Redon. L’écluse au carrefour des eaux

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   

Julien Joly

Les marins et les cyclistes qui empruntent le canal de Nantes à Brest l’auront reconnue tout de suite. Depuis les années 1960, le point de vue de cette écluse redonnaise n’a pas beaucoup changé. À droite, on reconnaît le P’tit Théâtre Notre-Dame sur le quai Surcouf. Droit devant, c’est la Vilaine, uniquement séparée du canal par cette écluse dite des Bateliers.

Des centaines de bateaux de plaisance passent ici chaque été, sous l’œil de l’éclusier qui manœuvre depuis sa tour de contrôle. Le fonctionnement des machines est aujourd’hui électronique, même si, en cas de pépin, on peut  se rabattre sur a bonne vieille manivelle.

Ancienne ville d’armateurs, Redon est un carrefour des voies navigables bretonnes, à quarante kilomètres de l’océan. Située an nord de la confluence de l’Oust et de la Vilaine, elle est traversée par le canal de Nantes à Brest. Percer cette voie navigable fut un chantier d’envergure, au XIXᵉ siècle. Elle compte 364 km de canaux et 238 écluses !

Un port majeur

Historiquement, le point fort de Redon était sa capacité à recevoir des bateaux fluviaux et maritimes. Les voiliers pouvaient y arriver sans avoir à démâter. Première grande ville quand on rentre sur la Vilaine du côté d’Arzal, Redon a souvent été considérée comme l’avant-port de Rennes, destination de nombreuses barges chargées de fret.

Après la canalisation de la Vilaine, au XVᵉ siècle, le port de Redon a attiré des marchands du nord de la Bretagne, de Mayenne et de Normandie. Les quais se sont parés de riches maisons. Le transport fluvial a commencé à décliner au début de XXᵉ siècle. Les marchandises passaient désormais par le chemin de fer ou la route.

Le point final de cette aventure humaine et technologique a été posé en octobre 2013, quand le navire de Saint-Germain a cessé de naviguer. Il transportait depuis l’embouchure de la Loire l’équivalent e plus de 300 camions de sable et de gravier, destinés aux maraîchers et aux entreprises du bâtiment. Sa disparition a eu de lourdes conséquences économiques, avec la fermeture de sablières locales.

    Le saviez-vous ?

À partir de 1970, le barrage d’Arzal a fortement adouci le caractère soupe au lait de la vilaine. En régulant son débit, ce rare modèle de barrage estuarien a permis de lutter contre les inondations hivernales à Redon et jusque dans la région de Rennes et Vitré. Il fournit même de l’eau potable !

L’écluse des Bateliers, qui marque le passage du canal de Nantes à Brest à la Vilaine, à Redon, en 1965. Archive Le Doaré-Châteaulin
Des centaines de bateaux de plaisance passent ici chaque année. Photo François Destoc

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