Port du Légué. Le trait d’union

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

Laurent Marc

C’est un trait d’union entre Saint-Brieuc et Plérin. Un port de plaisance et de commerce qui rapproche autant qu’il a divisé. Un lieu à part que se partagent Briochins et Plérinais. Loin des centres-villes respectifs, le port du Légué vit sa vie à flanc de falaises. Là où le Gouët finit sa course pour se jeter dans la mer. En bas, à l’ombre du viaduc du Gouët, pont autoroutier qui enjambe la vallée, on n’est ni de Saint-Brieuc, ni de Plérin, on est d’abord du Légué. Ce qui n’a pas toujours été le cas. Les anciens se souviennent des rivalités qui existaient entre les habitants des deux rives. Au point d’aller se « castagner » de temps en temps. Sorti de sa torpeur ces dernières années, le port du Légué est devenu « the place to be ». Restaurateur étoilé, épicerie fine, magasin de disques, bar à bières… Le côté plérinais, celui où le soleil se couche, la joue dolce vita. À tel point qu’une résidence de luxe est en cours de construction. En face, startupers, architectes, restaurateur et patron de boîte de nuit profitent eux aussi de l’emplacement. Mais le port du Légué n’a pas toujours été tendance. En 2004, le Wagon, squat et repaire de la culture punk locale est rasé, après plusieurs années de tolérance. Le début de la mutation.

Brioc, le moine gallois

L’histoire retiendra que les premières traces d’existence du port remontent à l’Antiquité et que c’est par l’estuaire de Gouët que Brioc Glamus, moine gallois serait arrivé pour fonder un monastère. L’endroit est donc lié à jamais à la création de Saint –Brieuc au Vᵉsiècle. Pour autant, ce n’est pas le port qui a créé la ville, mais bien l’inverse. Un port sans quais, avec juste quelques ouvrages en bois. D’ailleurs, étymologiquement Légué veut dire « le gué que l’on traverse ». Plus tard, il deviendra un lieu de commerce. Les toiles bretonnes, confectionnées à Quintin et Loudéac, y sont acheminées en direction des Amériques et de l’Inde.

Base arrière de terre-neuvas au XVIIᵉ siècle, le Légué deviendra un haut lieu de la reconstruction automobile, début XXᵉ, grâce au génial inventeur, Lucien Rosengart.

   Le saviez-vous ?

Le Grand Léjon est le bateau emblématique de la baie de Saint-Brieuc. C’est une réplique d’un lougre de travail, la Jeanne d’Arc, un petit caboteur construit en 1896. Le Grand Léjon a été construits entre 1988 et 1992. Il porte le nom du phare qui se situe au large de Saint-Quay-Portrieux.

Le port du Légué, entre Saint-Brieuc et Plérin, en 1955. Archive Le Doaré-Châteaulin
Le Légué, en 2019, est devenu un lieu prisé des Briochins. Photo Nicolas Créach

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*