché à créer un travail d’auteur où (il) dirige cinq photographes, tous brestois, et deux écrivains. Leur point commun est de dépeindre l’évolution et la métamorphose de la ville».

Dominique Leroux rêve enfin de« pouvoir trouver une salle pour exposer des photos. Je veux faire venir encore davantage la photo à Brest, comme le travail accompli avec l’association Capab-Pluie d’images. Il faut mutualiser les forces ».     

Mon commentaire de visiteur (Ancien Métallo)  

 Un voyage merveilleux dans le monde de la photo,  les portraits, un moment d’émotion intense, nous projette dans notre ancien univers de la réparation navale, nous retrouvons les visages d’amis, de camarades de travail, une promenade dans une vie de labeur, de souvenirs heureux. Une redécouverte. Seul  un artiste de la photographie qui parle avec son cœur, pouvait nous faire revivre ce moment là. Merci Dominique Leroux, l’artiste de nos souvenirs. À la manière des grands peintres ton œuvre mérite  de figurer  dans le musée de la photo Brestoise.  Musée à créer par tout les amoureux de la photo. Ce lieu manque oui à Brest.

Un Ancien Métallo  

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