Douarnenez. Les multiples vies du Port-Rhu

        Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

Rodolphe Pochet

Sous l’œil protecteur de l’île Tristan, La ria du Port-Rhu s’étend sur près de deux kilomètres et sépare deux anciennes communes aujourd’hui rattachées, Tréboul et Douarnenez. C’est sur le pont qui les unit depuis 1885 que s’offre la plus belle vue sur l’embouchure de celle que l’on nommait la rivière de Pouldavid. L’ancien port de cabotage est toujours bien fréquenté, la flottille du Port-Musée et les navires de plaisance ayant remplacé les bateaux de commerce ou de pêche de jadis. On y croise aussi, à l’occasion, des bateaux en carton, avec la régate «  Ça cartonne », mais aussi les voiliers affrétés par la compagnie Towt, bien décidée à faire revivre un commerce marin décarboné.

Le Port-Rhu a toujours été très actif, que ce soit à l’époque romaine avec la pêche, ou au XVᵉ siècle, avec le commerce de l’huile, des toiles de chanvre ou de lin. L’énorme activité du pressage puis des conserveries de sardines, à partir du XIXᵉ siècle, a fait du Port-Rhu le point névralgique de Douarnenez, où des navires de toute l’Europe se côtoient sur ses quais construits rive droite. «  Au XIX ᵉ siècle, le Port-Rhu parlait toutes les langues du continent et chantait en breton », écrit joliment Jean-Michel Le Boulanger, dans son histoire de la cité.

Un bassin à flot

Des accents d’origines variées s’entendent de nouveau sur les quais, ceux des touristes aimantés par les nombreuses terrasses ou le Port-Musée. Fameux musée du bateau, qui remua tant la cité Penn sardin ! C’est pour ce projet qu’à la fin des années 80, le Port-Rhu est devenu bassin à flot, fermé à marée basse par une porte. Souvenir intense, en 2010, quand le trois-mâts Belem a franchi, à quelques centimètres près, les portes de l’écluse, lors des fêtes maritimes qu’a accueillies l’endroit à plusieurs reprises. La passerelle Jean-Marin et les estacades ont aussi modifié le visage d’un Port-Rhu dont le nom, « Port Rouge », prête à débat : est-ce le rouge du sang de l’abattoir fermé dans les années 70, ou de celui d’un soulèvement durement maté ? La révolte, un mot phare en ces lieux.   

       Le saviez-vous ?

Le Port-Rhu a accueilli un consulat de Norvège de 1872 à 1975. Il organisait le négoce de la « roque » (poches d’œufs de morue) servant d’appât pour la pêche à la sardine, si importante sur le secteur. La roque était essentiellement pêchée dans les îles Lofoten, au nord de la Norvège. La galéasse Anna Rosa, au Port-Musée, témoigne de cette époque.

Le Port-Rhu a toujours été très actif, depuis l’époque romaine. Archive Le Doaré-Châteaulin

Dans les années 80, une écluse a fait du Port-Rhu un bassin à flot. Photo Claude Prigent

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