Auray. La même foire depuis le Moyen- Âge

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

Mathieu Pelicart

« Le lundi c’est le marché, le mardi c’est la lessive », entend-on encore dans la bouche des anciens du pays d’Auray, qui accourent, toute l’année, au matin du premier jour de la semaine, dans la ville centre transformée en galerie commerciale à ciel ouvert. Auray se dispute avec Vannes et Hennebont le titre de plus grand marché du Morbihan.

Aux archives municipales, on retrouve trace d’une foire dès 1434, quand le duc crée celle de Sainte-Elisabeth (fêtée le 19 novembre), place du Four-Mollet, pour financer la commanderie du Saint-Esprit, l’hôpital des  pauvres. À  partir de la période révolutionnaire, de nombreux écrits témoignent de l’enjeu du partage des récoltes. « Tous les agriculteurs du canton se retrouvaient pour vendre leur production sous et autour des halles couvertes », explique Geneviève  Hamon, responsable du service patrimoine de la ville d’Auray. En octobre 1789, le maire de Nantes sollicite ainsi son homologue alréen après une récolte désastreuse.

« Enlever les brouettes »

Au XIXᵉ et XXᵉ siècles, ce sont les prix qu’il faut maîtriser ; comme le demande le sous-préfet de Lorient au maire d’Auray, en 1853, faisant allusion à des personnes « malintentionnées », Au sortir de la Première Guerre mondiale, c’est le premier édile qui fixe les prix des denrées pour relancer l’économie. Il ramène le prix du beurre à neufs francs le kilo. On y trouve des lapins, des perdrix, des bécasses, mais aussi des merles et des grives ; des sangliers et des chevreuils, mais aussi des renards, des loutres et des putois ! Et le règlement stipule déjà qu’il faut « enlever les brouettes » du marché une fois déchargées.

C’est aussi le début du tourisme et des locaux se plaignent déjà des bouchers de la côte qui font monter les prix. Aujourd’hui, c’est l’afflux d’exposants saisonniers qui bouscule les habitudes de ceux qui viennent vendre ou acheter à l’année et qui fait du marché  D’Auray le passage obligé des visiteurs séjournant dans la région. De retour sur son lieu de villégiature, les bras bien chargés, il sera toujours temps de penser à la lessive.

    Le saviez-vous ?

La création d’un marché dans un rayon de deux kilomètres autour d’Auray, comme celui de Brec‘h, en 1865, passait par l’accord de principe du maire de la ville centre. Il fallait veiller à ne pas se faire mauvaise concurrence. Cela peut expliquer le jour du marché alréen(le lundi), alors que celui de Carnac, l’un des plus anciens de la région, se déroule le dimanche.   

En 1955 jour de foire à Auray, le lundi matin pour éviter la concurrence avec Carnac le dimanche. Archive Le Doaré-Châteaulin
Le marché d’Auray est réputé comme le plus grand et le plus beau du Morbihan. Photo Mathieu Pelicart

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