Bénodet. D’une rive de l’Odet à l’autre

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

Jean Le Borgne

Le bruit sourd des chaînes guidant le bac d’une rive à l’autre de l’Odet, entre la cale du vieux port de Bénodet et celle de Sainte-Marine, le port bigouden de Combrit. Historien amateur, Renan Clorennec n’a pas oublié le va-et-vient du bateau qui, qui jour et nuit, transportait véhicules et passagers jusqu’en 1972, entre le pays fouesnantais et le pays bigouden. Un trait d’union indispensable pour le sud de la Cornouaille, évitant un détour de près de 40 km par le centre ville de Quimper.
Malgré le fort courant qui charrie les eaux de l’Odet entre les deux petits ports, la traversée s’est rapidement imposée comme une activité indispensable à la vie de la Cornouaille. Un droit de passage partagé sous l’ancien régime  entre le marquis de Kersalaün, propriétaire du château du Cosquer à Combrit et le marquis de  Cheffontaines son « voisin », dont la riche demeure dominait l’Odet depuis la rive de Clohars-Fouesnant. Évoqués en 1984 par la revue Cap Caval, les tarifs de 1816 détaillaient le prix de la traversée pour un cheval et son cavalier, un veau ou un mouton.
Naufrage
Un bac à charretier a été ajouté aux barques dédiées au transport de passagers à la fin du XIXᵉ siècle. « Les rames utilisées par trois marins étaient aussi longues que la coque », détaille Renan Clorennec. La vapeur fait son apparition en 1911, sur le modèle du bateau de servitude  de l’Elorn. Une époque dont témoigne encore la citerne à eau, conservée tout près de la grève de Sainte-Marie, où le bateau embarquait et débarquait ses passagers, avant que le trajet ne se fasse de cale à cale.
L’exploitation du bac est marquée par un naufrage. En 1929, le bac à vapeur, mouillé dans l’Odet pour la nuit, coule après une violente tempête. Il sera renfloué par les scaphandriers brestois, aidés d’une des goélettes de l’armement Donat de Sainte-Marie.
Le début de la mécanisation sera synonyme d’une intensification du trafic entre les deux rives, jusqu’à la mise en service du pont de Cornouaille en mai 1972, reléguant le bac de l’Odet au rang des activités touristiques.
  ⧨  Le saviez-vous ?
Depuis trois ans, les Vedettes de l’Odet proposent, l’été de traverser l’Odet à bord du P’tit bac. Une traversée assurée jusque – là par le Picot qui a transporté près de 65 000 passagers en 15 ans. Le nouveau bac perpétue la tradition, chaque jour de 9 h 30 à 19 h 30, du 8 juillet au 25 août.

En 1968, le bac était un passage obligé pour rejoindre Bénodet depuis Saint – Marine. Archive Le Doaré – Châteaulin
Le pont de Cornouaille a rendu le bac facultatif mais les touristes apprécient toujours la traversée. Photo Claude Prigent

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