Gilets jaunes Brest

Message d’un membre :
Rappelons-nous de ce samedi 17 novembre 2018 comme si c’était hier… Nous avions tous revêtu notre gilet jaune afin de manifester notre mécontentement contre le gouvernement.
On se souvient tous de cette solidarité qui s’est mise en place au fil des jours. Nous nous sommes installés sur les ronds-points, nous avons construit des abris afin de montrer notre présence, de créer un lieu d’échanges, de sensibilisations. Nous avons retrouvé cette solidarité et la fraternité que nous avions perdues.

Brest le pont de Recouvrance


Au fur et à mesure du temps, de multiples revendications sont ressorties grâce à un superbe travail. Ces revendications sont des choses simples pour améliorer notre quotidien.
Le gouvernement a nécessairement cédé sur quelques points en fin d’année 2018 :
– heures supplémentaires défiscalisées et désocialisées jusqu’à 5 000 euros net par an et exclues du prélèvement à la source
– hausse automatique du SMIC de 1,5 %
– gel des taxes sur les carburants en principe gelées jusqu’en 2022, la taxe intérieur de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et la taxe intérieur sur la consommation de charbon (TICC)
– Gel des tarifs de l’électricité et du gaz jusqu’à juin 2019
– Augmentation des bénéficiaires du chèque énergie, qui passe de 3,6 millions de personnes à 5,6 millions et une augmentation également du montant versés pour ceux qui en bénéficie déjà
– Une taxe Gafa, taxe sur le chiffre d’affaires publicitaire des géants du numériques. Revalorisation de la prime d’activité pour les salariés proche du SMIC
– Prime exceptionnelle versée par certains employeurs selon leur bon vouloir
– Annulation de la hausse CSG pour 30 % des retraités à partir de juillet 2019
Et j’oublie sûrement certains points…
Nous avons également appris le 10 décembre 2018 la mise en place du Grand débat national sur la base de 4 thèmes :
– La transition écologique
– La fiscalité
– La démocratie et la citoyenneté
– L’organisation de l’Etat et des services publics
Cette concertation d’ampleur nationale a pour objectif de redonner la parole aux Français.
Ce grand débat permet à chaque Français de faire part de son témoignage, d’exprimer ses attentes et ses propositions de solutions…
Nous avons tous remarqué que les questionnaires étaient très orientés et ne répondaient pas forcément à nos attentes.
Des citoyens ont décidé de mettre en place des débats citoyens à la place de ce grand débat afin d’être objectif sur la réalité du pays.
Des milliers de réunions ont eu lieu en France afin de faire remonter le maximum d’informations et de revendications jusqu’au 15 mars 2019.
Beaucoup d’entre nous ont participé à ces échanges extrêmement intéressants.
Ces différentes annonces, faites par le gouvernement ont convaincu une partie de la population, mais pas tous les Français. Nous avons continué à nous mobiliser et à nous structurer afin de ne pas voir le mouvement faiblir.
Nous avons tous constaté que la répression et les violences policières sont devenues monnaie courante lors de chaque acte. Voici le bilan arrêté au 24 mars :
11 MORTS, PLUS DE 4000, BLESSÉES, 8 700 GARDES À VUE, 2000 CONDAMNATIONS ET PRÈS DE 400 INCARCÉRATIONS.
Toutes ces vies brisées ! C’est tout simplement lamentable, car nous nous battons pour améliorer nos conditions de vie.
Nous avons appris que Monsieur Le Président pendant ce temps-là était en train de vendre nos richesses à des fonds privés comme l’aéroport de Paris. ENGIE. La Française des jeux.
La possible privatisation des routes nationales françaises. Nous voyons le prix du carburant en hausse de semaines en semaines. L’augmentation de 5,9 % de l’électricité. Augmentation des prix des produits de 1re nécessité dans les magasins.
QUAND CELA VA T IL S’ARRÊTER???
À QUOI JOUE LE GOUVERNEMENT???
NOUS DEVONS NOUS RE-MOBILISER AFIN DE CONTINUER À MANIFESTER NOTRE MÉCONTENTEMENT!!
NOUS DEVONS NOUS FAIRE ENTENDRE!!
NOUS N’AVONS PAS LE DROIT DE LÂCHER!!
MONTRONS QUE NOUS NE NOUS SATISFERONS PAS DE MIETTES ET QU’IL EST TEMPS QUE LE GOUVERNEMENT NOUS ÉCOUTE!!!
Quand vous dépensez la quasi-totalité voir la totalité de vos revenus dans le logement, la nourriture et le carburant…
Votre travail, votre pension de retraite, vos indemnités de chômage et toutes autres rémunérations ne peuvent plus être considérés comme une opportunité économique, mais comme un ACTE DE SURVIE!!
BATTONS-NOUS POUR RETROUVER UNE VIE DÉCENTE!!
NOUS SOMME LE PEUPLE ET SANS NOUS ILS NE SONT RIEN!!!

Brest, la marche des femmes
Brest


Nous avons passé des dizaines, des centaines d’heures à discuter de nos vies, de nos problèmes du quotidien, de nos difficultés à vivre correctement, de nos envies de voir nos conditions de vie s’améliorer. Nous avons été des milliers, des millions à battre le pavé lors des différents rassemblements organisés chaque samedi.

J.L. Miksa : Visite aux ‘Gilets Jaunes’ dans une autre ville et oui.

J.L. Miksa : visite aux ‘Gilets Jaunes’
C’est le jeudi 6 décembre 2018 que j’ai prévu de me rendre en soutien à une manifestation des gilets jaunes.
Je redoute un peu cette visite pour avoir par le passé assisté à de nombreuses manifestations de mineurs dont je faisais partie et qui finissaient assez souvent de manière fort violente. Mais je n’hésite pas et saute dans ma voiture pour me rendre au rond-point du Cora à Saint-Avold où je suis sûr de retrouver des hombourgeois, peut-être même des anciens mineurs.
Arrivé à proximité sous la grisaille et un crachin d’une tristesse envahissante, je gare ma voiture, je recherche mon gilet jaune, mais ne le trouve pas, ça commence mal !
Tant pis, je vais vers eux sans ce signe de reconnaissance.
Une fois à proximité de la tente qui abrite l’intendance et offre quelques sièges pour le repos des troupes, les salutations sont spontanées avec les participants que je croise.
Je vois immédiatement mon ami Emile sous la tente et m’approche de lui pour prendre place sur un siège.

Au-dehors il doit y avoir une bonne trentaine de gilets jaunes qui saluent les véhicules qui passent sans problème, ces derniers répondent par des coups de klaxon ahurissants, certains brandissent un gilet jaune hors de la voiture, l’ambiance est bonne.
Nous entamons une discussion au sujet des événements en cours et notre analyse converge sur plusieurs points : en premier, il est regrettable qu’aucun groupe de personnes ne soit représentatif au niveau local et national, que les revendications commencent un peu à ressembler à un long cahier de doléances mêlées à de doux rêves et enfin que tous ou presque tous demandent la démission du président de la République.
Pendant que nous discutons, une brave dame nous propose un café et je constate que la table de service est bien remplie de gâteaux et boissons diverses sans alcool.
Régulièrement, des personnes apportent des denrées.
Deux jeunes journalistes d’Europe1 assis à côté de moi prennent des notes, l’un sur son Smartphone, l’autre sur son portable. Puis arrive Sandra qui est l’habituée des lieux depuis le premier jour, elle fait la bise à tous les présents qui semblent heureux de la revoir.
Mon ami Emile se lève pour faire tourner sa caméra (il est le reporter du canal Média Hombourg) et tend le micro à Sandra qui commente l’événement en remerciant les présents et rappelle qu’elle n’est la représentante d’aucune organisation, mais qu’elle est sensible à l’engagement de chacun des présents dont elle égrène un à un presque tous les prénoms.
Sous la tente certains chantent doucement de vieux refrains des années 70 et à aucun moment, je ne vois ni n’entends une quelconque agressivité, mais la détermination se lit sur chaque visage.
Une détermination à aller jusqu’au bout de l’action entreprise il y a déjà plus de trois semaines.
Le temps passe, je dois rentrer préparer mon repas de midi, tandis qu’Emile et Sandra se donnent rendez-vous à 13 H 30 pour aller soutenir les « Neuhausers » en grève à Folschviller, par solidarité avec ces travailleurs laissés au bord de la route par leur entreprise.

C’est sur cette note un peu triste que je les quitte, non sans m’être volontiers prêté au traditionnel « selfi » avec Sandra, histoire de garder une trace de mon passage à ce rond-point qui ne sera malheureusement pas le dernier si j’en juge la détermination des gilets jaunes opposés à la présidence de la République qui ne lâche que quelques miettes sur les revendications pourtant nombreuses, mais surtout, qui affiche un mépris désopilant envers leur personne, les Français modestes et les retraités volontairement oubliés et sortis du paysage.

Depuis ma visite aux gilets jaunes du rond-point du Cora de Saint-Avold le 6 décembre dernier, l’actualité a été marquée par des interventions et faits hors du commun.
Il y a eu la prise de parole tant attendue du président de la République qui n’a pas empêché la poursuite du mouvement des gilets jaunes.
Il y a eu la dramatique tuerie au marché de Noël de Strasbourg et le décès d’un gilet jaune, percuté en pleine nuit par un camion polonais, ceci a encouragé le gouvernement à demander l’annulation des manifestations des gilets jaunes.
Quelques mesures en faveur des moins fortunées ont été votées au Sénat et d’une façon générale il y a un débat politique qui ne pousse pas aux accolades les Français.
Comme l’arrestation du terroriste de Strasbourg est intervenue dans la soirée de jeudi, les appels à la poursuite du mouvement des gilets jaunes s’est fait entendre à nouveau.
Fort de cette nouvelle, je me suis permis d’aller une nouvelle fois à la rencontre des gilets jaunes du Cora de Saint-Avold pour mesurer in situ la température ambiante.
Avant de prendre mon véhicule, je monte en vitesse chercher un foulard jaune (je n’ai toujours pas de gilet !) pour afficher mon soutien aux personnes que je vais rencontrer.
J’arrive sur le parc en voiture à proximité du rond-point et de loin, j’aperçois un grand feu autour duquel quelques gars se réchauffent.

En m’approchant, je compte une bonne vingtaine de personnes autour du rond-point et sur les routes. La circulation est fluide, quelques voitures et camions klaxonnent au passage des gilets jaunes. J’avance et salue ceux que je croise et une fois sur place, j’entre dans un abri clos qui sert d’intendance aux manifestants. Bernard s’y affaire à mettre en route un chauffage tandis que Sylvie prépare le café.
Entre à ce moment-là Frank qui me tend des bons prépayés pour un café à déguster dans la boutique d’un boulanger à proximité en me précisant que c’est pour ceux qui veulent se ragaillardir dans un endroit plus au chaud et au calme. Bravo Monsieur, c’est sympa lui dis-je et entame une discussion autour de sa présence dans les lieux malgré les derniers événements cités plus haut.
Il me précise d’emblée qu’il est un gilet jaune, sincère et terre-à-terre ! Il me montre le grand panneau dans le rond-point qui rend hommage aux victimes de l’attentat de Strasbourg en adressant ses condoléances aux familles concernées.
Il dit être contre l’individualisme qui règne et contre « la dynamique difficilement gérable » des hommes politiques. Il éprouve le besoin d’exprimer son rejet de l’arrogance de nos gouvernants, de nos « monarques ». Il désavoue le Président qui a « baissé son froc » et autorisé l’augmentation de plus de 25 % aux élus et tout autant à certains fonctionnaires.
C’est alors qu’entre Lionel  dénonce à son tour ce monde qui s’en fout plein les fouilles pendant que d’autres vivent dans la misère.
Je sors avec lui de l’abri pour laisser Bernard terminer son installation et permettre à Lionel de s’exprimer en tête-à-tête. Il m’avoue livrer un combat contre la pauvreté qui l’entoure et qu’il vit au quotidien avec ses 503 euros de revenus mensuel.

Un silence très court, mais oh combien profond s’installe avant qu’il me dise à quel point il lui est difficile de vivre l’approche des fêtes en n’ayant pas les moyens d’offrir un cadeau à ses proches. C’est pour cela qu’il continue le combat engagé en précisant que le Président a tenu des mensonges sur l’augmentation du SMIC et qu’il ne peut se contenter des « miettes distribuées par Le Président et son entourage ».
Je rentre dans la tente après ce cri du cœur de Lionel pour entendre ce que Sylvie veut bien me livrer sur la situation.
Elle énumère alors les revendications à l’origine du mouvement et dit ne pas être d’accord avec « Monsieur Le Président » qui ne touche pas à l’ISF, ne parle pas de la triste situation des veuves et qu’elle ne peut se contenter des « miettes » mais veut du « concret ».
Elle ajoute aussi poursuivre le mouvement en mémoire des trop nombreux gilets jaunes morts depuis le début des manifestations.
Elle dit être là depuis le premier jour, venir tous les jours à 7 h 30 et remercie ceux qui viennent et restent chaque jour jusqu’à 20 h.
Bernard, qui a écouté la conversation, s’approche et j’en profite pour lui demander de me livrer à son tour ses motivations et revendications.
Je vois devant moi un gaillard costaud et sûr de lui et de ses opinions. Il est lui aussi sur place depuis le premier jour et ne décolère pas malgré la bonne ambiance qui le réunit avec les nombreux autres gilets jaunes. Il dit qu’il « faut casser la maison » pour reconstruire une vrai République et rétablir la Démocratie.
Il trouve en comparaison d’autres pays européens et transatlantiques que nous avons trop de gouvernants. Que la mille-feuille française ne cesse de s’épaissir et que ce sont les impôts des Français qui le financent, d’ailleurs, me précise-t-il, j’en paye aussi et ne me plains pas pour cela, mais il faut que cet argent serve à autre chose, qu’il profite aux démunis et non aux nantis qui ont fait de la politique un métier bien rentable.
Il veut que l’on arrête de payer les anciens Présidents et anciens ministres toute leur vie et à un tarif hors commun et n’en peut plus de voir des gens comme Carlos G. gagner plus de 2,6 millions d’Euros par an (source JDN), un cadre du S.Y.D.E.M.E. sur le départ toucher une prime de 332 000 euros (Source R.L.) alors qu’on augmente au passage le tarif du ramassage des ordures, il peste, car pour « eux » , il y a de l’argent.
Il n’a rien contre les riches et la fortune, mais voudrait que l’on revienne à des revenus plus terre-à-terre, par exemple un tiers pour les patrons, un tiers pour les actionnaires et le dernier tiers pour les salariés. « Il faut revenir à la base ».
Il est contre la taxe carbone qui culpabilise l’automobiliste français alors que les gros pollueurs en sont exclus. « Il faut qu’on arrête de nous prendre pour des cons » lance-t-il en disant que la Grandeur qui faisait la France n’est plus, il veut des dirigeants avec une vision en perspective et non des gouvernants avançant au gré des opportunités.
Jean, un tout jeune retraité qui nous écoute avec attention nous coupe la parole pour dire qu’il recherche un job pour arrondir ses fins de mois devenues difficiles.
Tous deux se rejoignent pour dénoncer la politique actuelle qui demande toujours des efforts aux mêmes, à ceux qui sont au plus bas de l’échelle des revenus alors que rien ne bouge en ce qui concerne la classe politique, leurs revenus et avantages qui ne vont qu’en augmentant.
Je clos la discussion par de chaleureuses salutations, sors de l’abri pour apercevoir un chauffeur de camion qui demande si les gilets jaunes veulent des palettes en bois…
Ah quelle question ! Bien sûr que oui, le feu doit être alimenté et voilà qu’il ouvre la porte latérale pour jeter quelques palettes.
Je lance un dernier regard alentour, salue de la main les gilets jaunes et quitte les lieux.
En roulant vers la maison, je revis mes discussions et constate que la détermination des gilets jaunes de la première heure est intacte, que leurs revendications ne sont pas extraordinaires, ils veulent simplement vivre décemment, que stoppe le matraquage fiscal, que stoppe la prolifération de fonctionnaires, que les salaires énormes de certains soient mis plus en relation avec le leur, que les avantages « indécents » de certains soient supprimés et que ceux d’en haut atterrissent…
Bref comme disait Bernard : « qu’on revienne à la base » ! Je trouve qu’ils ont du mérite ces valeureux gilets jaunes de St-Avold… Merci de votre accueil.

Lettre aux gilets jaunes et autres :
Si je soutenais le mouvement des gilets jaunes, c’était parce que j’ai ressenti dès les premiers jours un enthousiasme qui a mené les premiers manifestants à se réunir dans la volonté de changer le monde, le tout dans la joie et la bonne humeur.
Les premiers blocages étaient filtrants et tous les usagers de la route, ou presque, acceptaient cette façon nouvelle de s’exprimer. Beaucoup d’ailleurs partageaient les mêmes revendications.
Ces revendications étaient simples, il y en avait marre des taxes gouvernementales qui rabotaient le pouvoir d’achat du commun des Français, marre de devoir se serrer la ceinture depuis des années tandis que pour certains, toujours les mêmes, leur fortune continuait de gonfler.
Et puis le gouvernement au lieu de prendre conscience de la gravité de la situation, voilà qu’il donne des leçons et toise les gilets jaunes.
Ce comportement ne fera que souder encore plus ceux qui sont dans les ronds-points.
Il faudra attendre les manifestations qui dégénéreront pour qu’enfin un geste soit fait en faveur des manifestants. Hélas, comme la bataille fut forte, les guerriers se sont ragaillardis et les revendications se sont élargies, quoi de plus normal.
Une réponse rapide eut évité cela et au lieu de jouer l’apaisement, le président, cette fois-ci sort le martinet et menace à demi-mots les méchants manifestants.
Là encore, il loupe le coche ! La foule se radicalise et demande sa démission, un référendum national, la suppression de l’ISF et bien d’autres choses encore à un tel point que plus personne ne sait comment arrêter l’allongement de la liste des revendications.
Et pendant ce temps des personnalités émergent un peu partout en France, certaines se laissent convaincre de former une liste aux prochaines élections européennes !
Mais qu’à donc à voir le mouvement avec les Européennes ? Je me le demande.
Et les manifestations continuent et deviennent encore plus dévastatrices, les forces de l’ordre ont du mal à les contenir et la violence fuse de part et d’autre.
Là aussi, hélas ! Ceux qui devraient se maîtriser sont au contraire encouragés par la rigidité de notre ministre de l’Intérieur. Voyant la situation trop belle, ces forces demandent elles aussi une augmentation du pouvoir d’achat et là, hop, sans hésitations, ils l’obtiennent sans même avoir besoin de manifester. C’est qu’il est malin le ministre de l’Intérieur, il ne veut pas ouvrir un deuxième front de bataille, qui plus est avec les troupes censées le protéger, alors il achète leur asservissement à sa cause.
Les conséquences sont désastreuses pour l’image de la République, les luttes deviennent d’une brutalité incomparable et la France saigne !

Alors le président voyant la confusion se dit qu’il y a quelque chose à faire pour ne pas se désavouer et retourner la situation : demander au peuple ce qu’il veut.
Mais attendez, il doit être sourd et aveugle pour ne pas entendre ce qui se dit et s’écrit sur les banderoles et les murs.
Il organise alors un grand débat national, dont quelques personnes dénoncent immédiatement les règles orientées pour servir la cause du président.
Qu’à cela ne tienne, il persiste et signe puis va à la rencontre de maires soigneusement sélectionnés, puis encore, il s’invite à l’opportuniste dans un débat populaire et à chaque fois, il sort Son Grand Jeu, mettant de côté le grand débat, car ce qu’il veut, c’est convaincre.
Là, enfin, il est dans ce qu’il aime, le rôle du donneur de leçons, il sait tout sur tout, un vrai puits du savoir. Et les foules présentent se laissent séduire, il excelle, jubile, devant ces troupes conquises, il est sûr d’avoir comme toujours raison.
Hélas, encore, hélas, dans un débat, il faut savoir écouter, répondre aux questions et non donner des cours de stratégie ou de morale.
Pendant ce temps, les malheureux gilets jaunes de la première heure continuent le mouvement et ne voient pas que déjà certains changent de camp attiré par le doux chant des sirènes qui leur promettent de les inviter à leur table. D’autres en ont ras le bol de la pagaille qui règne dans le pays et montent des contre-manifestations en imageant leur action par un foulard rouge en guise de collier autour du cou, mais si on ne voit la laisse qui guide ces derniers, on devine bien quelle main est à l’autre bout.
Et voilà où nous en sommes, un pays tiraillé de part et d’autre que certains voisins commencent à imiter, enfin le fond de l’action entreprise par les gilets jaunes émerge, c’est la lutte contre la pauvreté et contre les capitalistes qui n’arrêtent pas de s’engraisser sur le dos des pauvres.
Bientôt la grogne se répandra comme une traînée de poudre et mettra le feu aux caisses de ceux qui capitalisent sans redistribuer, même pas un tout petit peu !
Bientôt, le président comprendra que ceux qu’il porte aux nues quand il défend leur statut avec leurs hauts revenus et avantages divers, bientôt, il comprendra que leur savoir s’il avait réellement été au service de la France, ils ne l’auraient pas mise dans cet état de délabrement.
Il compare ces salaires à ceux du public où certains grands dirigeants redressent des entreprises et font fortune. Là aussi, il se trompe, personne n’admet que l’écart qui s’est créé entre le travailleur et ses dirigeants soient devenus si important, parfois jusqu’à mille fois le SMIC. Là aussi tôt ou tard il y aura du ménage à faire et il se fera !
Maintenant, je me dis que peut-être certains réussiront à prendre en main notre société pour lui donner ce que notre devise nationale n’exprime plus depuis très longtemps : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, c’est en tout cas mon vœu le plus cher.
Sans avoir peur de parodier Martin Luther-King, je dirai :
– J’ai fait un rêve. J’ai vu des hommes et des femmes vivre dans un pays sans connaître la haine envers leurs semblables et les institutions. J ai vu des hommes et des femmes honnêtes au service du peuple. J’ai vu le faible et le vieux soutenu, j’ai vu le partage du travail et des richesses. Mais aussi, j’ai vu la jeune génération se poser de vraies questions, vouloir changer le monde et n’avoir pas peur d’entreprendre.
Enfin, je précise, et ce n’est pas un abandon, que je ne manifesterai plus dans les rues.
J’irai voter si l’occasion se présente, mais seulement si tous les Français en font de même.
J’ose encore espérer que la sagesse dont les Grands Hommes savent témoigner dans les grands moments de l’Histoire, que cette sagesse saura apaiser un peuple en colère et lui offrir un avenir meilleur.
Si tel n’était pas le cas, si de tels Hommes n’émergent pas, je suis près à redescendre dans la rue entamer la Marseillaise, aux armes citoyenne, et là, le poing levé, tel Boris Vian dans la chanson du Déserteur, je chanterai :

Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes.
Que je n’aurai pas d’armes
Et qu’ils pourront tirer…
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Gilets Jaunes de Brest Gilets Jaunes de Brest

Le Gilet Jaune c’est ce jeune, qui taf, qui gagne à peine 1100€/mois et qui veut louer un studio à 500 € SAUF qu’on lui demande d’en gagner 3 fois le montant, soit 1500 €. Donc il ne peut pas et il n’a pas de garant.
C’est ce parent qui aimerait aller travailler après son congé maternité ou parental, mais qui n’a pas de crèche à proximité… Et qui n’a pas les moyens de payer une nounou, car ça serait travailler « à perte », alors il reste à la maison alors qu’il n’a pas non plus les moyens de rester à la maison.
C’est cette Assistante Maternelle qui travaille pour que les gens puissent aller travailler, et qui à la retraite va toucher 800 € mois, car selon les années, selon son index (qu’elle n’a pas choisi !), elle n’a pas assez gagné car pas assez cotisé.
C’est cette personne qui se lève tous les jours, qui part à 8 h voire moins et rentre à 18 h, voire plus, mais qui, le 10 du mois, compte ce qu’il a le droit de dépenser pour ne pas être encore à découvert.
C’est ce petit auto-entrepreneur qui doit d’abord payer ses charges pour se dégager un salaire. C’est ce petit patron qui travaille trop, mais qui n’a pas les moyens d’embaucher un salarié, à cause des charges trop lourdes à payer.
C’est cet agriculteur ou éleveur qui n’a aucun jour de congé, mais qui pour autant peine à survivre.
C’est la personne allocataire de l’Allocation Adulte Handicapé, qui ne peut pas aller travailler du fait de son handicap, qui dépasse de peu le plafond du RSA, sauf que comme l’AAH est un minima social, alors il n’est pas cumulable avec le RSA…
C’est la personne au RSA qui aimerait bien trouver un travail, mais à qui on ne propose rien, car pas assez qualifié ou… que sais-je encore.
C’est ce chômeur de 50 ans, qui s’est fait dégager, car « coûte trop cher » et qui ne peut pas retrouver un emploi, car justement, il coûterait trop cher ».
C’est ce « chômeur de longue durée » qui ne fait même plus partie des chiffres, car en fin de droit et qui se retrouve au RSA.
C’est le retraité qui a travaillé, cotisé toute la  vie en se disant qu’après il pourrait se reposer, faire plaisir à ses enfants et petits-enfants, mais qui devra demander à ses enfants un petit coup de main car la retraite est trop maigre.
Ce sont tous ces gens qui, pour les PLUS CHANCEUX, réussissent à se payer « toit » « nourriture » « eau » « chauffage » mais passé cela n’ont PLUS RIEN.
Tous ces gens, je les vois, je m’en occupe, en tant qu’Intervenante SOCIALE.
Et cette misère est effrayante… Sachant que les gens que je reçois, pour la plupart, TRAVAILS.
Ce sont TOUS CES GENS qui payent, entre autres, LES SALAIRES des Politiques, qui eux, nous regardent d’en haut et de haut, et qui ne comprennent pas pourquoi on se plaint.
By : Ju – Lie (intervenante sociale).


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