Camaret. La double renommée

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

René Pérez

Comme Saint-Tropez ou Montcuq, Camaret fait partie des petites cités à forte notoriété. Le port finistérien, à la pointe de la presqu’île de Crozon (Finistère) doit la sienne à une chanson paillarde, œuvre vengeresse d’un journaliste parisien après des  démêlés avec la population locale. Du curé à la statue d’Hercule, ce célèbre chant enfile gaillardement les rimes les plus irrévérencieuses.

De la langouste à fond de cale et une Tour à l’Unesco

Mais Camaret doit aussi son renom à ces livres scolaires nous apprenant jadis que c’était le premier port langoustier d’Europe, ce qui l’élevait au rang de pépite nationale. Durant quelques décennies, la langouste bretonne, puis mauritanienne, fit les beaux jours de la commune et les belles recettes de tous les estaminets. Quand les bateaux rentraient, chargés de langoustes jusqu’à la gueule, on chantait fort au rythme des tournées s’enchaînant à un jet de bigorneau de la mer nourricière. On ignorait alors que tout cela n’aurait qu’un temps, tant les fonds marins s’épuisaient silencieusement au rythme d’une pêche trop intense.

À la fin des années 80, le déclin s’avéra inéluctable et les quais entamèrent une nécessaire reconversion, avec création d’un port de plaisance, ouvrant de nouveaux horizons vers l’activité touristique. Du classement par l’Unesco de sa Tour Vauban à son quartier d’artistes, de son quai aux restaurants alignés comme des cabines de plage jusqu’au Tas de Pois défiant l’océan, la cité de caractère trace sa nouvelle route.     

Les Filles de Camaret

Mais la mer ne la nourrit plus et les paillardes ne résonnent plus comme avant, privées de ces caisses de résonance qu’étaient les banquets des grandes noces de jadis. Tous les convives devaient réviser leurs classiques et les Filles de Camaret revenaient invariablement au répertoire, comme les vagues à la pointe du Toulinguet. Mais les grandes noces se font rares, les paillardes sont moins gaillardes et il n’y a plus de curé à Camaret.

 Le saviez-vous 

Le 18 juin 1694, les Anglais attaquent Camaret et débarquent en force pour assiéger Brest. Grave erreur. Les chaloupes touchent terre à marée descendante et sont à sec quand la contre-attaque est lancée de la côte. Un carnage. Au moins 1 000 morts côté anglais.

La langouste fit les belles heures du port de Camaret dans la première moitié du XXᵉ siècle. Archive Le Doaré-Châteaulin 
Aujourd’hui plus touristique, Camaret trace sa nouvelle route. Photo Claude Prigent


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