À l’été 1891, Brest face à la sécheresse

Source Le Télégramme de Brest.

L’équipe municipale a dû prendre des mesures pour lutter contre la sécheresse. (Collections du musée de Bretagne et de l’écomusée du Pays de Rennes)

Il y a exactement 130 ans, les réserves d’eau de la Cité du Ponant étaient presque à sec. En cause, une forte sécheresse qui s’est déroulée de mai à septembre 1891. La situation a posé plusieurs défis à la population brestoise et à l’équipe municipale.

Des nappes d’eau à sec

Brest ne peut alors compter que sur ses propres réserves car « il faut prendre en compte des considérations géologiques. Les bassins-versants alentour, qui recueillent l’eau de pluie, sont de petite taille », explique Franck Baraer, climatologue à Météo France. « Par conséquent, les réserves d’eau ne peuvent se reconstituer en l’absence de pluie ».

Les pluies, d’ordinaire habituelles en Bretagne, se font attendre à l’été 1891. En mai 1891, les relevés météorologiques font état de seulement 29 millimètres tombés, soit une baisse de 60 %. Le déficit pluviométrique atteint en moyenne 50 % de mai à septembre. La saison estivale succède aussi à un hiver déjà très sec. Du côté des températures, on reste dans la moyenne de la période : elles oscillent entre 20 et 22 °C.


Restrictions en vigueur

Champ-de-Bataille, des fontaines d’eau ont dû être coupées. (Collections du musée de Bretagne et de l’écomusée du Pays de Rennes)

Restrictions en vigueur

« Le manque d’eau est de toute façon un problème récurrent à Brest, qui court tout au long du XIXe siècle », mentionne Gilles Cardinal, auteur de
« Chroniques d’un Brest disparu ». D’après les comptes rendus des conseils municipaux, le niveau des sources de la ville avait baissé des deux tiers en 1891 ». À Recouvrance, chaque habitant dispose d’environ 27 litres d’eau par jour. La population intra-muros n’a, quant à elle, accès qu’à 21 litres d’eau par jour et par personne. Le chiffre tombe à 13 litres d’eau par jour pour un habitant de l’Annexion, aujourd’hui le quartier Saint-Martin. Les élus prennent des mesures pour réserver l’eau à l’alimentation publique, notamment la fermeture de certaines fontaines publiques. Au Champ-de-Bataille, l’actuelle place Wilson, seules deux bornes sur cinq fonctionnent. La ville envisage aussi le rachat des sources de Coat-ar-Gueven et Kerjean-Vras. Contrairement à d’autres épisodes de sécheresse brestois, il n’y a pas eu d’épidémie de choléra en 1891. L’hygiène de la ville laisse pourtant à désirer. « L’insalubrité était chronique, il n’y avait ni trottoirs, ni tout-à-l’égout », raconte Gilles Cardinal. « Les gens jetaient leurs pots de chambre par la fenêtre. Les sources étaient polluées par des dépôts d’immondices ». L’arrêt de l’arrosage des pavés entraîne l’accumulation de déchets et crottin de cheval. Après un mois d’août orageux, il tombera en octobre autant de pluie que pendant les cinq mois précédents.







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