Quimper. La rue Kéréon et ses commerces

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

Thierry Charpentier

Même si elle offre toujours une vue imprenable sur les flèches de la cathédrale Saint-Corentin, la rue Kéréon est aujourd’hui colonisée par les enseignes nationales un brin impersonnelles. Il faut l’arpenter aux côtés de Malou Ravy, ancienne libraire emblématique de cette artère, où elle naquit en 1934, pour faire ressurgir l’époque épique des petits commerçants. Ses talents de conteuse ressuscitent le petit magasin de radio qu’ouvrirent ses parents en 1933, à l’entame de la rue. Ici, les commerces de bouche règnent en maîtres. Sa mère a beau être également une remarquable cuisinière, Malou Ravy verra ses parents se reconvertir dans la vente de faïences, produites à quelques encablures de là, depuis le XVIIIᵉ siècle, dans le quartier de Locmaria.

Première artère piétonne

Les commerçants se hèlent, s’entraident, récoltent des fonds pour l’orphelinat, organisent des fêtes pour la Saint-Valentin, pour Noël, etc. Ils retiennent leur souffle quand les Allemands défilent devant leurs pas-de-porte, en juin 1940. La vie reprendra…

Les magasins de vêtements ont chacun leur identité propre. Il y a la marchande de chapeaux, le fourreur originaire de Lyon, les bonneteries, et puis les Dames de France ! La lingerie féminine est incarnée par Madame Bollé. Son premier argument commercial pour les corsets et les soutiens-gorge ? La solidité. Un second magasin lui fera de l’ombre en proposant des dessous pas encore sexy, mais, disons, plus avantageux. Les hommes, eux, achètent leurs chemises chez « Barthélémy ». Il y a aussi trois librairies, l’une religieuse, une autre qui fait papeterie et puis celle que les parents de Malou Ravy achèteront et dont elle fera, à partir du milieu des années 60, un lieu emblématique de la culture quimpéroise. La rue Kéréon deviendra la première artère piétonne de la ville sous l’impulsion du maire Marc Bécan, élu en 1977. Puis les commerces traditionnels refluent inexorablement. Les enseignes nationales rachètent les droits de bail. La rue Kéréon perd sa vie de quartier. C’est le début d’une autre ère, avec l’arrivée des zones commerciales périphériques…

      Le saviez-vous ?

Kéréon vient du mot breton Kere (cordonnier ». Mais la rue ne s’est pas toujours appelée ainsi. Au XIIᵉ siècle, elle fut la rue Sutorum, puis la rue Meur (ou la Grande Rue). Elle s’est aussi appelée la rue des Poureaux (Poireaux), rappelant le marché aux herbes qui se tenait au niveau du croisement avec la rue des Boucheries. 

La rue Kéréon, artère commerçante de Quimper, en 1949. Archive Le Doaré-Châteaulin
La rue, devenue piétonne, accueille aujourd’hui des enseignes bien différentes de celles d’autrefois. Photo Claude Prigent

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