Brest d’ hier et d’aujourd’hui. David Cormier. Le Télégramme de Brest

Le pont transbordeur et le croiseur « Marseillaise », vue d’une partie des bâtiments de l’arsenal dans l’enceinte du port militaire, 1909-1944. (Archives municipales de Brest)

Le Pont Transbordeur et le croiseur « Marseillaise »

Du Transbordeur au pont de l’Harteloire

La photo ci-dessus, jaunie à souhait, date d’environ 1910, juste après l’installation du pont transbordeur. Cet ouvrage d’art représente une des fiertés industrielles du Brest de l’époque (bien qu’il ait été construit à Bizerte, en Tunisie, alors protectorat français), avec le pont tournant

en aval. Le pont transbordeur était destiné à l’usage exclusif de l’armée. Il a péri par les armes en 1944, démoli définitivement trois ans plus tard. « On voit le plateau du Bouguen, au fond, l’énorme hangar et la construction de navires de guerre », note l’historien brestois Olivier Polard. «  Également les corderies, à droite, déjà inutilisées depuis la fin de la marine à voile. C’était tout près de l’hôpital militaire ». Et du bagne, rive gauche aussi, donc à droite sur les images prises de la pointe du plateau des capucins.   


Pont National (pont tournant Schneider et Compagnie Creusot) puis pont de Recouvrance (pont levant), la Penfeld (Brest) – Vue générale de l’arsenal de Brest après 1861 (date d’achèvement du pont) : le pont tournant ou Pont National. Il est constitué de deux volées tournantes qui permettent aux bateaux à haute mâture de remonter la Penfeld

624 mètres, la longueur du pont de l’Harteloire, dont la première pierre fut posée par Vincent Auriol, alors président de la République, en 1948. Il coûta à l’époque 335 millions de francs.

La Pose de la première pierre du Pont de l’Harteloire. Vincent Auriol Président de la République 1948. collection. Archives Municipales de Brest.

Le pont transbordeur

Le Pont Transbordeur
Le Pont Transbordeur
Le Pont Transbordeur

Le pont de l’Harteloire à la place et en recours

L’actuel pont de l’Harteloire se situe quasiment au même endroit. Le président de la République Vincent Auriol est venu en sceller la première pierre le 30 mai 1948, sur le plateau de Quéliverzan. Son prix a fait grand bruit : 335 millions de francs. Mais il venait remplacer l Grand pont, près de la tour Tanguy, détruit en septembre 1944.

Les personnes qui désiraient franchir la Penfeld ont, un temps, été contraintes… de la contourner par le Bouguen. Avant que le pont de Kervallon, réservé à l’armée lui aussi, soit provisoirement ouvert aux civils… aux heures d’ouverture de l’arsenal. La reconstruction d’un ouvrage d’art, le pont de Recouvrance, a permis de mieux relier les deux rives.

Pont de Recouvrance
Le pont de L’Harteloire collection Studio L Le Bigot Saint- Pierre Brest

Avec ses 624 m, le pont de l’Harteloire (dit parfois, à l’époque, « de l’hôpital ») est le plus long de Brest. Il a été largement restauré il y a un peu plus de deux ans.   

Le pont vu depuis les Capucins.
On ne peut pas tout à fait prendre la photo du même endroit : la jetée qui s’avance dans la Penfeld est fermée.

Vous avez dit Bizerte ?

Bizerte- L’amiral Duperré sous le Transbordeur

Un des plus célèbres ponts de l’histoire de Brest (qui en compte quand même quelques-uns) a, en fait, été construit à Bizerte (au nord de Tunis, dans l’empire colonial d’alors), de 1896 à 1898, pour remplacer l’incessant et un peu fastidieux service de bacs. Il a dû finalement être démonté au bout de …cinq ans : il fallait élargir le chenal, de 109 à 200 m, pour faciliter le passage des navires de guerre. Ballot ! En outre, les autorités se sont dit que l’ouvrage serait visible de trop loin, sur la Méditerranée, et conduirait trop facilement des navires ennemis sur la flotte française. Justement, comme un fait exprès, Brest avait, à cette époque, besoin d’un tel équipement  de 109 m. Pile la longueur du pont ! Vous avez dit Bizerte ? Il a donc été décidé de remonter dans la cité di Ponant, en 1909, le savant enchevêtrement d’acier de l’entreprise Arnodin, dans le style eiffélien propre à l’époque.

Le téléphérique l’a emporté sur un nouveau pont.

Le téléphérique entre les Capucins et la rue de Siam

Il y a dix ans, alors que se poursuivait la rénovation des Capucins, la municipalité a émis l’idée de relier ce futur quartier à la rive gauche par un pont, pourquoi pas transbordeur, réservé aux piétons, rollers et cyclistes. Il se serait levé pour laisser passer les navires sur la Penfeld, comme son voisin de Recouvrance et, autrefois, le grand transbordeur situé en amont. Au final, on l’a vu, c’est le projet d’un téléphérique qui a été retenu. Il    est devenu un autre symbole de Brest.

  

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*