Térénez. Des ponts d’exception

Article du Télégramme de Brest, Photos de Jos Doaré, et des reporters photographes du télégramme de Brest. Pourquoi cet article, pour en faire profiter les amoureux de la Bretagne. Qui découvre aussi ce journal.   


René Pérez

Térénez. Des ponts d’exception

La France est une nation majeure dans les ouvrages de génie civil, et Térénez en constitue une étonnante vitrine. En 80 ans, trois ponts remarquables ont été construits à cette entrée nord de la presqu’île de Crozon et l’actuel, achevé par Vinci en 2011, a même un temps détenu un record du monde de portance en courbe pour un pont à haubans. 285 mètres sans le moindre pilier de support dans l’eau, lui donnant un profil aérien qui attire la curiosité de nombreux visiteurs.  

Dynamité pendant la guerre

Pendant des siècles, ce fut un simple bac qui assura le passage (Trez en breton, d’où Térénez), à l’ombre de l’abbaye de Landévennec. Ici, dès l’IXᵉ siècle, des moines se sont installés entre rivière paisible et forêts giboyeuses, site aujourd’hui préservé et parmi les plus admirables de Bretagne. En 1913 vint l’heure de construire le premier pont. La guerre interrompt l’ouvrage qui ne sera achevé qu’en 1925. Avec ses deux piles impressionnantes, hautes comme des phares, il est alors le plus long pont suspendu d’Europe.

Mais la Seconde guerre mondiale lui sera fatale. Pour stopper l’avancée des Américains vers la presqu’île, les Allemands le dynamitent en 1944. Le bac reprend du service jusqu’à l’achèvement du nouveau pont, en 1952, construit avec des matériaux de fortune dans cet après – guerre nécessiteux. La conséquence cinglera  quarante ans plus tard : l’ouvrage est victime de l’alcali réaction, le cancer du béton.

Un ouvrage à haubans majestueux

Le conseil général du Finistère fait alors un choix audacieux. Pour une bonne intégration dans ce site protégé et pour en finir avec les descentes étroites et dangereuses menant aux deux ponts précédents, il opte pour un ouvrage à haubans en courbe. Le résultat est majestueux. Mais même les puissants ordinateurs eurent la migraine, tant il fallut réaliser des milliards d’opérations, au fil des travaux, pour une réalisation aussi complexe, aujourd’hui œuvre d’art contemporaine, dans un site que les moines, dès le IXᵉ siècle, avaient trouvé hors du commun.

     Le saviez-vous 

Pendant des siècles, c’est aux moines de Landévennec que furent concédés les droits de passage à Térénez. Des passeurs assuraient pour eux le service sur des embarcations sommaires. Les moines se faisaient payer en sols et en barriques d’huîtres.  

Le premier pont de Térénez, ici en 1938, était à l’époque plus long pont suspendu d’Europe. Archives Le Doaré – Châteaulin

L’actuel pont, achevé en 2011, a détenu un record du monde de portance en courbe pour un pont à haubans Photo Claude Prigent

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